Jayne Mansfield 1967, Simon Liberati

Un crash sur une route de Louisiane, la nuit. Écrabouillée sous l'essieu d'un camion, une Buick Electra bleue, à l'intérieur des cadavres en charpies et quatre survivants : trois enfants et un chihuahua. L'une des victimes est mondialement connue sous le nom de Jayne Mansfield - "the one and only". Blonde peroxydée à forte poitrine, actrice et égérie du pink journalism des sixties, icône du dumb blond, que l'on peut traduire par blonde écervelée, au Q.I. de 163 récitant Shakespeare, Keats, Shelley ou jouant des partitions de Tchaïkovski au violon ! Jayne Mansfield construira son mythe dans un crescendo narcissique et pathétique qui en fera selon ses mots "la dernière des movies stars hollywoodienne". Une descente aux enfers dans l'alcool, la défonce, les coups, le satanisme, les nanars, les procès... Décadence et déchéance réunies sur une même scène entre inauguration de boucherie (payé en bidoche) et streap-tease à l'odeur de crabe bouillie. Ce sex-symbol disparaît, broyé, trépané et défiguré. Les 30 premières pages sont simplement géniales et les 100 autres se dévorent en quelques minutes. Requiem pour une pin-up déjantée, ce très court roman est à la fois violent, sombre et poétique. Un très bon livre.

Simon Liberati, Jayne Mansfield 1967, J'ai lu, 2012

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