Nomo « Invisible Cities »

Il suffit de voir les groupes cités en référence par la bande du Michigan pour se dire que ce groupe ne doit pas jouer de l’afrobeat comme les autres. Fela reste une influence incontournable mais ils citent aussi Can, et son Krautrock allemand, Sun Ra et son jazz cosmique, Tom Ze, le bidouilleur de la musique populaire brésilienne, dont ils reprennent « Ma », Moondog, le génial musicien aveugle, lui aussi repris sur cet album avec le titre « Bumbo » issu de sa période allemande, ou encore Miles Davis, Konono N°1, Talking Heads et Francis Bebey. Et cette diversité d’influences s’entend dans leur musique. C’est de l’afrobeat mais pas vraiment traditionnelle, c’est beaucoup plus cosmique. En plus des cuivres habituels, qui résonnent parfois comme une explosion sonore, on peut aussi entendre des flûtes donnant une atmosphère plus singulière, des kalimbas électriques bricolés maison à la Konono N°1 et une lourde ligne de basse. Le tout créant une musique vraiment dense. Moins d’un an après « Ghost Rock », déjà remarqué, voici « Invisible cities », un album où la bande à Elliot Bergman fait exploser les frontières musicales de façon surprenante. De l’afrobeat urbaine nourrie de funk, de jazz, de rock et d’électro.

Nomo - Invisible Cities – 2009 - Ubiquity

Mohammed Jimmy Mohammed « Takabel »

De la musique éthiopienne, aujourd’hui, on connaît, principalement, la série Éthiopiques chez Buda Musique avec le formidable boulot réalisé par le français Francis Falceto pour nous faire découvrir les pépites de Gétachèw mèkurya, Mahmoud Ahmed ou encore Alémayéhu Eshèté. La musique de Mohammed Jimmy Mohammed est restée plus confidentielle avec à son actif, un seul et unique album, « Takkabel ! » sorti en 2006 sur le label Terp du guitariste du groupe hollandais The Ex. Lui qui était aveugle et avait la santé fragile ce qui l’obligeait à jouer assis sur scène est disparu en décembre de la même année. Sa musique est une collaboration avec Han Bennink, le batteur de The Ex, groupe qui a aussi collaboré avec Gétachèw mèkurya sur l’album « Moa Anbessa ». Il reprend sur cet album les thèmes de son idole Tlahoun Gessesse, pour une sorte de blues aux accents orientaux. Une musique typiquement éthiopienne avec des morceaux souvent longs, prenant le temps d’installer une atmosphère extraordinaire. Accompagné de la krar, sorte de harpe à 6 cordes, de Mesele Asmamaw, et du saxophone de Gétachèw mèkurya et parfois des chœurs sortant droit du désert éthiopien, sa voix déchirante nous guide tout du long de l’album. Une vraie merveille !
 
Mohammed Jimmy Mohammed - Takabel - 2006 - Terp

« Mon traître », Sorj Chalandon

Le premier chapitre du roman plante le décor. Des patronymes imprononçables, des bars crasseux et des émotions brutales comme la première phrase, "la première fois que j'ai vu mon traître, il m'a appris à pisser". Le narrateur, Antoine, est un luthier trentenaire, sans grandes attaches dans sa vie parisienne. Solitaire, un peu blasé, il va nouer des liens passionnels avec Belfast. Il y rencontre ses alter ego dans les Catholiques Irlandais du Nord. De 1977 à 2007 Antoine raconte "son" Irlande au gré de ses séjours dans ce pays de silences et de grisaille. Il décrit l'atmosphère lourde, la violence et la pauvreté, mais aussi la solidarité et les amitiés indéfectibles. Antoine ne sera jamais tout à fait un des leurs mais enrôlé, écarté ou manipulé il prendra part, plus ou moins consciemment, à cette guerre qui agite l'Irlande du Nord. Toute sa rage et sa colère se cristallisent dans ce combat contre les Anglais. En témoin privilégié des évènements il est sensible à la résistance qui se fait autant par la fierté et le mutisme de tout un peuple que par les armes. Il nous fait revivre les heures les plus sombres de la guerre civile, la grève de la faim initiée par Bobby Sands et qui coûtera la vie à plus de 10 prisonniers de 23 à 30 ans sans que cela n'entraîne la moindre réaction de la part de Margaret Thatcher, en est un des épisodes les plus tragiques.

CHALANDON, Sorj, Mon traître, Paris : Grasset, 2008.

Festival des Vieilles Charrues 2009, Compte-Rendu (3ème partie)


PLEINE-LUNE



L’auteur compositeur américain Joseph Arthur a réalisé avec The Lonely Astronauts une prestation de groupe très convaincante. Lui, qui avait l’habitude de jouer seul en superposant ses boucles de guitares les unes sur les autres s’est entouré d’un guitariste, comme un frère d’arme, et d’une bassiste toute en félinité avec ses chaussettes à rayures rouges et blanches. Des envolées sauvage à partir de compositions folks et de mélodies pop pour une prestation très rock’n roll.


Julie, la chanteuse de Solange La frange a remué le public de Xavier Grall avec une énergie communicative à l’accent suisse. Elle a su provoquer et électriser le public. Un show rock’n roll-Punky sexy accompagné de beats électros qui a entraîné le public dans un pogo gauche-droite droite-gauche presque spontané. Une belle découverte.


Malgré des débuts un peu timide sur la grande scène Kerouac, Coming Soon a offert un set enthousiasmant plein de fraîcheur. Sur une musique aux influences New-Yorkaises, de Lou Reed qu’ils reprennent à Television, les membres de Coming Soon se sont tour à tour partagés le micro pour affirmer des personnalités différentes. Les nouveau titres présentés, aux sonorités pop à la Beach Boys, annoncent un album attendu pour la rentrée.


Le groupe de rock expérimental Zone Libre en compagnie de Casey et de B. James, qui remplace Hamé de La Rumeur, pris par de multiples activités, ont présenté leur projet L’angle Mort (photo de Guy de Lacroix-Herpin). Un projet d’une densité incroyable duquel transpire la rage et la haine. Les riffs de guitares électriques et ses larsens, rythmé d'une batterie énergique habillent à merveille les lyrics revendicatifs des mc’s . Un véritable brasier dont on ne ressort pas vraiment indemne.




1ère partie - 2ème partie

Festival des Vieilles Charrues 2009, Compte-Rendu (2ème partie)

DEMI-LUNE


Le groupe suédois Olle Nyman avec leurs gueules d’anges, cheveux blonds plaqués en arrière à la façon Elvis Presley, avait de l’allure sur la scène Xavier Graal. Avec un gratteux aux airs du bassiste de Nirvana et un autre sosie de Matt Bauer, crané rasé et barbichette, qui ne gâtaient absolument rien au tableau, les mélodies toute en simplicité ont accompagné la superbe voix du chanteur pour un plaisir partagé.

Le Cabaret breton, sous le chapiteau, est une bouffée d’oxygène au milieu de la foule des festivaliers. L’ambiance est calme et détendue et la programmation de qualité. Les trois chanteuses bretonnes Buhé, Ebrel, Vassalo (photo ci-contre) ont dégagé une puissance et une émotion rare. Alors que Montgomery, sur la grande scène, ne trouvaient pas la pureté du son que leur musique nécessite, sous le chapiteau, la complémentarité des voix et la sensibilité des chanteuses a hérissé les poils du public. Latcho Bachavav a levé le public en deux temps. Une intro balkanique toutes clarinettes sonnantes, suivie de l’entrée d’une danseuse tzigane toute en charme. Il ne restait alors au groupe qu’à enchaîner. Al Wasan, a démontré la capacité de la musique bretonne à se marier avec d’autres univers et en l’occurrence celui des frères Khoury et leur musique de Jordanie. Et quand la bombarde s’accorde avec le oud, on reste bouche bée, les oreilles grandes ouvertes, et le chant de Vassalo, encore elle, contribue à nous transporter. La musique bretonne est bien vivante et en plus elle s’ouvre sur le monde.

Guitare-basse-batterie, on n'a jamais rien trouvé de plus efficace et ce n’est pas Izia, la fille de Monsieur Higelin, avec son show rock, plein d’énergie, qui nous contredira. La jeune femme de 18 ans occupe la scène à merveille, courant un peu partout ou se mouvant tel un félin. La disciple de Janis Joplin et de Led Zep a fini à moitié à poil à taper comme une forcenée sur la batterie et même s’il manquait peut-être un brin de variété dans la musique pour réellement nous combler, on s’incline avec respect.

La collaboration attendue entre Les Frères Morvan & Les Tambours du Bronx n’a pas drainé l’émotion qui construit les grands moments et les souvenirs inoubliables. Le tableau était magnifique, les deux petits pères et leurs chemises à carreaux devant un mur de tambours, mais finalement la partie en solo des deux frangins a été plus convaincante que la collaboration et le frisson n’a jamais vraiment parcouru le public. Bel hommage tout de même.

Avec sa musique, mélange de tradition et de modernité, le chanteur Baba Salah, aussi un formidable guitariste puisqu’il joue aussi bien avec ses dents que la guitare dans son dos ou sur sa tête, et ses danseuses, charmantes même si leurs tenues traditionnelles n’étaient pas toujours des plus seyantes, n’ont pas réussi à faire venir le soleil sur la prairie même si quelques rayons ont parfois percé la couverture nuageuse.

Festival des Vieilles Charrues 2009 - Compte-Rendu (1ère partie)

Plus de 200 000 personnes ont fréquenté cette année, pendant 4 jours, la vaste prairie de Kerampuilh. Une énorme « kermesse » dédiée à la musique de tous les styles afin de satisfaire au plus grand nombre. Des jeunes ados venus en bande pour leurs premières aventures festivalières aux mamies avides de satisfaire leur curiosité naturelle, en passant par les familles, habituées aux dimanches de Michel Drucker, venues voir Cabrel et consorts dans le champs près de chez eux comme aux grandes heures des podiums Europe1. Mais les amoureux de la musique aux oreilles plus exigeantes peuvent aussi y trouver leur compte. C’est là la réussite du festival du Centre Bretagne, un brassage culturel, parfois surprenant, à l’image de la conférence de presse de Zone Libre & Casey pendant la prestation scénique de Julien Doré. Un véritable choc des cultures.

LUNE NOIRE

Accompagnée d’une section rythmique qui apporte de l'énergie et une touche d’excentricité, d’une choriste qui semble se demander ce qu’elle fait là, bien que sa voix soit un plus indéniable et d'un papa à la présence étouffante, Alela Diane a offert une prestation ennuyeuse nous donnant même le regret de ne pas être aller voir TV On The Radio qui semblait mettre le feu sur la grande scène au même moment. Une reprise de Neil Young a momentanément fait décoller le set avant qu’un « Pirate’s Gospel » rythmé finisse tout de même sur une note positive.

Cocoon a joué sur une scène un peu grande pour eux, Mark et Morgane étaient certes heureux d’être là mais ont donné l’impression de jouer toujours le même morceau. Le chanteur a fait l’animateur « rigolo » du Club Med avec des blagues potaches, rangeant alors la musique au second plan. Ils ont fini par des mouvements de foule à leur demande pour leur futur dvd. Cela manque vraiment de naturel et est loin d’être convaincant.

Sans préjugés particulier, on était juste un peu curieux de voir Julien Doré. Au final il n’y a rien à dire. Sans intérêt.

2ème partie
3ème partie

Groundation « Here I Am »

Avec leur 6ème album, les californiens continuent à évoluer vers un reggae fortement influencé par le jazz. Les intégristes rastafariens regretteront peut-être d’ailleurs l’évolution du groupe vers une musique moins roots. C’est pourtant bien l’intégration de ces influences jazzy qui rend ce groupe si particulier et si intéressant. La voix d’Harisson Stafford, un peu la marque de fabrique du groupe, s’efface complètement sur « Time Come » pour laisser sa place aux mythiques Congos ou sur d’autres morceaux pour laisser les voix féminines de Stéphanie Wallace et Kim Pommel s’exprimer pleinement. Du coup ce sont les claviers de Marcus Urani qui prédominent avec bonheur sur ce nouvel album. Mais les skunks de guitare n’ont pas disparus, Ryan Newman fait toujours groover sa basse, Paul Spina, le batteur habituel a été efficacement remplacé et les cuivres réchauffent toujours l’atmosphère. De « Run The Plan », et son intro cosmique à « Golan to Galilee » et ses 8 chanteurs, en passant par le pur reggae « Here I Am », le combo américain ne nous déçoit pas à part peut-être sur « Walk Upright », un instrumental au style un peu jazz pépère.

Groundation - Here I Am - 2009 - Naïve

Bruce Springsteen « We shall Overcome, The Seeger Sessions »

Bruce Springsteen en Bretagne, c’est pour le 16 juillet au Festival des Vieilles Charrues et c’est exceptionnel. Accompagné de son légendaire groupe « The E-Street Band », Il va certainement offrir un concert best-of avec quelques uns de ses plus grands hits. Mais ici, il n’est pas question de parler de « Born To Run » ou de « Born In The USA », deux des plus gros succès du Boss. « The Wild, The Innocent & The E-Street Shuffle », son deuxième album datant de 1973, une vraie merveille « New-Orleanesque » pas toujours reconnue à sa juste valeur aurait pu être le sujet de cette chronique, mais ce sera finalement « We Shall Overcome », son récent album de reprises folks américaines. Un petit chef d’œuvre de simplicité et de sincérité où Springsteen rend hommage à ses maîtres et ses inspirateurs. Les guitares électriques ont laissé la place au banjo, aux violons, au piano, aux cuivres, à l’accordéon, au chœur gospel. Et le boss n’est jamais aussi bon que lorsque l’électricité se fait discrète comme sur le magnifique morceau « O Mary Don't You Weep ». La rencontre avec les musiciens de The Seeger Sessions Band donne naissance à un album chaleureux, entraînant et plein de spontanéité. On a vraiment l’impression de se retrouver au milieu des musiciens, de chanter avec eux, de danser parfois, mais surtout de boire du whisky en leur compagnie.

Bruce Springsteen - We shall Overcome, The Seeger Sessions - 2006 - Columbia Records

Festivals de l’été en Bretagne, Les Vieilles Charrues les 16, 17, 18, 19 Juillet 2009

En 1992 à Brest il y avait le rassemblement de vieux gréements, à Carhaix il y aura le rassemblement de vieilles charrues. Ce n’était alors qu’une simple kermesse et ce n’est que lors de la seconde édition que la musique y trouvera une place avec Les Pires, le groupe trégorois inspiré des la musique des Balkans, en tête d’affiche. Par la suite le Festival investira le centre ville de Carhaix et la musique va alors prendre une place plus importante jusque la venue incroyable de James Brown en 1997. Depuis le Festival s’est installé sur le site de Kerampuilh et a pris une dimension internationale. Au programme du rock, de la pop, de la variété française, de l’électro, de la soul, du folk, du breizh, du hip-hop, du reggae. Un éclectisme où tout le monde peut y trouver son petit coin de paradis.
Pour cette 18ème édition, c’est le Boss en personne qui aura l’honneur de l’ouverture accompagné du E Street Band pour une date unique en France.
A partir du vendredi le festival va prendre son rythme de croisière avec une vingtaine de concerts par jour. Une Carte Blanche au label Fargo, le label indépendant parisien, avec la présence d’Alela Diane et du suédois Olle Nyman, le rock aux nuances électro de TV On The Radio, la pop classieuse des bretons de Montgomery, sans oublier le trio de chanteuses breizh Ebrel-Le Buhé-Vassallo.
Le samedi, on sera curieux d’assister à la rencontre inattendue entre les frères Morvans, les maîtres du Kan Ha Diskan, habitués à faire danser les rondes bretonnes et les 17 percussionnistes des Tambours du Bronx pour une création originale. Les folkeux de Cocoon et et de Coming Soon devraient combler nos esgourdes sans oublier le rock de Ghinzu, apellés à la rescousse pour suppléer NTM. On jettera aussi une oreille et un regard sur la prestation scénique de Metronomy.
Dimanche l'enfant terrible de la télé-crochet, Julien Doré attirera les fans et les curieux, Baba Salah et sa musique mandingue nous fera voyager au Mali, Yo ! Majesty est attendu pour un set énergique et du hip-hop revendicatif, L’angle Mort (Zone Libre vs Hamé & Casey) avec son mélange de guitares rock et de phrasés hip-hop risque de surprendre, voir de désorienter certains.
4 jours de musique avec comme thème du Festival les extra-terrestres. A DeLaLuneOnEntendTout on ne pouvait donc pas louper cette manifestation. On vous racontera.
Pour la programmation complète, vous pouvez vous rendre sur le site du festival.


« Une seconde de plus », Delphine Coulin

Delphine Coulin tricote entre elles les six histoires qui forment ce recueil de nouvelles. Un peu à l’image du film « Short Cuts » de Robert Altman, les personnages principaux d’une nouvelle font des apparitions furtives dans d’autres textes. Et même si les femmes, héroïnes de ces récits, n’ont pas le même âge, le même métier ou le même pays, on ne peut s’empêcher de voir une filiation entre ces personnages. La petite fille espiègle ou l’adolescente renfermée côtoient une écrivain trentenaire, une grand-mère révoltée, une femme qui perd son mari, une fille qui enterre son père ou encore une mère qui cherche son fils. On a l’impression vague de retrouver la même femme à différentes périodes de sa vie. D’ailleurs l’auteur nous prévient dès le départ : l’enfant, l’adolescente, la jeune femme ou la grand-mère ne s’éloignent pas en vieillissant. Chaque période de la vie reste bien vivante mais dans un espace-temps différent. Parfois une seconde spéciale fait coïncider toutes ces étapes de notre vie. Les personnages se retrouvent aussi autour de questions fondamentales sur le temps qui passe, la maladie, la mort, la disparition des êtres chers. Entre chaque nouvelles de menues réflexions scientifiques et métaphysiques sur la seconde font des transitions malicieuses. Les portraits féminins et cette réflexion sensible vous charmeront en quelques secondes.

COULIN Delphine, Une seconde de plus, Paris : Grasset, 2006

Novalima « Coba Coba »

De la musique péruvienne, on connaît surtout la merveilleuse chanteuse Susana Baca, « l'ange noir de la chanson afro-péruvienne », et la moins glorieuse musique folklorique avec flûtes indiennes jouée sur les marchés du monde entier. Le collectif Novalima, composé de 4 musiciens-producteurs d’origine péruvienne dispersés dans le monde entre Lima, Londres, Barcelone et Hong Kong, permet de mettre un coup de projecteur sur cette musique méconnue avec une relecture des airs traditionnels. Leur musique est proche dans l’esprit de celle du Nortec Collective de Tijuana. De la musique traditionnelle subtilement enrobé d’électro, des combinaisons de percus péruviennes (quijada, cajón, cajita) avec des basses plus funky et des rythmiques dub. Milagros Guerrero une chanteuse dont la voix n'est pas sans rappelée celle de Susana Baca et Gecko Turner, un rockeur espagnol, entre autres, viennent prêter leur talents.
Une musique afro-péruvienne pas toujours très bien considérée, même dans son propre pays, qui se pare de sonorités plus actuelles, et qui constituera une bande-son idéale pour l’été en sirotant un petit Pisco. A noter la sortie d'un album de remix de Coba Coba disponible sur Cumbancha.


Novalima - Coba Coba -2009 - Cumbancha


Terry Lynn « Kingstonlogic 2.0 »

Kingstonlogic 2.0 est à n'en pas douter un des albums les plus étonnants de l'année en Jamaïque, Terry lynn frappe un grand coup dans le paysage musical de l'île. Le style virulent de la jeune femme ne passe pas inaperçu auprès du producteur Russell "Phred" Hergert qui la prend sous son aile. Avec lui elle découvre de nouveaux sons, de nouvelles façons de produire les morceaux et à partir de là, ils peuvent se mettre à la construction d'un album scintillant. Ce disque bouscule une certaine uniformité ou plutôt frilosité jamaïquaine à l'électronique en général; et ceci grâce à une production soignée, des flows acerés ainsi qu'une énergie terrible. Avec l'arrivée de Major Lazer (le groupe de Diplo et Switch) qui eux aussi sortent un opus très original enregistré dans le studio de Bob Marley, la Jamaïque est en train de vivre sereinement une petite révolution qui l'entraine vers de nouveaux horizons musicaux et peut être que la fracassante Terry Lynn en est une des fers de lance.

Terry Lynn - Kingstonlogic 2.0 - Phree Music - 2009

Chris Garneau « El Radio »

« Music For Tourists » sorti en fin d’année 2006 avait beaucoup de grâce mais n’avait pas du tout fait l’unanimité à l'époque. La musique du chanteur/compositeur américain paraissait même monotone voir nunuche aux oreilles de certains. Avec ce nouvel album « El Radio », les grincheux seront peut-être moins nombreux. Pourtant la musique de Chris Garneau est toujours aussi épurée mais ici les morceaux sont plus éclectique que sur le 1er opus et sa musique recèle de morceaux plus optimistes et plus joyeux. Sa voix est toujours aussi douce et bouleversante et il s'accompagne toujours au piano, son instrument de prédilection. Mais on peut aussi entendre une trompette (sur « No more pirates ») ou un violoncelle. Force est de constater que l’artiste américain, encore un qui vient de Brooklyn, est talentueux et sa musique pop mélancolique vraiment touchante. Un album merveilleux n’en déplaise aux grincheux et il suffit d’écouter les pépites « Hands on The radio », « Dirty Night Clowns » ou « fireflies » et sa cover « Les lucioles en Rè-mineur » pour s’en convaincre. A ne pas louper lors de la nuit folk du 22 juillet 2009 en compagnie de Cocoon et de Howard Hugues aux Nuits de Fourvières pour ceux qui sont du côté de Lyon.
Le myspace 

Chris Garneau - El Radio - 2009 - Absolutely Kosher