Sophie Hunger « Monday’s ghost »

Sophie Hunger, tout le monde en parle depuis la sortie de son album en Suisse en 2008 et en France en début d’année 2009. Et ce qui marque chez cette Zurichoise de 25 ans c’est immédiatement sa voix et l’atmosphère qui se dégage de sa musique. Son univers fait forcément penser à Jeff Buckley mais on pense aussi à PJ Harvey parce qu’elle navigue continuellement entre balades et sonorités plus rock. Elle pousse même le bouchon jusqu’à proposer des compositions pop-rock, plutôt calibrées pour la radio à l’image du single « The tourist » ou « The boat is full ». On la préfère toutefois dans un registres plus folk, quand on entend le crissement des doigts sur les cordes de la guitare acoustique sur « A protest Song » par exemple, ou sur « Birth Day » où elle est accompagnée d’un harmonica que ne renierait pas Bob Dylan ou le Neil Young de l’époque « Harvest ». La chanteuse est parfois accompagnée d’un piano, en alternance avec la guitare, comme sur le tube « Round and round », ou sur « Rise and fall », encore une balade, où la sensibilité de la chanteuse nous fait frémir de plaisir. Sophie Hunger a du talent, c’est indéniable, mais cet album est tout de même inégal. Certains morceaux nous transportent véritablement pendant que d’autres nous plombent un petit peu quand même.

Sophie Hunger - Monday’s ghost - Universal Jazz - 2009

Sheila « Bang Bang »

« J'aime beaucoup Sheila. Je trouve qu'elle a du rythme et j'aime sa voix ; elle exprime très bien la chanson populaire. Il ne faut pas avoir une petite moue de dédain pour ce type d'art ». Ainsi s’exprimait François Mitterrand, sur Europe 1, le 26 avril 1976. Pas certain qu'à l'époque, à l’instar du futur Président de la République, beaucoup d’entre nous aurait assumé ce genre d’affirmation.
« Bang Bang » est un morceau écrit 10 ans plus tôt, en 1966 par Sonny du duo Sonny & Cher. La même année sortaient « Revolver » des Beatles, « Blonde on blonde » de Dylan, ou « Aftermath » des Stones. La version de Nancy Sinatra a fait l’ouverture du film de Kill Bill de Tarantino en 2003. François Ozon, lui, a utilisé la version française interprétée par Sheila dans son court-métrage « Une robe d’été » en 1996. Dans ce film, deux jeunes hommes amoureux sont en vacances au bord de la mer et l’un deux se laisse tenter par une aventure féminine. Un film à l’atmosphère étrange, à découvrir aussi bien pour le talent de François Ozon que celui des acteurs mais surtout pour la version française de « Bang Bang ». Il faut bien admettre toutefois que la réhabilitation de Nancy Sinatra par Quentin Tarantino avait eu bien plus d’effet que celle de Sheila par François Ozon. On se demande toujours pourquoi !

Sheila « Bang bang »

Nancy Sinatra « Bang Bang »

Sebastien Charles « Bang Bang » dans « Une robe d’été » François Ozon.

Là-haut

Pour cette première critique cinéma sur De la lune on entend tout, j’ai choisi le nouveau film des studios Pixar : Là-haut (Up en VO), que je suis allé voir avec mon gamin. Réalisé par Pete Docter - à qui l’on doit, entre autres, Monstres et Cie (mon Pixar préféré) - et Bob Peterson - scénariste du non moins excellent Nemo des mêmes studios - ce nouveau film, comme souvent chez Pixar, ne manque pas d’originalité scénaristique et de qualité technique !
Là-haut débute par la rencontre d’un petit garçon avec celle qui deviendra plus tard sa moitié. Ils ont pour passion commune le goût de l’aventure et pour héros un aventurier du nom de Charles F. Muntz. S’en suit à la manière d’un film muet — une habitude chez Pixar puisque la première partie de Wall-E était également sans dialogues — le déroulement de leur union avec tout ce que cela comporte de joies et de déceptions, la vie quoi !... Elle part avant lui dans l’autre monde et lui au final reste seul avec ses souvenirs mais aussi ses regrets. A ce moment là, mon gamin, 4 ans, commençait à s’impatienter et voulait savoir quand la maison allait s’envoler ! C’est alors que débutent les aventures de ce vieux grincheux (doublé en VF par Charles Aznavour) qui, resté seul au milieu d’un monde en pleine mutation, — où les promoteurs immobiliers ont des têtes de croque-mort, c’est tout dire ! — décide un beau matin plutôt que de finir sa vie en maison de retraite, de faire envoler sa maison et de partir loin…très loin… Il sera accompagné dans son aventure par un jeune scout obèse, mais toujours prêt, embarqué bien malgré lui dans cette aventure. Ensemble, ils rencontrerons quelques personnages bizarroïdes : un grand oiseau doux-dingue et un chien, couillon mais sympa, qui parle avec une voix de robot. Le vieux Fredricksen finira même par rencontrer le héros de son enfance qui en fait de héros est surtout un dangereux psychopathe chef d’une meute de chiens enragés avec qui il finira par se battre. (Comme quoi il faut toujours brûler ses idoles pour se dépasser !)
Même si la construction du scénario est un peu convenue, puisque l’on assiste a la manière d’un buddy movie à l’association de deux caractères opposés (un vieux grincheux et un jeune enthousiaste) qui finissent par s’apprécier et se compléter, les thèmes abordés n’en sont pas moins singuliers d’autant qu’il s’agit d’un dessin animé qui semble (en tout cas dans son graphisme) s’adresser aux plus jeunes. Le film parle surtout de la vieillesse, des vieux, de ce qu’on fait des vieux dans notre société qui veut toujours aller plus vite que la musique ! Allez ouste papy ! Faut pas rester là ! La scène où la maison de Fredricksen se retrouve au milieu d’un chantier de buildings en construction semble être cependant un classique quand il s’agit de parler de la vieillesse puisqu’elle n’est pas sans rappeler la situation du film Le chat avec Signoret et Gabin ou encore la fin de La soupe aux choux avec De Funès, Carmet et Villeret, un film où les deux héros décident aussi de partir là-haut avec leur maison. Le seul vrai reproche que je peux faire au film c’est surtout la fin ou les auteurs n’ont pas été au bout de leur idée qui était, comme le titre le sous entend, de parler de la mort. Après s’être définitivement détaché du monde matériel - illustré ici par la maison qu’il traine littéralement derrière lui à la manière d’un boulet - il aurait peut être été préférable que Fredricksen reste près de ces chutes du paradis plutôt qu’il ne revienne dans le monde réel et devienne un papy gâteau.
Comme à son habitude, le studio Pixar a soigné cette super production, tant du point de vue de l’animation que du graphisme — le vieux avec cette tête anguleuse est purement génial —. J’ai moins aimé les chiens méchants presque trop réalistes, peut être parce que j’ai ressenti la crainte qui s’emparait de mon fiston assis à mes côtés !
Ce qui est classe dans un film distribué par Disney, c’est le soin qu’ils prennent à faire une vraie copie VF du film. Tous les inserts avec texte sont refaits et réintégrés dans la langue de Molière. On se croirait à la grande époque des studios. Ce qui est moins classe par ailleurs, c’est le coût d’une place de cinéma, surtout quand le film est projeté avec le fameux système 3D. Sous couvert d’équiper les salles en projecteurs numériques, les studios ont développé ce principe. C’est rigolo, ça marche bien, même si dans le fond ça n’apporte pas grand chose au film : peu de mises en scène s’en servent, c’est un peu fatiguant et les lunettes ne sont pas adaptées aux enfants — en tout cas pas au mien, avec son petit nez les lunettes sont trop grandes et glissent ! — Au prix majoré de 3€ par place, les exploitants de cinéma pourraient peut être avoir deux tailles de lunettes !!! Ce que je n’aime pas non plus dans le principe de cette surtaxe, c’est que l’on est un peu pris en otage. Je suis allé voir Là-haut dans la même salle ou j’avais déjà été voir Volt le dernier Disney. Au moment de la sortie de Volt cette salle n’était pas équipée en 3D, ce qui m’arrangeait puisque j’avais déjà testé ailleurs la projection équipée de lunettes avec Fly me to the Moon ou j’avais du tenir les lunettes de mon gamin tout du long de la séance ! Cette fois, j’arrive au ciné avec lui et j’apprends que c’est en 3D ! Je sens que ça va être galère mais j’ai promis à mon môme ! Du coup qu’est ce que je fais, je vais voir le film surtaxé avec des lunettes trop grandes ! Au prix de la place, l’équipement numérique des salles devrait être remboursé rapidement ! J’espère quand même que cette surtaxe de la place ne va pas durer dix ans, et surtout que tout les films ne vont pas passer en 3D histoire de nous faire raquer 3€ (près de 20 Francs !!!) en plus à chaque fois ! @+

Là Haut - Pete Docter - Pixar - 2009

Isobel Campbell & Mark Lanegan « Sunday At Devil Dirt »

Quand on entend la voix grave de Mister Lanegan doublée de la douce voix de Belle and Sebastian, il est bien difficile de rester insensible. L’association de l’univers ombrageux de l’Américain avec la grâce de l'écossaise est superbe et les violons qui alternent avec les voix contribuent à rendre l’atmosphère mélancolique. « Sunday at Devil Dirt » est le deuxième album du couple après « Ballad of the Broken Seas » et bizarrement il est sorti de façon assez confidentielle et n’a pas trusté les premières places des tops de l’année 2008. La voix grave domine l’album à la manière d’un Nick Cave, d’un Leonard Cohen ou d’un Tom Waits, mais à chaque fois que la belle blonde vient poser sa voix en écho, l’ensemble prend une toute autre dimension et devient alors plus léger, plus aérien. Entre blues, avec guitares slides, rythmes tribaux, et ballades folk, ça sent les racines de la musique américaine. « Come on over (turn me on) » fait penser à Tricky à l’époque de « Maxinquaye » quand la voix de Martina Topley-Bird venait illuminer l’univers plus sombre du Bristolien. Ici, tout du long de l’album, c’est la voix d’Isobel Campbell qui magnifie l’univers de Mark Lanegan même si ce n’est que parcimonieusement. Mais ce qui est rare est tellement précieux !

Isobel Campbell & Mark Lanegan - Sunday At Devil Dirt – V2 Music - 2008

«Gorazde», Joe Sacco

Joe Sacco est un journaliste-dessinateur américain qui a effectué plusieurs séjours à Gorazde entre fin 1995 et début 1996, vers la fin du conflit en Bosnie. La ville est une enclave musulmane encerclée par les forces armées serbes qui cherchent à l'anéantir ainsi que ses habitants comme ils l'ont fait à Sebrenica, une autre enclave en amont sur la Drina.
Joe Sacco s'attache à dessiner et raconter ce qu'il voit lors de ces séjours à Gorazde, les rues détruites où les enfants continuent à jouer, les bâtiments effondrés devant lesquels on coupe du bois pour affronter l'hiver rigoureux, les visages fatigués et prématurément vieillis. Le jeunesse s'ennuie fermement dans cet endroit relié au monde par une unique route ouverte par les casques bleus et qui laisse passer au compte-gouttes les convois humanitaires. Plus qu'un journaliste Joe Sacco est un témoin qui raconte le quotidien de l'enclave et qui dénonce la barbarie serbe et l'inaction de l'ONU. Les éléments historiques nous rappellent le déroulement du conflit et l'attitude des prinicpaux protagonistes mais l'auteur est avant tout le relais de toute une population et il se fait le passeur de leurs histoires. La BD permet de mettre en image les récits des habitants et des combattants. L'auteur assume sa subjectivité et son émotion et se place du côté des populations civiles et de ceux qui deviennent rapidement ses amis.


SACCO, Joe, Gorazde, Montreuil : Rackam, 2004

Festivals de l'été en bretagne, Festival Chausse Tes Tongs

Samedi 15 août, retour au stade municipal de Trevou-treguignec. Après l'apéro, Zaragraf tombe pile pour me remettre en jambes. Mais même si la belle voix de Mira est captivante, il manque ce petit quelque chose qui fait que le concert ne décolle pas comme espéré. Après cette légère frustration, la buvette tourne toujours aussi fort et permet de se regonfler pour les Skatalites dont le public attend beaucoup. Et c'est avec un plaisir non dissimulé que l'on retrouve tous les standards du groupe, les fans ont l'air aux anges. Cela faisait longtemps qu'on ne les avait vu dans la région et même s'il n'y a pas beaucoup de nouveautés dans leur formule, leurs morceaux sont riches et le plaisir est présent. Un peu de répit pour partager mes impressions avec les collègues de buvette et Poni Hoax fait son entrée. J' avoue que ce concert me faisait un peu peur et ce fut plutôt une bonne surprise avec un set bien maitrisé et une énergie présente tout au long de l'heure qu'ils ont passé sur scène. Le style n'a pas particulièrement plu à tout le monde, surtout aux puristes ska-reggae venus pour Skatalites mais dans l'ensemble l'accueil fut plutôt favorable. Dernière pause avant The Micronauts et décidément la bière est bonne. Après une petite visite des backstages avec Kristen Lasbleiz, je me rends compte qu'il est bientôt temps de me ramasser et quand je repasse devant la scène pour la fin de soirée il y a encore beaucoup de monde à danser devant les derniers morceaux de The Micronauts dont je n'ai quasiment rien vu.
Tout passe trop vite ou je m' éparpille trop longtemps entre les concerts mais c'est déjà fini. En tous cas bravo à Kristen, Tony et tous leurs collègues pour ce bon week-end festif et alcoolisé. Longue vie à votre festival.

Festivals de l' été en bretagne, Festival Chausse Tes Tongs

Le trégor, pays du soleil breton, accueillait le 3eme festival "Chausse tes tongs" et commençait en douceur avec Alee et ses petites rap songs acoustiques. Le temps pour moi de visiter le site, très agréable, et de tester un peu la bière locale. Francis Jackson Project enchaine avec un set groovy-disco où Stevie Wonder, Le Chic et même le morceau Rappers Delights passent à la moulinette de cette machine funky qui a complètement réussi à chauffer le public et dérouiller mes genoux. Mention spéciale au clavier du groupe avec un son étonnant. Petite pause ensuite. Bière. Les Ramoneurs de Menhirs arrivent avec leur breizh-punk et leur message est clair "punk's not dead". Ces insoumis, la quarantaine bien sonnée balancent sur tout le monde, Sarkozy aussi en prend pour son grade, on l' imagine mal venir danser une gavotte punk avec nous. En tous cas il faut avouer que si au début du set j'avais du mal avec les sonneurs du groupe j' ai finalement pris pas mal de plaisir à écouter ces énervés, le public aussi d' ailleurs. Repause, bière, envie d' une crête et d'arracher mon tee-shirt. The Craftmen Club enchainent, très attendus, et franchement ils ont tout arraché. Leur son garage est taillé pour le live, leurs morceaux sont incisifs. Le trio basse-guitare-batterie est appuyé par un sampler bourré de riffs énergiques. Steeve le chanteur-guitariste est une vrai bête de scène avec une vrai rock'n roll attitude. Le public est totalement captivé par le show. Bref quand ils quittent brutalement la scène je me demande depuis combien de temps je n' avais pas vu un bon concert de rock avant cette tuerie. Dernière pause, dernier petit tour à la buvette. Al K Traxx prend la suite avec du hip hop accompagné par une guitare électrique, de loin j' ai l' impression qu'il y a de bonnes idées dans tout ça mais je suis vanné, je vais me reposer après cette bonne soirée. Demain c' est reparti.

Lee Fields « My World »

Jeff Silverman et Leon Michels, à l’origine du label Truth & Soul, sont responsables des deux albums de soul les plus remarquables de l’année. « Enter The 37th Chamber » d’El Michels Affair était constitué de reprises du Wu Tang Clan à la sauce soul-funk. « My World » de Lee Fields est un vrai album de soul à l’ancienne. Enregistré avec The Expresions, un groupe de musiciens New-Yorkais, ayant déjà collaboré avec Sharon Jones, Amy Winehouse ou encore, dans un autre registre, TV On The Radio, cet album aurait tout aussi bien pu être contemporain du « What’s Going on » de Marvin Gaye ou du « Dictionary of soul » d’Otis Redding. Celui qui avait été baptisé Little James Brown en raison d’une ressemblance aussi bien physique qu’artistique avec le Godfather de la soul, pose sa voix éraillée, certes bien inspirée par JB mais il y apporte son âme à la manière d’un vieux bluesman entre cri d’amour et cri de désespoir. Raphaël Saadiq avait fait illusion l’an dernier avec son album « The way I see it » mais ce n’est rien à côté d’un tel opus. Claviers vintage, cuivres chaleureux, cordes déchirantes, guitare au son clair et chaleureux, entre reprise de vieux titres déjà enregistré dans les 70’s, reprise des Suprêmes, ou composition récente, l’ensemble sonne brut, authentique, et sans jamais être ennuyant comme peuvent parfois l’être certains disques du genre.

Lee Fields - My World - 2009 -Truth & Soul

Port O’Brien « All we could do was sing »

Van Pierszalowski, chanteur/compositeur et Cambria Goodwin, chanteuse et joueuse de banjo, forment la base de Port O’Brien, accompagnés de Caleb Nichols et Joshua Barnhart. Cette joyeuse bande, originaire de Californie, nous a offert en 2008, quelques unes des plus belles mélodies pop sur l’album « All We Could Do Was Sing ». Baptisé ainsi parce que c’est la seule activité possible lorsque Van Pierszalowski se retrouve sur le chalutier familiale pour pêcher le saumon en Alaska. Certains morceaux sont directement inspirés de la mer comme « Stuck On A Boat », ou encore la pépite de l’album « Fisherman's Son » avec sa guitare acoustique jouée en picking et ses voix dédoublées le tout enrichi d’un violoncelle. D’autres titres sentent la terre ferme comme la très belle balade folk « In vino veritas » avec le chant féminin de Cambria, qui nous ramène dans la poussière de l’ouest américain. D’autres morceaux sont plus rock’n roll comme le très pixien « Pigeonhold » et ses guitares enflammées. Et il ne faut pas oublier l’ouverture aérienne avec « I woke up today », un morceau pop dans la lignée de I’m From Barcelona ou Broken Social Scene, un titre très rythmé fait pour sauter un peu partout dans la joie et la bonne humeur avec ses chants repris en chœur. Un album qui réunit l’eau, la terre, le feu et l’air, les 4 éléments fondamentaux avec un penchant pour l’océan.

Port O’Brien - All we could do was sing – 2008 - City Slang


Festival Chausse Tes Tongs, l'interview lunaire

En ce début du mois d'août, nous avons rencontré Kristen Lasbleiz, le président de l’Association « Chausse Tes Tongs » depuis 2005, pour une interview à quelques jours du début du festival trégorrois qui monte.

Pourquoi « Chausse Tes Tongs » ?
A l’origine, on a voulu organiser une fête pour les 15 ans de la fusion du Football Club Trévou Trélevern. Nous avons alors planché sur les initiales pour tomber d’accord sur le Festival Chausse Tes Tongs.
 
Combien d’adhérents à l’association ? Combien de bénévoles ?
Nous avons un bureau de 15 à 20 personnes âgées de 18 à 32 ans, c’est le noyau dur qui s’investit à l’année sur l’évènement en fonction de l’emploi du temps de chacun. Au moment du festival, il y a environ 250 bénévoles par soir.
 
Comment choisissez-vous la programmation ?
Lors de la 1ère édition avec Mazad Café, et Beta Simon aujourd’hui produit par Tiken Jah Fakoli, nous avions fonctionné avec Infogroupe, site de référencement de groupes et d’artistes, et notre réseau de connaissances. Depuis 2007, nous avons une commission musique constituée de 3 personnes. Nous utilisons Internet bien-sur, myspace est toujours très intéressant pour la découverte et la prise de contact. Nous nous déplaçons beaucoup dans les festivals voisins, Astropolis, Panorama, les Chants de Marin à Paimpol où nous avons découvert Zaragraf l’an dernier, et dans les salles de concert de la région tout au long de l’année, l'Ubu à Rennes, l’Appel d’air à Trébry, où nous avons pu voir Poni Hoax, notamment, La Carêne et l'espace Vauban à Brest, Le Coatélan à Morlaix. Nous traînons aussi pas mal dans les troquets du coin, c’est là qu’on a découvert Francis Jackson Project, des gars du coin. Notre objectif est aussi d’avoir une programmation éclectique, du reggae à l’électro en passant par le hip-hop et nous prenons beaucoup en considération la variété dans le choix de notre programmation.
 
Quel groupe de la prog de 2009 te donnerait envie de venir pied-nu ?
J’ai un coup de cœur personnel pour Zaragraf et j’avoue aussi que si on m’avait dit il y a 10 ans qu’on ferait venir les Skatalites à Trévou-Tréguignec, je n’y aurai pas cru. C’est donc une fierté de les avoir cette année.
 
Y a t-il un groupe/un artiste que vous auriez aimé avoir cette année et que pour des raisons ou d’autres n’ont pas pu venir ?
On est totalement satisfait de notre programmation et même si il y a plein d’autres artistes ou groupes qu’on aimerait avoir, on les garde sous le coude et on n’a pas spécialement envie de dévoiler nos pistes pour la prochaine édition.
 
Y a t-il un groupe que tu rêverait de faire venir dans l’avenir ? une programmation rêvée ?
Je n’ai pas de rêve en particulier mais c’est vrai que pour moi qui aime beaucoup « la musique du monde », The Congos, les Gladiators, Horace Andy, dans le domaine du reggae, Emir Kusturika ou Goran Bregovic pour la musique de l’est, ou encore Ismael Lo, pour la musique africaine, ça donne des envies. Mais l’intérêt reste de faire découvrir des groupes, aussi bien des groupes émergents avec une actualité discographique comme The Craftmen Club et Al K Trax ou d’autres pas encore en haut de l’affiche mais qui commencent à être suivis. On ne perd pas de vue non plus l’envie de se faire plaisir.
 
Combien de personnes est ce que vous pouvez accueillir ?
Pour cette édition, nous nous sommes limités à 4000 personnes par soir avec possibilité de camping sur place.
 
Et imagines-tu que le festival grandisse encore à la manière des vieilles charrues par exemple?
Pour le moment, on n’imagine pas grand chose de plus. On est déjà très satisfait de notre programmation et de notre taille actuelle. On a envie que ça reste une fête entre copain, un festival à taille humaine. Nous sommes issus du milieu associatif où le rapport humain est très important mais si le public suit, on réfléchira alors à l’évolution possible. De toute façon on n’imagine pas plus de 10 000 festivaliers par soir et même dans ce cas là il faudra alors mieux se structurer avec plus d’investissement humain notamment.
 
As-tu peur de te planter ?
Je suis plutôt confiant pour cette année. La programmation est de qualité et éclectique. Mais c’est vrai qu’on n’est jamais à l’abri et la météo peut aussi nous jouer des tours. Si ça devait être le cas, on se remobiliserait alors pour rebondir. Notre souci porte plus sur la sécurité et aujourd’hui on réfléchit plus au moyen d’accueillir le public en toute sécurité avec un accueil chaleureux et convivial. La sécurité prédomine.
 
Es-tu fatigué parfois ?
C’est vrai qu’actuellement, en plus de ma journée de travail, je bosses 4 à 5 heures par jour sur le festival et je suis parfois un peu usé. Mais j’avoue que ça reste tout de même un plaisir et mon rôle de président me permet d’être au courant de tout ce qui se passe, d’avoir un regard global et ça me plait énormément. C’est tout ce qui est paperasse, puisque je cumule aussi la fonction de secrétaire qui est un peu moins marrant.
 
Qu’est ce que tu dis aux festivaliers pour leur donner envie de venir ?
L’affiche parle d’elle même. C’est un festival convivial, familial qui souhaite accueillir toutes les générations. Et en plus le festivalier peut aussi profiter des plaisirs de la plage et de la baignade avant d’aller se désaltérer en buvant un p’tit coup ou deux dans les troquets du coin.Grand merci à Kristen pour nous avoir consacré un peu de temps pour réaliser cette interview et boire quelques bières locales en sa compagnie. Et les 14 & 15 Août prochain, on n'hésitera pas à porter des tongs sur la lune. On essaiera de vous en reparler.
myspace du festival chausse tes tongs

Festivals de l’été en Bretagne, Festival Chausse Tes Tongs les 14 et 15 Août 2009

La Bretagne est une région de festival, et tout le monde connaît « Le Festival des vieilles charrues » à Carhaix, celui du « Bout du Monde » à Crozon et « La Route du Rock » à St Malo. Mais de nombreux « petits » festoches tentent de se faire une place entre terre et mer, « Au Pont du Rock » à Malestroit, le festival de St Nolff ou encore le festival « Chausse Tes Tongs » à Trévou-Treguignec, dans le Trégor. Un Festival qui va fêter sa 3ème édition et qui ne cesse de monter depuis 2005. Pour la 1ère fois, il se déroulera sur deux soirées, les 14 et 15 août, sans parler du off avec des concerts dans les bistrots de la commune toute la semaine précédente, du mardi au jeudi.
Le vendredi, les organisateurs ont choisi d’accueillir des groupes locaux, ce qui ne rend pas l’affiche moins excitante pour autant, puisqu’on pourra voir le groupe Francis Jackson Project aux influences disco, funk. Un groupe composé de musiciens trégorrois, le chanteur, étant lui-même un spécialiste du kan ha diskan. The Craftmen Club, après une tournée au Japon, aura l’occasion de donner des regrets aux programmateurs des grands festivals nationaux, avec leur rock taillé pour la scène. Les Ramoneurs de Menhirs, quant à eux, joueront un punk celtique qui fait de plus en plus parler de lui en Bretagne avec son association de sonneurs et la guitare aiguisée d'un ancien des Bérurier Noir.
Samedi ce sont les papys du ska qui viendront interpréter leurs grands standards avec notamment le célèbre "Guns of Navarone". Ça tombe bien puisque ça fait bien longtemps qu’on n’avait pas entendu les Skatalites en live. Mais la tête d’affiche du week-end ne nous fera pas oublier la présence de Zaragraf et sa musique aussi bien influencée par les airs des Balkans que ceux d’Andalousie. On sera aussi curieux de voir le groupe Poni Hoax et son rock teinté d’électro, déjà reconnu grâce à son tube « Antibodies ».
Un festival à suivre et pour
la programmation complète, se rendre sur le myspace du festival.

Festivals de l’été en Bretagne, Festival du Bout du Monde 2009 à Crozon

Compte-rendu d'un dimanche au bout du monde.

On rejoint le site en empruntant un chemin creux bordé de talus avant de longer les campings des festivaliers dont les mœurs pourraient choquer Madame Ségolène Royal si jamais elle s’aventurait par là. Sur le site habituel, un espace champêtre bien aménagé, Davy Sicard débute son 1er set, puisque ici les artistes jouent 2 fois dans la soirée ! Avec sa superbe voix et un charisme naturel, accentué par sa tenue traditionnelle d’un blanc immaculé, il rentre en communion avec le public avec son maloya baigné de variété française ou américaine. Winston Mc Anuff enchaîne sur la grande scène pour un reggae plutôt froid et le doyen a beau sauter un peu partout sur scène avec l’énergie d’un jeune rastafarien, ça ne croche pas. C’est pas bien grave puisque c’est au tour d’Anthony Joseph de jouer sous le chapiteau. En 40 minutes, le britannique originaire de Trinidad et Tobago, accompagné de son Spasm Band, a emporté le public dans une transe funky. Un guitariste "rock" aux dreadlocks d’1m50, un flutiste-saxophoniste free, un percussionniste efficace, et deux musiciens pour 4 baguettes qui font sonner les cloches et les clochettes. Anthony Joseph chante soul à la Marvin Gaye, funk à la James Brown, voir slamé façon Last Poets. Il esquisse aussi un moonwalk bien personnel ou une danse avec le pied de micro à la façon du roi du funk. Difficile d’assumer la comparaison ensuite. Et ce n'est pas Maxime Le Forestier qui dira le contraire, ses chansons soporifiques faisant doucement chantonner un public dont la moyenne d’âge a quelque peu augmenté pour l’occasion. Calypso Rose, la mamy de Trinidad et Tobago, la majesté du calypso est accueillie par un public plein de respect. Avec « ses boys » dont un préposé à lui apporter une serviette entre chaque titre, elle nous offre un bon set jusqu’au classique « rhum & Coca cola » le clôturant. Au même moment c’est Sebastian Sturm qui joue un reggae roots pour le plaisir d’un public enfumé. Sur la grande scène, Ayo est des plus ennuyeuses délaissant le plus souvent sa guitare pour se faire accompagner du synthé. Le public est loin d’être conquis. Plus tard ce sera Doudou N’Diaye Rose & Bagad Men Ha tan, entre percussions africaines, bagad, groupe de rock celtique et une troupe de danseurs contemporains en tenues traditionnelles bretonnes, difficile d’accrocher à cette succession de tableau. Finalement on s’arrêtera là ! On espère juste que Mouss et Hakim avec Idir auront su redonner de l’énergie et le sourire à l’ensemble des festivaliers qui commençaient à s’ennuyer en cette fin de dimanche.

Quantic & his Combo Barbaro "Tradition in transition"

Will Holland alias Quantic est, avec environ un album par an et quantités de remixes, à n' en pas douter un des artistes les plus prolifiques du moment. Ce génial bricoleur pourrait commencer à nous fatiguer les oreilles avec sa boulimie mais au contraire il tient bon la barre et débarque cet été avec un album de haute facture et une production admirable. Car si Quantic fourmille toujours autant d'idées, c'est bien le son du disque qui enthousiasme d' abord. Délaissant sa formation du Quantic Soul Orchestra, il s' entoure ici de quelques belles pointures aux nationalités diverses avec notamment la présence du grand pianiste péruvien Alfredo Linares. Quantic raconte qu' il a du se faire violence pour lâcher un peu son réflexe européen de tout séparer lors des enregistrements. Le fait de laisser tomber le piste par piste automatique donne à l'ensemble une plus belle harmonie, il revoit donc ici un des petits défauts de ses précédentes productions. "Tradition in Transition" est un disque chaleureux, un vrai patchwork d' influences latines, soul ou afro. l'album à été enregistré dans son studio de Cali et les pistes s'enchainent sans perdre de leur attrait. Il suffit d' écouter "Mas Pan" où l' afrobeat et rythmes latinos font la fête ou alors la belle voix qui accompagne "Un canto de mi tierra" pour craquer sur ce disque, un des grands albums de l' été.
 
Quantic & his Combo Barbaro - Tradition in transition - 2009 - Tru Throughts