Raph Dumas & The Primaveras "Ode To Tanguy Jo"

Raphael Dumas découvre le DJ-ing au début des années 90 par l'entremise du trip-hop, il ouvre boutique, lance labels, multiplie les projets et met au service des autres son expérience et surtout son talent de producteur-compositeur. Il nous livre aujourd'hui son premier album "Ode To Tanguy Jo" où il ressuscite les Primaveras, groupe rock des 60's. Résultat, une discothèque sucrée-salée qui nous ballade entre jazz, funk, pop comme aux plus belles heures de Propellerheads ou The Herbaliser, comme sur "La Chanson Douce" un des nombreux tubes de cette "Ode To Tanguy Jo" ou il s'acoquine avec la guitare plastique de Pascal Comelade. Instrumentale ou chantée, cette Ode fait mouche.

Raph Dumas & The Primaveras - Ode To Tanguy Jo - 2010 - Enjoy Recordings

Playlist de la lune : Berlusconi et les jolies Albanaises

Le Président du Conseil Italien, Silvio Berlusconi a rencontré vendredi 12 février dernier Sali Berisha, son homologue albanais, pour discuter d'un accord entre les deux pays concernant l’immigration clandestine à travers la mer Adriatique. Émoustillé par la présence de « plantureuses » journalistes albanaises lors de la conférence de presse, « Sua Emittenza », référence à sa mainmise sur les médias italiens, a laissé parler son charme à base d’humour délicat. « Je disais à Sali que nous pourrions faire des exceptions à tous ceux [les passeurs] qui amèneraient des jolies filles » (source : Telegraph). Humour fort à propos dans ce genre de rencontres au sommet même si on peut bien comprendre qu’à deux jours de la saint Valentin et en pleine instance de divorce, « El cavalière », encore un de ses surnoms, subisse quelques montées d’hormones incontrôlables. Il faut dire que « Le Caïman », encore un autre de ses surnoms, décidément, n’en était pas à son coup d’essai puisqu’il avait déjà déclaré lors d’un voyage aux États Unis courant 2009 pour promouvoir les investissements dans son pays : « Venez investir en Italie. Il n’y a plus de communistes, en revanche, il y a de belles secrétaires » (source : Le blog de Eric Valmir). A 73 ans, et aujourd’hui célibataire comme il a tenu à préciser lors de la conférence de presse, Berlusconi semblerait voir « la traite des blanches » d’un très bon œil. Pas sûr que ce soit aussi bien perçu du côté du pays des aigles!

Playlist à écouter :

1-    Fanfara Tirana « Kaprollja (the fawn) » issu de l’album « Albanian Wedding (brass explosion) » (2007) 00’00’’ à 03’25’’
L'Albanie est un pays magnifique, à l'image de ce titre mêlant chants polyphoniques et fanfare balkanique mais il est aussi l'un des plus pauvres d'Europe.
 
2-     Melissa Laveaux « My boat » issu de l’album « Camphor & Copper » (2008) 03’26’’ à 07’32’’
Les Albanais désirent émigrer (vers la Grèce ou l'Italie) et en raison de la difficulté pour obtenir des visas, certains tentent de gagner l'Italie clandestinement en traversant la mer Adriatique, parfois même au péril de leur vie.
 
3-    Oï Va Voï « Refugee » issu de l’album « Laughter Through Tears » (2003) 07’33’’ à 11’59’’
En 1991 avec la chute du mur de Berlin, l'Italie avait vu débarquer un nombre important de réfugiés albanais.

 
4-    Gogol Bordelo « Immigrant Punk » issu de l’album « Gypsy Punks: Underdog World Strike » (2006) 11’59’’ à 14’39’’
 Comme dans beaucoup de pays européen aujourd'hui, il ne fait pas bon être immigré. Bien plus qu'une valeur ajoutée, un immigré est considéré comme un problème. Tous des punks finalement!

5-    Renato Carosone « Tu vuo' fa' l'americano » issu de l’album « Todo Carosone » (2001) 14’39’’ à 17’58’
Pourtant l'Italie a elle aussi été une terre d'émigration notamment pour les États unies et New-York. Au pays, certains aimaient alors jouer les américains.
 
6-    Souljazz Orchestra « Mista President » issu de l’album « Freedom no go die » (2006) 17’58’’ à 24’31’’
En Italie, le Président de la République est Georgio Napolitano. Silvio Berlusconi, quand à lui, occupe le poste de Président du Conseil italien, un peu l'équivalent du premier ministre en France.

7-    Cunninlynguists « Beautiful girl » issu de l’album « A piece of strange » (2006) 24’31’’ à 27’50’’
Les jolies filles c'est un peu le pêché mignon du Président Italien, l'homme le plus classe du monde.
 
8-    Flight of the Conchords « You Don't Have to Be a Prostitute » issu de l’album « I Told You I Was Freaky » (2009) 27’50’’ à 27’48’’
Ce duo néozélandais le chante avec humour, pas besoin de se prostituer! Pour s'en sortir finalement, il suffit peut-être de devenir l'une des femmes du président!
 
9-    Gil Scott-Heron « The Revolution Will Not Be Televised » issu de l’album « The Revolution Will Not Be Televised » (1974) 27’48’’ à 31’25’’
La rébellion pourrait bien ne pas passer par la télévision et être le maître des médias n'aura alors que très peu d'intérêt. 
10-    Graham Nash « Cathedral » issu du coffret « Reflections  » (2009) 31’25’’ à 35’20’’
Silvio Berlusconi a pu voir dernièrement la cathédrale de Milan de très près. Preuve sacrée de l'aversion profonde et parfois violente que peuvent lui porter certains.

"La Horde", Yannick Dahan et Benjamin Rocher

Nouvelle tentative du jeune cinéma français dans le film de genre, la Horde est ce que l'on appelle un film de zombie. Un genre dans le genre du film d'horreur ou d'épouvante. Ce premier film au budget de 2 millions d'euros (ce qui est peu pour un film à effets spéciaux) est co-réalisé par Benjamin Rocher et Yannick Dahan. Ce-dernier est un journaliste cinéma qui a notamment officié sur le câble en tant que présentateur d'émissions ayant trait au cinéma de genre. Comme je n'ai pas le câble, je ne connais pas cet homme, mais il est considéré comme un référent en la matière. A la vue du film, on ne peut pas douter que ses auteurs ont une bonne connaissance de ce cinéma tant le film n'apporte rien de nouveau ou presque (je reste mesuré) sous la lune zombiesque.— L'histoire suit un groupe de flics qui pour venger l'un de leur collègue assassiné s'introduisent dans une tour de la banlieue nord de Paris où règnent les truands coupables de ce méfait. Leur plan aurait dû se passer "sang à-Crocs", s'il n'avait fallu compter sur le coup du sort et l'intervention inopinée d'une armée de zombie. Devant l'adversité, flics et truands vont s'associer afin d'essayer de sortir de cette tour infernale en chair et en os! Voilà pour l'histoire qui n'est évidemment pas sans rappeler Assaut de Carpenter ou encore Nid de Guêpe qui faisait déjà référence à Assaut. On aurait aimé que les auteurs essayent de renouveler le genre, un peu comme l'avaient fait les anglais (Danny Boyle) avec 28 jours plus tard, mais au vu de ce postulat de départ il semble que ce ne soit pas dans leurs intentions. Ceci étant, ne soyons pas trop gourmands, c'est un postulat de départ comme un autre et dans ce genre de film ce sont plutôt les relations entre les personnages et l'originalité des scènes qui font la qualité du film. Malheureusement on en sera, de ce point de vue là aussi, pour nos frais! On reproche souvent au cinéma français de ne pas blinder le scénario en usant du brainstorming auprès de plusieurs scénaristes, à la manière du cinéma américain. Or ici il n'y a pas moins de quatre scénaristes crédités au générique de la horde. On ne peut pas dire qu'à ce niveau là le film ait manqué de moyens! Que coûte un bon scénario par rapport à un mauvais? Alors que s' est-il passé au niveau de la production de ce film? Quatre cerveaux et huit mains pour ne pas réussir une seule scène originale ou presque (ici encore je mets un petit bémol), pour ne pas écrire un dialogue au minimum correct, enfin un truc que l'on n'aurait pas déjà vu cinquante mille fois... Vraiment je me pose la question. Au vu du reste du film, à quoi sert la scène en exergue? (je crois cependant qu'elle inscrit le film dans la continuité d'un court-métrage appelé Rivoallan). Le début du film, où l'on suit le groupe qui s'introduit dans la tour n'aurait-il pas été plus intéressant si l'on n'avait pas su tout de suite que ses membres étaient flics. Un petit montage alterné entre cette scène et la scène du cimetière (qui ne sert pas à grand chose non plus) aurait pu être envisagé à mon sens. Une autre idée assez simple aurait été de faire progresser la descente des protagonistes d'étage en étage puisque leur but est de sortir de la tour. Il aurait suffit de quelques plans sur les numéros d'étages pour créer un semblant de suspens dans leur descente infernale. Les zombies sont parfois version Roméro -quand on les voit du haut de la tour- à savoir mous et hébétés (mes zombies préférés d'ailleurs), parfois version moderne comme dans 28 jours, à savoir rapides et prédateurs. Que dire des relations entre les personnages, orchestrées par des dialogues souvent ridicules, voire même risibles (ceci étant c'est peut être voulu mais alors ce n'est pas très clair). Comme dans cette scène par exemple où la tension monte entre les deux frères truands, Adewale et Bola. Bola part clairement en saucisse, voulant se détacher de l'influence charismatique de son grand frère. L'un des héros (Ouessem) qui assiste à la scène comme nous, dit alors à Adewale d'un ton très sérieux : "ton frère va nous poser problème!". Sans blague!!! Personnellement, j'ai ri. Mais je ne suis pas sûr que telle ait été la volonté des réalisateurs... Je n'ai pas bien saisi non plus pourquoi Aurore change de comportement vis à vis de ses collègues flics. Enfin bref j'en passe et des meilleures. — Ceci dit, j'ai vu le film aux Montparnos, et je me demande encore si le projectionniste n'a pas oublié de monter une bobines : au moment où les protagonistes, acculés à une porte, semblent apercevoir des zombies dans la pénombre, il semble se passer quelque chose, mais quoi... A la scène suivante, le groupe est séparé en deux, sans que j'ai pu y comprendre quoi que ce soit! Franchement soit il manque une bobine soit le montage est bizarre... Alors que reste-t-il de la Horde au final? Du sang, des globules et des boyaux, ça oui. Le film est plutôt réussi d'un point de vu gore et l'hémoglobine ne manque pas. Même si encore une fois les scènes où des zombies mangent en gros plan de la chair humaine, ça fait redite de Zombie, le classique du genre. La scène où on découvre le premier zombie (un otage qui vient de se faire descendre dans les toilettes par les truands) est plutôt pas mal. Encore que je n'avais pas compris au début que c'était le type des toilettes... (conseil gratuit : revoir les McTiernan, qui, lui, permet au spectateur de ne pas être perdu dans l'espace de l'action!). C'est le sac plastique sur son visage qui m'a fait comprendre de qui il s'agissait (là aussi plus de tension et de suspens aurait été bienvenue!). A leur décharge, ce zombie là est quand même bien effrayant. Sinon la réalisation est plutôt tonique et le film a clairement gagné mon attention sur la fin avec cette fabuleuse scène ou Ouessem (Jean-Pierre Martins) sur le toit d'une voiture charcute à qui mieux mieux la horde de zombie qui l'attaque. Ces images là sont vraiment impressionnantes et nous font regretter que le reste du film n'ait pas été de ce niveau. Dommage aussi qu'à la toute dernière scène du film, on dirait que les zombies ont disparu. Même si le son nous dit le contraire, on n'y croit peu, tellement l'extérieur de la tour est déserté. La plus grande qualité de la horde est la lumière de Julien Meurisse qui inscrit le film dans une ambiance glauque et putride. Les acteurs quant à eux rament, à part Eriq Ebouaney, Claude Perron, Yves Pignot et Joe Prestia, lequel tire son épingle du jeu en exécutant notamment une scène de baston intense. Une dernière chose, le film est vendu par les médias comme un truc qu'on a jamais vu en France... Certes, mais qu'est ce qu'on en a à faire! Puisqu'on l'a déjà vu ailleurs et en bien mieux!

"Gainsbourg (vie héroïque)", un conte de Joann Sfar

Le titre (ou plutôt le sous-titre) annonce la couleur, il s'agit de conter l'histoire de Serge Gainsbourg, non pas à la manière classique d'un biopic comme c'était le cas dans la Môme par exemple, mais au travers du regard du réalisateur Joann Sfar. Ce dernier étant surtout connu par son activité de dessinateur de BD à succès, avec Le chat du rabbin ou encore Klezmer pour ne citer que les plus connues. Par ailleurs il faut savoir que toutes ses bandes dessinées ou presque ont en commun la musique. Joann Sfar étant sans conteste un grand connaisseur de cet art et un mélomane averti. Pour sa première incursion dans le cinéma (avec un budget confortable), il a donc choisi de conter Gainsbourg. Serge Gainsbourg, figure emblématique s'il en est de la chanson française, auteur et compositeur à succès, chantre de la provocation, star incontesté de la pop culture made in France et éternel insoumis. Un auteur par un autre auteur donc.— Après un générique de toute beauté en animation et dessiné par Sfar lui-même, le film débute à Paris sous l'occupation où il ne fait pas bon être juif. On suit la vie du jeune Lucien Ginsburg, un garçon juif, obligé de porter l'étoile jaune, et dont le père tente en vain de lui enseigner la musique au travers de leçons de piano. Malgré ses facilités pour cet exercice, ces leçons ne semblent pas intéresser le garçon celui-ci se prédestinant à être artiste peintre. Durant cette période on découvre tour à tour les différents centres d'intérêt qui feront de ce jeune garçon le personnage mythique que tout le monde connaît: la peinture, les femmes, la musique et son aversion pour son physique ingrat. La suite parcourt de façon assez originale la vie de Lucien Ginsburg, pianiste jazz de cabaret qui deviendra plus tard Serge Gainsbourg, auteur à succès de la pop musique, des années 50 jusqu'aux années 80. On croise au fur et à mesure les artistes qui ont changé la vie du bonhomme. Sa rencontre avec Boris Vian, interprété par le farfelu Philippe Katerine, son amour "qui dura une chanson" avec Juliette Gréco, interprétée par la toujours sensuelle Anna Mouglalis, sa relation avec la plus belle femme du monde de l'époque, Brigitte Bardot, interprétée par "Elaeudanla Teïtéïa" Casta, impressionnante! Sa rencontre avec Birkin (Lucy Gordon) etc... Au fur et à mesure des années, le jeune et talentueux Gainsbourg se transforme peu à peu en poète maudit Gainsbarre, les deux étant interprétés par un acteur dont la ressemblance avec le modèle est très frappante, Eric Elmosnino, vraiment convaincant.— Sfar joue beaucoup sur le mythe de Faust à travers son portrait de Gainsbourg. érudit de Jazz, et auteur au succès confidentiel, il vendra son âme aux yéyés afin d'acquérir la gloire et l'argent. L'originalité du traitement vient de la façon dont la vie de Gainsbourg est racontée ou contée comme le souligne le titre. Sfar traite la vie de l'artiste qu'il dépeint comme un rêve éveillé où la duplicité du personnage est directement mise en scène à travers un double caricaturé et de carton pâte. La marionnette est souvent intégrée aux scènes et rend le film assez intéressant et étrange, créant des visuels fantasmagoriques. Le procédé est simple mais ça fonctionne plutôt bien, seul petit reproche : le réalisateur joue avec, peut être un peu trop souvent. Sinon impossible de parler de Gainsbourg sans dire un mot sur la musique, en l'occurrence ici la Bande Originale du film arrangée par les soins de Olivier Daviaud (arrangeur notamment de Dyonisos) qui mêle chansons originales, compositions et reprises par les acteurs eux-mêmes, et ce, de belle façon— Gainsbourg (vie héroïque) est un film à voir comme une œuvre à part entière, très bien filmée, et intelligemment réalisée par un auteur de talent qui, rappelons-le, signe ici son premier film.


Gonjasufi « A Sufi & a Killer »

Après la sortie du coffret Warp20 pour fêter ses 20 bougies, le label anglais continue de jouer les découvreurs de talent avec la sortie de « A sufi & a killer » de Gonjasufi. Le chanteur Sumach pose sa voix envoutante sur une musique qui emprunte à tous les genres, et à la manière d’un gourou illuminé, il nous invite à partager une expérience totalement psychédélique. Un trip hallucinogène où l’on navigue, ici avec Iggy & The Stooges (« SuzieQ ») et Jimi Hendrix (« Stardustin »), ailleurs en compagnie des Beatles en pleine expérience initiatique à Katmandou (« She Gone », « Kowboyz And Indians »), ou encore avec Dennis Hopper et Peter Fonda dans Easy Rider (« Klowds »). Ceci nous ramène souvent à la fin des années 60 mais avec DJ Gaslamp Killer, Flying Lotus et  Mainframe à la production, l'ensemble prend des tournures soul et hip-hop très contemporaines. C'est un peu à l'image de ce qu'avait réalisé Edan avec « Beauty and the Beat » mais avec encore plus de folie. Certains titres sont sacrément barrés mais malgré tout l'album s'écoute sans difficulté au risque même d'une addiction irrémédiable.

Gonjasufi - A Sufi & a Killer - 2010 - Warp

Yoyoyo Acapulco « Pleumeleuc Experience »

Tous ceux qui ont l’habitude d’emprunter la RN12 en direction de Brest ont une petite idée de la situation géographique de Pleumeleuc, petite bourgade à la sortie de Rennes. Alors lorsqu’on tombe sur cet album de Yoyoyo Acapulco, on imagine un groupe local chantant à la gloire de son bled avec guitares acoustiques et trompette mexicaines. Mais que nenni puisqu'on a là un groupe de folk-pop venu tout droit de Norvège, la bande ayant tout simplement enregistré cette galette dans un studio de Pleumeleuc fin juin-début juillet 2009. Et l’air de la Bretagne leur a plutôt bien réussi puisqu'ils ont bricolé un album fort sympathique à base de guitares et d'ukulélé, de kazoo et de synthé, et d'une rythmique sautillante. Un album sans prétention rempli de mélodies joviales, dont la simplicité nous fait penser au meilleur d'Herman Düne alors que la voix d'Arne Martin a des faux airs de Lou Reed, un peu comme celle d'Howard Hughes des Coming Soon. Une expérience pleumeleucoise qui s'écoute avec plaisir et qui amène un rayon de soleil au cœur de l'hiver. On n'ira tout de même pas jusqu'à se mettre torse nu à l'image de l'homme à moustache qui illustre l'album mais on osera peut-être la casquette! 

Yoyoyo Acapulco - Pleumeleuc Experience - 2010 -Kitchen Music

Kottarashky "Opa Hey !"

Le dénommé Kottarashky domicilié à Sofia, réussi un coup de maître avec un premier album intense et d'une maturité assez impressionnante. La plongée dans l'univers de ce jeune homme est fascinante. Avec ses enregistrements dans les campagnes bulgares, les boucles de voix, cuivres, accordéons, vibraphone, percussions, guitares ou contrebasse; Kottarashky construit avec toute cette mixture des morceaux au swing imparable. Tout en respectant la tradition folklorique de cette région de l'Europe, il se nourrit aussi de jazz, de blues où d'électro et façonne un monde qui invite au rêve, à la contemplation ainsi qu'à la danse grâce à un vrai sens du groove. Le soin apporté à la production nous donne souvent l'impression d'écouter de véritables morceaux "live". Son art du sampling le rapproche plus du véritable compositeur que du DJ. L' ambiance générale du disque est très mélodique et nous immerge dans une palette d'atmosphères rétro, le tout agrémenté d'une rythmique qui n'a pas besoin d'en mettre plein les oreilles pour être efficace. Voici donc une belle découverte avec de véritables petites pépites comme "I want you to sleep", magnifique montée instrumentale appuyée par la supplique d'une femme. Pour tous ceux qui n'aiment pas Shantel ou le Balkan beat box, essayez Kottarashky.

Kottarashky - Opa Hey ! - Asphalt Tango - 2010

BK-ONe " Radio Do Canibal "

Les voyages forment l'imaginaire, pour BK-One illustre dj de Brother Ali c'est en Amérique Latine lors d'un séjour au Brésil que l'inspiration s'est faite sentir. Associé au producteur Benzilla, ils nous livrent un opus hip-hop de facture classique mais garni de samples de bossa, fado, ou funk brésilien et même si on aurait aimé que les producteurs jouent encore plus a fond la carte brésilienne, on se laisse manger avec plaisir par ce réjouissant "Radio Do Canibal", plaisir que semble avoir partagé la pléiade d'invités de renom qui ont prêté leur flow a cet opus, tels que Brother Ali, Krs-One, Blackthought et bien d'autres. Vivement conseillé.

BK-One - Radio Do Canibal - Rhymesayer - 2010 

Juqu'où ira Bordeaux?

Il y a encore peu de temps, je m'agenouillais devant la domination des Girondins de Bordeaux sur le football français. On les voyait champion et avec quelques coupes en plus. Pourquoi pas un triplé historique : le championnat, la coupe de ligue (ils sont en demie) et la coupe de France, fortement éclaircie des favoris depuis la triste élimination des clubs bretons (Guingamp, le tenant du titre, et Rennes, le finaliste). Allons même plus loin, peut-on croire en un quadruplé bordelais historique incluant la ligue des champions, car quand Chamakh et Gourcuff sont au top, qui peut bien les arrêter? La fatigue et l'usure des matchs peut-être. Toujours est-il que Bordeaux n'est plus que l'ombre de lui-même, enchainant défaites et élimination. Vont-ils s'écrouler sous la pression de le concurrent actuel Montpellier (comme écrasé sous le poids de Louis Nicollin et George Frêche réunis). Pourtant Bordeaux ne doit pas se rater cette année, car l'année prochaine sera tout autre : Blanc chez les bleus, Chamakh à Arsenal et les autres vers d'autres cieux. Comme tout bon club français qui se respecte (ex: Monaco en 2004, finaliste de la C1), il faut profiter de cette équipe, avant la voir revendue aux grands clubs européens ultra endettés! L'important est que les Girondins n'usent pas trop notre Gourcuff national, primordial pour la réussite des bleus en coupe du monde.

Playlist de la lune : marées vertes

Une actualité et une playlist pour l’illustrer. voilà le concept de cette nouvelle rubrique où on mêle des titres méconnus à des classiques. Cette rubrique, fonction de l'actualité, est ce mois-ci consacrée aux marée vertes en Bretagne à l'occasion du plan proposé par l'État.

Les « marées vertes » font directement référence aux « marées noires » qui ont marquées la Bretagne ces dernières décennies. On pense à la catastrophe de l’Erika en 1999 mais aussi à l’Amoco Cadiz en 1978, des catastrophes dues à l’échouage de pétroliers au large des côtes bretonnes. Ces marées, bien que de couleurs différentes ont quelques similitudes dans leurs conséquences écologiques et économiques en raison de la soif de profit des industriels pétroliers d'une part et de la recherche d'une productivité meilleure pour les professionnels de l'agriculture d'autre part. A l’époque de l’Erika, on se rappelle qu’on avait fait appel à la population et au bénévolat, sous prétexte de conscience écologique et de fibre régionaliste, pour participer au nettoyage des côtes, et ceci en dépit de risques sanitaires évidents. Pour les algues vertes, l’Etat n’a pas poussé la  provocation à ce point mais a décidé d’apporter une enveloppe de 134 millions d'euros sur 5 ans qui lui permettra de contribuer au ramassage, au financement du compostage des algues ramassées et au plan de méthanisation, qui devrait permettre de produire de l'énergie et de l'engrais, et "d'accompagner les évolutions nécessaires des pratiques agricoles". Bonne nouvelle pour le monde du tourisme, bien-sûr et on ne va pas le blâmer. Les touristes vont enfin pouvoir revenir se dorer la pilule sous le soleil breton sans avoir à supporter cette infâme odeur d’œufs pourris, et profiter de la baignade dans une eau claire à 15°C et sous une petite bruine locale. Une véritable thalasso à moindre coût. Bonne nouvelle aussi pour l'agriculteur qui bien « accompagné » par l’Etat, ce qui va bien entendu le réjouir et l’aider à devenir autonome, va voir arriver de nouveaux fertilisants labellisés « verts » et s'il s’organise bien en investissant dans une usine de méthanisation, il pourra même revendre de l’énergie à EDF. Alors de quoi se plaint-t-on?


La playlist à écouter :
tilidom.com

1- Erik Marchand & Titi Robin « Az zoudar maleurus » sur l'album « Chants du Centre-Bretagne "An Heñchoú Treuz" » (1990) 00’00’’ à 04’45’’
La musique bretonne n'est pas seulement fest-noz, bignous et bombardes, mais parfois aussi vecteur d'émotions comme nous le prouvent ces deux musiciens d'exceptions. Vive la Bretagne.


2- A Hawk and a Hacksaw « In the river » sur l’album « The Way The Wind Blows » (2006) 04’45’’ à 10’34’’ 
La rivière, première polluée mais aussi responsable du transport de l'azote jusque la mer, chantée par un groupe américain qui joue de la musique balkanique. Peu commun.


3- Bonnie Prince Billy « Ebb tide » sur l’album « The Letting Go » (2006) 10’34’’ à 15’37’
Le boulimique Will Oldham enregistre plusieurs albums par an avec du bon et du moins bon. Il faut faire le tri! il chante ici la marée descendante. La même qui laisse délibérément ses algues sur la plage en partant.


4- Iggy Pop « I want to go to the beach » sur l’album « Préliminaires » (2009) 15’37’’ à 18’27’’
Sur cet album controversée, Iggy se fait crooner et clame son envie de rejoindre la plage. Il va falloir bien la choisir iggy pour éviter l'intoxication. Mais bon.. t'en as vu d'autres!


5- Andrew Bird « Natural Disaster » sur l’album « Noble Beast » (2009) 18’27’’ à 22’40’’
L'oiseau chanteur nous parle de catastrophe naturelle. Mais à mon avis, elle est un peu plus chimique que naturelle la catastrophe?


6- Marvin Gaye « Mercy Mercy Me (The Ecology) » sur l’album « What's Going On » (1971) 22’40’’ à 25’50’’
En 1971 déjà, Marvin Gaye interrogeait sur le nombre d'agression que la terre pouvait encore supporter. Finalement elle en supporte encore, mais pour combien de temps ?


7- Prefuse 73 « Natures uplifting revenge » sur l’album « Everything She Touched Turned Ampexian » (2009) 25’50’’ à 27’48’’
Le bricoleur de chez Warp nous parle d'une revanche de la nature. Si ce n'est pas le cas, c'est au moins une adaptation exceptionnelle.


8- Saul Williams « Seaweed » sur l’album « Saul Williams » (2004) 27’48’’ à 31’25’’
Du volant de sa voiture jaune, le rapper new-yorkais voit les algues sécher sur la plage. Tu passes tes vacances à Saint-Michel en Grève Saul?


9- Hocus Pocus « Touriste ft. Elodie Rama and Tribeqa » sur l’album « Place 54 » (2007) 31’25’’ à 35’20’’
Les touristes se prennent pour les kings où qu'ils soient! Mais ce sont vraiment les rois et c'est leur confort qu'il faut privilégier avant tout, non?


10- Serge Gainsbourg & Jane Birkin « Sous le soleil exactement » sur l’album « Je t'aime... moi non plus » (1969) 35’20’’ à 38’13’’
C'est où que les algues prolifèrent? Sous le soleil! Et c'est où qu'on bronze? ben sous le soleil! Alors on fait comment? ben on ramasse!

“A serious man”, Joel et Ethan Coen

Même s’il n’est pas obligatoirement le meilleur film des Coen comme l’annonce l’affiche, A serious man est certainement leur œuvre la plus personnelle. De toute façon définir quel est le meilleur film des Coen c’est une histoire de point de vue, tant ils ont fait de films (si ce ne sont des chefs d’œuvres) au moins sont-ils toujours excellents ou presque. Pour ce dernier, on est moins dans la veine burlesque du style Burn after reading, mais plutôt dans la veine douce amère de leur cinématographie, dans la lignée de Barton Fink ou the Barber par exemple— L’histoire relate la vie au quotidien d’une famille de la communauté juive d’une petite ville américaine dans les florissantes années 60. On suit particulièrement le père de famille Larry Gopnik, interprété par Michael Stuhlbarg. Il est professeur de mathématique et pour lui, les choses de la vie doivent répondre à la logique. C’est un homme sérieux, honnête et sans histoire. Malheureusement pour lui, la logique des choses terrestres est parfois perturbée par l’intervention du divin et des scénaristes! Tout bascule le jour où l’un de ses élèves à qui il a mis une mauvaise note tente de le soudoyer pour qu’il change la note. Sa femme veut le quitter pour un autre, ventripotent et lourdingue, son fils doit de l’argent à un voisin à qui il a acheté de l’herbe, son frère autiste qui vit chez lui, écrit des formules étranges sous le nom de mentaculus. Devant l’adversité de ses problèmes quotidiens, Larry se verra contraint d’aller chercher recours auprès des rabbins de la communauté afin d’y trouver des réponses à ses interrogations. Si ses interrogations sur la vie ne peuvent pas être résolues par la logique, elle le seront peut-être par le mysticisme. Au vu des trois rabbins qu'il rencontre la réponse ne sera pas obligatoirement limpide. Tout ceci parait bien sérieux mais c’est sans compter sur l’écriture des frères Coen. Le film est bourré de scènes et de personnages comme à leurs habitudes, drôles, absurdes, et décalés. Même s’ils se sont inspirés pour cette histoire de leur père et de leur jeunesse, le film n’est pas une biographie des frères et reste avant tout une fiction emprunte de nostalgie pour cette époque, ou l’on découvrais à la télé les premières séries SF, on peut également y voir une certaine critique de la communauté juive américaine— Le film est particulièrement maîtrisé. Que ce soit la lumière, les plans, le jeux des acteurs ou l’écriture; tout contribue ici à faire de ce film un très bon cru. Le seul reproche que je peux y faire est le non sous-titrage des passages en hébreu concernant la Torah et le Talmud. Puisqu'ils font partie du film il me semble justifié de les traduire.

"L'analphabète", Agota Kristof

Agota Kristof, une analphabète ? C'est ce que semble indiquer l'association du titre et du sous-titre qui précise "récit autobiographique". L'auteur est pourtant lauréate de prix littéraires prestigieux, appréciée des lecteurs et elle écrit des pièces de théâtre et des romans depuis 1987. Sur la couverture la petite fille en fichu rouge au milieu d'une prairie fleurie nous transporte alors dans la Hongrie des années 40, lieu de l'enfance d'Agota Kristof.
Et les premières phrases démentent à nouveau ce titre. "Je lis. C'est comme une maladie. Je lis tout ce qui me tombe sous la main, sous les yeux : journaux, livres d'école, affiches, bouts de papier trouvés dans la rue, recettes de cuisine, livres d'enfant. Tout ce qui est imprimé." En quelques mots l'atmosphère du village et de l'école où a grandi Agota Kristof est installée pour le lecteur. Viendront ensuite des épisodes douloureux et cocasses, l'internat à l'adolescence, la mort de Staline, le passage clandestin de la frontière, le travail d'ouvrière dans une usine suisse, toujours racontés avec beaucoup d'humour et d'émotion dans un style très précis. On avale d'abord les phrases courtes puis on préfère les déguster pour ne pas devoir fermer trop tôt ce court roman. Ou alors, à peine la dernière page tournée, on est tenté de se replonger dans les premiers mots et on ne peut plus les lâcher.
Au fil de ses 11 chapitres le récit retrace la parcours de l'auteure et le lecteur peut suivre du doigt les deux fils conducteurs d'une vie : la lecture et l'écriture. C'est son rapport aux mots et aux langues que la romancière explore dans ce texte, elle qui a choisi d'écrire en français, et qui a dû, à 26 ans, apprendre à lire et à écrire dans cette langue, comme une analphabète.
La parcours atypique d'Agota Kristof donne tout son sens à ce titre qui pourrait paraître méprisant dans la bouche d'une intellectuelle de cet acabit. Mais c'est au contraire la pauvreté, la simplicité, l'humilité de son caractère qui ressortent. C'est aussi un bel exemple du regard que nous pouvons poser sur les clandestins, les illettrés, les pauvres ; à nous de savoir les accueillir et de leur donner la parole.


Agota Kristof, L'analphabète, Genève : Zoé, 2004.

SIG « Freespeed Sonata »

C'est à travers des rééditions comme « Orthodox » de The Rastafarians, des nouveautés comme Omar Perry, et la magnifique collection roots Inna de Yard que Makasound a forgé sa réputation de label estampillé reggae. Sur Black Eye, sa branche expérimentale, les fondateurs de Makasound prouvent qu’ils ont de l’audace avec la signature de SIG. Sigfried est un artiste tout terrain, cinéaste autant que photographe ou compositeur qui parcourt le monde en quête de rencontres. Et sa musique est à son image : aventureuse. Après l'enregistrement des Free Cinematic Sessions en 2008, le musicien propose Freespeed Sonata, une fusion de musique classique, et ses piécettes qu’il joue au piano, de hip-hop, ses boucles, son rythme et son flow, et de jazz. L’album, divisé en quatre mouvements, est une errance à travers une ville sombre mais à la sensualité toujours latente, admirablement habitée par la voix de Joy Frempong. Dans le 3ème mouvement, c’est comme si la ville devenait plus lumineuse, la musique se fait alors légèrement funky, et la ville qui ressemblait beaucoup à Bristol se donne des airs de Paris avec « Ghost stand » et son style Gainsbourgien. Entre morceaux rythmés et d'autres plus langoureux comme le superbe « Angel dust », l'escapade citadine en compagnie de SIG, bien que parsemée d'embuches, se révèle riche et surprenante.

SIG - Freespeed Sonata - 2010 - Makasound

tilidom.com

Quoi de neuf dans ce début 2010 ?

Que dire de ce début d'année 2010. Niveau football, pas grand chose, le championnat de L1 est insipide : Bordeaux est quasi champion dès janvier, tant ses rivaux potentiels et attendus (Lyon, Marseille, P.S.G.) sont largués, pour laisser la place à des surprenants Montpellirois, Lillais, et Auxerriens, qui ne déméritent pas, mais que l'on voit mal en ligue des champions l'année prochaine. Heureusement la C.A.N. (Coupe d'Afrique des Nations) nous a montré la grandeur des institutions sportives qui acceptent que les Togolais se fassent tirer dessus (et mourir), pour être ensuite pénalisés et interdits des 2 prochaines compétitions : fallait le faire! Alors il faut se tourner vers les autres sports : au tennis Roger est encore le plus fort, et malgré un beau parcours en Australie (1/2 finale), Tsonga est encore loin de gagner un grand chelem, avec de tels adversaires. En ski, les J.O. de Vancouver approchent et il parait que l'on peut avoir des médailles. Mais finissons avec nos héros : les handballeurs français, incroyables et invincibles, qui me rappèlent la période 1998-2001 des footballeurs français. Malgré leurs exploits, il faut attendre la finale pour une diffusion sur une chaîne gratuite, il y en a marre : il n'y a pas que le foot et le rugby dans la vie du sport! Il me vient une idée pour sauver les bleus du foot : remplacer Domenech par Onesta! Vu où on en est, on a rien à perdre!

Fantazio « Cinq Mille Ans de Danse Crue et de Grands Pas Chassés »

Ceux qui parlent le mieux de cet énergumène sont ceux qui ont l'occasion de le voir souvent en concert. En effet, l'Eléfantazio vient de la scène, enfin surtout de la rue ou des squats où il a traîné sa contrebasse pendant de nombreuses années avant d'accoucher d'un premier album "The Sweet Little Mother Fuckin' Show". Il faut dire qu'il rejette en grande partie le music business et de toute façon sa liberté sauvage et son ton iconoclaste serait loin de faire l'unanimité dans le milieu. Pour en revenir au début de mon article, je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de le voir depuis des années et je dois dire que comme les autres festivaliers, j'étais resté scotché. Bon alors Fantazio c'est quoi? Ben, c'est de la chanson, de la poésie absurde et émotionnelle servie sur de la musique inventive, mélange de collages d'instruments et de bruitages, d'instruments ethniques utilisés de façon surprenante. Le subversif commence ses chansons en français et les termine en anglais ou inversement, troque une voix de fillette contre celle d'un crooner ou d'un hurleur de death metal. Ces comptines écorchées font mouche et l'album est émaillé de jolis instrumentaux bruts et touchants. A noter la participation de René Lacaille sur l'excellent titre manifeste "la musique populaire". Un album sous tripes.
Le site de Fantazio

Fantazio - Cinq Mille Ans De Danse Crue Et De Grands Pas Chasses - Autoproduction - 2009

Slug & Murs presents "Felt 3" ( a tribute to Rosie Perez )

Après un soutien à Christina Ricci et Lisa Bonet sur les 2 précédents volumes, Slug & Murs nous présentent "Felt 3 (a tribute to Rosie Perez)". Si la dédicace à l'actrice (Chi8, que devient-elle ?) ne nous touche pas plus que ça, le disque quand à lui mérite franchement qu'on s'arrête dessus. Aesop Rock prend ici les commandes avec des beats où alternent agressivité, finesse ou old school. Sa production balance entre titres festifs et morceaux plus bruts, il en profite pour faire exploser sa créativité. Ses 2 compères rappeurs ne sont pas en reste, leurs flows sont taillés pour ce genre de son. Ils ont trouvé avec Aesop Rock les morceaux où ils peuvent au mieux exprimer leur talent à grands coups de rimes maitrisées. Si les deux premiers "Felt" étaient quand même un niveau en dessous, ce 3ème volume nous envoie deux bonnes nouvelles, le hip hop underground est loin d'avoir dit son dernier mot et Aesop Rock, pour sa première en tant que producteur, frappe très fort.

Slug and Murs - Felt 3 -Rhymesayers - 2009