vivement 2010


Et voilà 2009 se termine, que retenir sur le plan sportif : la victoire de la coupe par En Avant de Guingamp, « the hand of frog » de Thierry Henry, la vitesse supersonique d'Usain Bolt, Federer s'affirmant comme le plus grand joueur de tennis de tous les temps.

En tout cas, on attend 2010 avec impatience, avec sa fameuse Coupe du Monde en Afrique. Les français n'avaient rien à perdre : qualifiés par la toute petite porte et privés du statut de tête de série, ils tombent dans un groupe à leur portée, c'est bien ça qui fait peur! comme en 2002 : attention, premièrement car nos adversaires ne sont pas si nuls que ça: le Mexique est toujours présent en coupe du monde, souvent qualifiés pour les 8èmes; le pays organisateur se qualifie presque toujours, et l'Uruguay nous rappelle 2002 et un triste 0-0 (tout comme il y a 1an!). De plus, autre problème : Raymond, et sa tactique, sont toujours là, malgré le tentative de putsch du doyen de la FFF. En même temps, autant qu'il aille au bout maintenant. De plus, pour se préparer à faire face à nos 3 adversaires, la Fédé a choisi des sparing partners non-qualifiés : Tunisie, Costa Rica et Chine: Autrement dit, aucune équipe d'Afrique noire ou d'Amérique du sud : fallait le faire. Certes, je critique, mais les bleus ont quand même sacrément de la chance: car en imaginant un parcours idéal, les bleus finissant 1er de leur groupe, joueraient sûrement la Grèce ou le Ghana, et en ¼ les anglais. Donc, sur un malentendu (par exemple des pénaltys) les bleus pourraient se retrouver en ½ finale. Pour y affronter le Brésil, là encore pas de problème on les bat à chaque coupe du monde. Donc, nous voilà en finale, contre l'Espagne, et sur un instant de grâce (à la Thuram contre la Croatie), Toulalan frappe et pour une fois cadre, et marque en pleine lucarne: la France est championne du monde, les journalistes demandent alors à Raymond (comme pour Aimé en 1998) si il va pardonner, ce à quoi il répondra « jamais je pardonerai, jamais! ». Bon, je sais, je m'emballe un peu, car il va falloir pour cela marquer des buts, si possible sans les mains... Bloavez Mad 2010!

« AVATAR », James Cameron

A la veille de l’année 2010, un mot sur le film événement de cette fin d’année. Avatar de james Cameron. Largement promu depuis plusieurs mois, Avatar s’annonçait comme le renouveau du cinéma. A l’image de son auteur, toujours en quête de défi technologique, le film devait être la première pierre posée de ce que sera le cinéma de demain. En ce début de siècle Cameron comme Zemeckis, et quelques autres a l’obsession de créer un cinéma entièrement numérique et virtuel. En quelque sorte ils veulent réussir et créer le parfait dessin animé réaliste. Contrairement aux derniers films de Zemeckis il y a encore dans Avatar quelques vrais acteurs, on remarque notamment la présence de Sigourney Weaver, icône du cinéma de SF depuis Alien et habituée de l’univers de Cameron depuis Aliens, le retour. Sa présence ancre le film dans la continuité historique d’un genre. La présence d’acteurs en chair et en os n’est par ailleurs que le prétexte à amener le spectateur dans ce monde entièrement numérique et à lui faire croire à ce monde. J’avais peur de voir justement un dessin animé très réaliste certes mais un dessin animé quand même. Or de ce point de vue le film est une vraie réussite. Moi qui ne suit pas fan de la technologie 3D très à la mode, je dois dire que j’ai été impressionné par l’effet et le rendu réaliste du monde de Pandora marche extrêmement bien. Cameron a mis les moyens nécessaire pour que son film fonctionne. A la manière des auteurs de BD des années 7O comme Mézières notamment, ou de Bourgeon avec sa série de fantaisie le cycle de Cyann, il a entièrement créer une nouvelle planète avec une faune et une flore spécifique. Le film est un vrai « trip » visuel et on est transposé comme le héros à travers son avatar dans cet univers. De ce point de vue le film s’inscrit d’ailleurs plus dans le genre de la fantaisie du Seigneurs des anneaux que du vrai film de SF, à l’image de Tolkien, Cameron a aussi inventé Le langage des Navi’s les habitants de Pandora. D’un point de vue filmique, Cameron reste le grand réalisateur qu’il a toujours été. Malheureusement même s’il reste aussi un grand conteur d’histoire, puisqu’il mène son film de bout en bout sans qu’on s’ennuie c’est quand même d’un point de vue scénario que le film déçoit. Le message écologique new-age est certes à la mode et plutôt intéressant mais le développement qui y est amené reste proche d’un film de Walt Disney. Un film comme Wall E qui abordait les mêmes thèmes était finalement bien plus original et adulte dans son traitement. Cameron oppose dans son film deux aspects antagonistes qui font de l’être humain ce qu’il est. C’est à dire l’animal dominant et belliqueux avide de conquête et de pouvoir, issu de l’âge de fer et l’homme des origines en osmose avec la mère nature. Ces thèmes parcourent notamment le cinéma d’un autre grand réalisateur, Terrence Malick, mais ses films sont de ce point de vue un peu plus fouillés. De plus L’histoire est parfois hyper prévisible et le schéma du scénario est calqué sur les westerns (et il sont quelques uns) ou un homme blanc est adopté par les indiens. Ceci étant il y a dans Avatar quelques scènes d’action d’anthologie et on peut remarquer chez son auteur une certaine fidélité a ce niveau. Il nous avait concocté dans Aliens le combat des Mères entre Sigourney Weaver et la Bête il y a ici le combat des Pères, deux visions de ce que peut être l’Homme, un être en osmose avec sa terre Mère nourricière, incarné par le héros Jack Sully ou un conquérant destructeur qui a perdu le contact avec la nature, le colonel Miles Quaritch. Au final Avatar est un film à voir pour ce qu’il est : un voyage visuel et un pari technologique impressionnant, mais il reste juste un film d’aventure d’entertainment que j’aurais apprécié à sa juste valeur s’il avait été aussi un pari scénaristique qui l’aurait amené dans la lignée de 2001 plutôt que de Mia et le Migou dont l’histoire est finalement extrêmement proche !


"Contes n°1 à 4", Eugène Ionesco

Dans le Conte n°1 de Ionesco vous retrouverez l'ambiance des familles bourgeoises mais surréalistes des années 50 quand les petites filles s'appellent Josette et que les papas racontent des histoires farfelues. Ce conte ne commence pas par "il était une fois" et n'est pas peuplé de princesses ni de sorcières, mais de femmes de ménage et de parents indignes. Première page : "Ce jour-là, le papa et la maman étaient fatigués. La veille, ils étaient allés au théâtre, au restaurant, puis après le restaurant au guignol. Et maintenant, ils étaient paresseux. Ce qui n'est pas beau pour des parents !...". Le conte n° 4 est aussi magnifique d'absurdité. C'est sans doute le plus connu et il a inspiré un joli court-métrage d'animation de Coralie Van Ritschoten dans lequel Josette devient "Pamplemousse".
De la littérature pour les tous petits (le sous-titre indique dans certaines éditions
pour les enfants de moins de trois ans) mais qui devrait encore plus plaire à leurs parents.

Contes 1, 2, 3, 4, Eugène IONESCO, Etienne DELESSERT, Paris : Gallimard, 2009.

Vic Chesnutt (1964-2009)

 « Triste noël » : disparition de Vic Chesnutt
Chronique de l'album « At The Cut »

L'année 2009 en 9 titres

Au cours de cette première année complète du blog De la lune on entend tout, nous avons écouté une quantité considérable de musique. Un peu comme des défricheurs d’une dense actualité musicale, nous essayons de mettre en exergue le meilleur en oubliant le moins bon et le très mauvais. C’est comme ça que vous avez pu retrouver un bilan de fin d’année, un exercice forcément subjectif. Imaginez donc le dilemme lorsqu’il a fallu choisir seulement 3 morceaux chacun afin d’en obtenir 9, le chiffre de l’année. La subjectivité était encore de la partie et les 9 morceaux sélectionnés ne sont pas forcément représentatifs de l’ensemble de la production musicale annuelle mais juste un instantané, NOTRE instantané de l’année 2009.
(La playlist complète se trouve à la fin de l'article) 

Blakroc « Ain’t Nothing Like You (Hoochie Coo) Feat. Mos Def & Jim Jones » (sélectionné par Paco) 
« The Black Keys en compagnie de la crème du hip-hop. Ici en l'occurrence c'est Mos Def et Jim Jones. Un titre avec des samples de guitares joués live, le phrasé de Mos Def à son meilleur, un chœur lancinant rythmant l’intégralité du morceau pour un tube en puissance entre rock, blues et hip hop. » Chronique de l'album 

Quantic & His Combo Barbaro « Un Canto a Mi Tierra » (sélectionné par Maï)
« Lorsque William Holland alias Quantic se met à la musique latine ça donne un des grands albums de l'année. Sur ce titre fait de percussions et de cuivres latinos, la merveilleuse voix de la chanteuse Nidia Góngora ne gâte rien à l'ensemble, bien au contraire. » Chronique de l'album 

Major Lazer « Anything Goes » (sélectionné par Dacallo)
« L'Américain Diplo et l’Anglais Switch se donnent rendez-vous en Jamaïque et produisent un album bourré à craquer de tubes. Celui-ci issu des studios Tuff Gong à Kingston est du pur reggae dancehall et plutôt novateur pour le coup. »

Buraka Som Sistema « Kalemba (wegue wegue) » (sélectionné par Maï)
« Dans la lignée du « Township Funk » du sud-africain DJ Mujava, voici une nouvelle bombe pour les dance floors. Du rythme comme jamais, des sons originaux, et des voix en portugais. Et si le centre du monde des dancefloors était aujourd'hui à Lisbonne ? » Chronique de l'album 

Kid Cudi « Day N Night (Nightmare) » (sélectionné par Maï)
« Un rythme, une mélodie, des effets de voix, le nouveau petit prince du hip-hop U.S., Kid Cudi en collaboration avec Crookers crée la mélodie de l'année. Plus électro pop que hip-hop au point que certains crient au scandale. Nous on aime ! » 

IsWhat?! « Cake » (sélectionné par Dacallo)
« Le hip-hop gorgé de jazz du groupe originaire de Cincinnati n'a rien perdu de son efficacité.  Toujours des beats, des flows tranchants, des touches électros, des guitares électriques en fond sonore, ce morceau illustre à merveille la richesse de leur rap. » Chronique de l'album

Lee Fields - « Ladies » (sélectionné par Paco)
« C'est un magnifique morceau soul qui fait renaitre Marvin Gaye et James Brown en même temps. Une guitare funky, des violons, des cuivres chaleureux sur le refrain et tout ça sans même parler de LA voix de Lee. C'est simplement irrésistible. » Chronique de l'album 

Fever Ray « I’m not Done » (sélectionné par Dacallo)
« Karin Dreijer Andersson, la moitié de The Knife, nous amène dans des contrées bien obscure pour nous faire danser jusque la transe. Ce morceau est envoutant avec un fond électro et une voix qui nous transporte. » Chronique de l'album 

Vic Chesnutt « Coward » (sélectionné par Paco)
 « Placé dès l’ouverture du dernier album, Ce titre n'est rien moins qu'un uppercut dans la gueule de l'auditeur non averti. on a bien du mal à se remettre d’un tel coup et on reste longtemps abasourdi après l’écoute de ce cri de douleur. » Chronique de l'album

La playlist ultime de l’année 2009 :


Les meilleurs albums 2009

L'heure est venue de faire le bilan de l'année musicale sur  De la lune on entend tout. A cette occasion les chroniqueurs musicaux, Dacallo, Maï et Paco ont proposé leur classement respectif (une liste pour Maï) d'une vingtaine d’albums. GrandGibbon estimant ne pas avoir écouté suffisamment d’albums en 2009 garde son jugement pour une prochaine fois. La diversité est tout de même au rendez-vous avec plus de 40 albums cités ce qui signifie aussi qu'aucun ne sort du lot pour devenir incontestablement l'album de l'année.

Douze albums émergent toutefois en raison du nombre de citations (3 pour Anthony Jospeh, Black Joe Lewis ou Buraka Som Sistema, 2 pour Fever Ray, Tinariwen, Lee Fields, Menahan Street Band, Brother Ali et Staff Benda Bilili) ou du classement élevé obtenu dans les tops individuels (IsWhat?! et Vic Chesnutt).



N°1 : Anthony Joseph & The Spasm Band « Bird Head Son » 
« Un jubilatoire melting pot de black music. » Lire la chronique

N°2 : Fever Ray « Fever Ray »
« Un opus superbe qui vous hantera de longs moments. » Lire la chronique

N°3 : Black Joe Lewis & The Honeybears « Tell' Em What Your Name Is »
« Le chaînon manquant entre le blues et le punk-rock américain. » Lire la chronique

N°4 : Tinariwen « Imidiwan : companions »
« On rentre dans une sorte de transe chamanique jusqu'au dernier morceau. » Lire la chronique

N°5 : Lee Fields « My World »
« De la soul qui sonne brute et authentique. » Lire la chronique


 N°6 : Menahan Street Band « Make the road by walking »
«
Sautez sur ce très bon disque ou Superfly croise Rocky. » Lire la chronique

N°7 : Buraka Som Sistema « Black Diamond »
« Une musique à l’énergie incroyable qui fait danser les dancefloors du monde entier. » Lire la chronique

N°8 : Brother Ali « Us »
« C'est l'un des meilleurs albums hip-hop de l'année. » Lire la chronique

N°9 : IsWhat ?!
« Big Appetite »
« Un des grands crus hip hop de la décennie qui s'achève. » Lire la chronique

N°10 : Vic Chesnutt « At The Cut »
« On flirte autant avec la mort qu'avec la beauté pure. » Lire la chronique

N°11 : Quantic & his Combo Barbaro « Tradition in transition »
« Un vrai patchwork d' influences latines, soul ou afro. » Lire la chronique

N°12 : Staff Benda Bilili « Très très fort »
« De la rumba congolaise au reggae, en passant par les rythmes cubains et le funk. » Lire la chronique


Les autres albums cités :

Par Dacallo : Jimi Ténor & tony Allen « Inspiration information 4 », Major Lazer « Guns Don't Kill People...Lazers Do », Mulatu astatke « New York - Addis - London (The Story of Ethio Jazz 1965-1975) », El Hijo de la Cumbia « Freestyle de Rythmos », Aufgang « Aufgang », Brodinski « Bugged Out », Pedro Luis e a Parede « Ponto Enredo », Anti-Pop Consortium « Fluorescent Black », Warp20, Speech Debelle  « Speech Therapy », Kutiman « Thru You », The Dead Weather « Horehound »

Par Maï : Black Meteoric Star « Black Meteoric Star », Micachu & the Shapes « Jewellery », Merger « Exiles Ina Babylone », 100% Dynamite NYC « / », Jack Penate « Everything Is New », NASA « The Spirit of Apollo », Orelsan « Perdu d'Avance », Melody Gardot « My One & Only Thrill », Denis Colin & la Société des Arpenteurs « Subject to Change », Fred Fisher Atalobhor « African Carnival », Tumbele « / »

Par Paco : El Michels Affair « Enter the 37th Chamber », Balmorhea « All is Wild, All is Silent », Jimi Tenor & Kabu Kabu « 4th Dimension », Castanets « Texas Rose, The Thaw & The Beats », Speech Debelle  « Speech Therapy », Elvis Perkins « In Dearland », Timber Timbre « Timber Timbre », King Midas Sound « Waiting For You », Mulatu Astatke & The Heliocentrics « Inspiration Information », Bill Callahan « Sometimes I Wish We Were An Eagle », Serengeti & Polyphonics « Terradactyl »

Iswhat !? « Big appetite »

« Big appetite », le 3ème album d'Iswhat?! ne décevra certainement pas les fans de la première heure mais remet bien les choses en place, le hip hop est à la base du projet. La production de ce dernier est équivoque et même si le jazz est bien présent, c'est au service du hip hop. Les morceaux sont toujours aussi inspirés, la colonne vertébrale contrebasse-batterie distille un groove efficace tandis que les flows et le beat-box de Napoleon Maddox sont toujours aussi acérés. La formation s'est aussi considérablement élargie avec l' arrivée du batteur Hamin Drake (impressionnant en live), les saxophonistes Joe Fonda et Cocheme'a Gastelum ainsi que le bassiste et producteur Killa-O. Les invités apportent ici une maitrise technique à l'ensemble qui ne se dilue jamais et reste captivant de bout en bout. Des morceaux comme "Breeze", "Cake" ou "Dig" pour ne citer que ceux là sont de vrais petits trésors. Le collectif continue de renouveler son approche de ce style musical et c'est plutôt réalisé avec brio. Ce disque vient définitivement sceller la réputation de ces rebelles de Cincinnati qui auront été l'un des grands crus hip hop de la décennie qui s'achève. Sautez dessus. 

Iswhat?! - Big appetite - Almost music - 2009


Mumford & Sons « Sigh no more »

Marcus Mumford, Country Winston, Ben Lovett, et Ted Dwane, 4 jeunes Londoniens ont formé ce groupe en 2007 dans le but de jouer de la musique sans se prendre la tête. Aujourd'hui leur album figure dans quelques top de l'année 2009, principalement en Angleterre (N°16 pour le NME par exemple). Pourtant à l'image de la pochette à la Crosby, Still & Nash, la musique du même tonneau semble parfois d'un autre âge et un peu obsolète. Mais en s'y attardant, on est séduit par l'énergie des gamins et leur sens de la mélodie. Leur amour pour le folk et la country est mis en abime par Markus Dravs, déjà responsable du « Neon Bible » d'Arcade Fire. Et dans un style bien différent c'est avec ce groupe que la bande à Marcus semble avoir le plus d'accointance. Sans doute leur goût commun pour les harmonies et les avalanches de voix. Du coup on a le droit à quelques tubes comme « The Cave » ou « Little Lion Man » et bien d'autres excellents morceaux. La mélancolie est omniprésente, souvent en alternance avec des moments d'euphorie. Mais c'est là que le bât blesse, les morceaux sont vraiment efficaces mais la recette est presque toujours la même. Des morceaux folk-country avec guitares et banjos où la mélancolie transparait puis les chœurs, les cuivres et les cordes explosent dans une effusion sonore avant le retour au calme. Un album fort plaisant mais qui, du coup, risque peut-être de lasser sur la durée.

Mumford & Sons - Sigh no more - Islands - 2009


Buraka Som Sistema « Black Diamond »

Buraka Som Sistema c’est ce groupe lisboète qui a fait danser cette année les dancefloors du monde entier avec une musique à l’énergie incroyable. Il est constitué de 2 producteurs, originaires d'Amadora, quartier populaire très cosmopolite de la capitale portugaise, voisin justement du quartier de Buraka, et de 2 mc's, nés quant à eux en Angola et immigrés à Lisbonne. Leur musique reflète ce brassage culturel et intègre aussi bien  la drum’n bass que le  Kuduro, mélange d'électro et de rythmes traditionnels d’origine angolaise. Ce Kuduro, les Buraka Som Sistema l’ont transformé à leur propre sauce, le faisant passer des rues de Luanda aux clubs et discothèques de Lisbonne, de Paris, de Berlin, ou de Londres.  « Black Diamond » a 12 facètes explosives à l’image du tube « Sound of Kuduro » où  MIA Chante sur le refrain imparable « One shot, two shot, three shot, four ! Sound of Kuduro knocking at your door ! ». Alors ouvrez la porte et dansez maintenant !
Les Portugais ont le droit aux honneurs de la compile FabricLive (la 49ème). Leur mix contient entre autres des morceaux de DJ Riot, Nova Lima, Major Lazer ainsi que des nouveaux morceaux du groupe lui-même.

Buraka Som Sistema - Black Diamond - Fabric Records - 2009


"Le Vilain", Albert Dupontel

Pourquoi est-il aussi méchant! Le vilain marque le retour de Dupontel derrière la caméra après son magnifique Enfermé dehors. Ce quatrième film est une nouvelle fois l’occasion de rentrer dans l’univers trashi-burlesque du réalisateur. Cette fois-ci, sa caméra suit l’affrontement entre le vilain, un braqueur de banques manipulateur et sadique et sa mère, Maniette, une petite vieille naïve et bigote. Cette dernière ayant décidé de ramener son petit démon de fils dans le droit chemin, après avoir découvert sa vrai nature. A partir de là tout les coups sont permis! On retrouve ici l’esprit cartoon déjanté cher à Dupontel. Ce dernier affectionne particulièrement les héros ou plutôt anti-héros à tendance psychopathe, de Bernie avec sa pelle au Vilain et sa tortue. Il est une sorte de Charlie Chaplin sous acide, un Buster Keaton trempé dans le Fluide Glacial. C’est du Tom et Jerry, ou plus encore du Itchy et Scratchy à la sauce frères Coen. Plus ça fait mal plus c’est drôle! On prend plaisir plusieurs fois dans le film à voir le vilain préparer ses pièges loufoques que ce soit pour catapulter une tortue par la fenêtre ou encore se débarrasser de sa vieille mère en lui faisant tomber sur la tête tout une série d’objets contondants allant du lustre à l’horloge. D’un point de vue scénario, Albert Dupontel cherche continuellement l’originalité, qu’il s’évertue à mettre en scène avec le même esprit. Il évite ainsi les pièges du déjà-vu. Comme dans ses précédentes réalisations on retrouve son goût des cadrages alambiqués. Beaucoup de grand angle, quelques décadrés sympas. Tout cela contribue à accentuer l’aspect conte du film. À ce titre on sent parfois l’influence de Jeunet ou des déjà cités Frères Coen qui semble depuis longtemps être l’une de ses influences principales. D’un point de vue filmique j’entends. Étonnamment certains éléments du film m’ont rappelé aussi Retour vers le futur? Les réactions en chaîne permettant d’ouvrir la cachette du vilain par exemple ou encore ce camion noir qui le poursuit, peut-être l’élément le moins travaillé du film d’ailleurs. Ceci étant il permet à Dupontel de nous servir quelques scènes d’actions dans lesquelles comme à son habitude il effectue lui même ses cascades. Par ailleurs, Les deux acteurs principaux, Catherine Frot et Albert Dupontel “himself”, ainsi que les second rôles (Nicolas Marié, Bouli Lanners), prennent un plaisir évident à se grimer, et se déguiser donnant au film son côté farce et clownesque. La scène où Dupontel se déguise pour prendre le rôle du fils handicapé de la voisine de sa mère est extrêmement drôle. Au final, le dernier opus de Dupontel, permet à ce dernier de poursuivre une œuvre cohérente qui lui ressemble. Depuis son début de carrière, en tant que comique avec des sketchs comme Rambo, Il y a chez lui quelques constantes, qui font de lui un auteur à part entière qui compte dans le paysage cinématographique français. Il se fait plaisir, mais il n’oublie jamais le spectateurs. Même si le Vilain n’est pas le film de Dupontel que je préfère, j’aurais beaucoup de plaisir à le revoir, comme j’en ai eu à revoir ces précédents que j’ai parfois trouvé plus drôle la seconde fois que la première et c’est une qualité rare! Pour ceux et celles qui veulent en savoir plus sur cet auteur, je laisse le lien de son site ici. Pour l'extrait j'ai choisi celui qui suit pour la simple et bonne raison que la scène existe dans le film mais n'est pas montée de la même façon.

Le Vilain - Albert Dupontel - 2009 - Studio Canal


« Inimaginaire», Pierre Coran

Dans ce joli petit recueil de poésie à lire avec vos enfants, Pierre Coran explore le langage, le triture, pour le rendre sonore et amusant. Certains poèmes évoquent Jacques Prévert et Coran avoue qu'il suit "la piste du perroquet" en expliquant qu' "il est tentant, par amusement ou par dérision, d'imiter des poèmes d'auteur. Certains textes poétiques s'y prêtent, d'autres moins. Pas trop n'en faut cependant !". Mais Coran est un poète d'aujourd'hui et il observe le monde actuel et son langage. Ainsi l'auteur chemine aussi sur "la piste du verlan" dans le très beau SEBI. Et si les textes présentent un côté enfantin dans leur simplicité et dans les thèmes évoqués, l'écriture n'est pas bébête et Coran n'hésite pas à peupler son univers de "pipistrelles" et de "valétudinaire", de "papou", de "cagou" et d' "aptéryx". On a le sourire aux lèvres quand on parcourt ces pages et on se surprend parfois à avoir envie de lire ces lignes à haute voix. La poésie a bien des avantages pour les petits lecteurs ; on peut en lire une page de temps en temps, relire un texte qu'on connaît déjà ou piocher au gré de nos inspirations en passant des pages. Le recueil bénéficie en plus d'une discrète mais jolie mise en page. Plaisir et liberté doivent rimer quelque part avec poésie.
Le poème liminaire qui donne son titre au recueil va bien à De la lune...

Inimaginaire 

Une planète
Tourne en ma tête,
Tourne sans trêve. 

Une planète
Tourne en ma tête.
Elle m'enlève. 

Tourne en ma tête
Une planète,
Tourne sans trêve. 

J'y suis, j'y rêve.

Inimaginaire, Pierre CORAN, Bruxelles : Labor, 2000.

Bilan des Transmusicales 2009

Le marathon des Transmusicales commença pour moi le Jeudi 3 Décembre au Liberté avec V.V Brown qui ne fit pas grande impression avec sa rétro r'n'b. Ça se regarde mais il ne se passe pas grand chose finalement. La salle de l'étage était quasiment inaccessible à moins de venir se poster devant la scène un bon moment avant chaque concert. Avec Grandgibbon on décide d'aller squatter la buvette en attendant Abraham inc., et là stupeur, il fallait aussi être très patient pour s'envoyer un verre. En bons alcooliques nous décidons de prendre cette queue interminable et de bien se placer pour Krakauer et sa bande. On en attendait beaucoup espérant que ce concert nous ferait passer la frustration engendrée par le début de soirée. On ne peut pas dire que l'on ai sauté de joie à la fin. Le début est catastrophique, notamment à cause d'un son pourri où l'on entend à peine les cuivres. doucement tout se met en place mais contrairement à il y a quelques années à la Cité, l'ensemble manque cruellement d'énergie, on y prend quand même un minimum de plaisir mais on attendait vraiment autre chose de leur part. On essaye une nouvelle fois l'étage, peine perdue. Finalement la déception l'emporte et on plie les gaules en attendant le Parc des expos le lendemain.

Le Vendredi 4 je me concentre sur Terry Lynn pour commencer, accompagnée par 2 batteries, une grosse caisse et un Dj, la Jamaïcaine enchaine des morceaux à la rythmique bien lourde et efficace et quand Kingstonlogic débarque dans une très longue version, le hall 9 s'embrase. Son show dancehall fait un tabac. Je passe sur Jessie Evans, pas mal du tout et sur Détroit social club, vraiment moyen. Une ambiance vraiment différente m'attend hall 9, Fever Ray débarque dans une fumée et quasi obscurité pour ce qui sera le sommet de la soirée, l'ambiance est étonnante mais le show est captivant. la musique sombre et la voix de Karin Drejer Anderson font forte impression n'en déplaise à un certain Gurvan qui trouva cela "nul". Je me dirige ensuite hall 4 ou Major Lazer doit sévir et je ne vois que Diplo derrière les platines, Switch est aux abonnés absents. Légère déception qui se dissipe rapidement grâce au talent du DJ, une vraie bête capable de retourner un dancefloor sans problèmes. Ses rythmiques electro ragga font mouche. C'est certes très sexuel mais redoutable. Pour finir ma soirée un petit tour du côté de Sollilaquists Of Sound qui enchainent les morceaux hip hop avec visiblement beaucoup de plaisir, j'en prends moi aussi.

Le Samedi 5 Décembre j'entame la soirée à la Cité avec The Agitator. Derek Meins, accompagné de son batteur, nous fait profiter de son bel organe vocal dans un style très crooner. Morceaux jazzy ou rythm'n'blues s'enchainent, c'est évident qu'il a du coffre mais j'en ai marre de l'entendre brailler finalement. Naomi Shelton arrive ensuite avec ses jeunes Gospels Queens. La diva nous distille quelques beaux moments soul et laisse même 2 de ses jeunes queens à la manœuvre sur quelques morceaux, elles s'en sortent très bien. Je regrette juste l'absence de quelques cuivres qui aurait certainement fait de ce live un must. Je file ensuite avec Maï au Parc des expos pour ne pas manquer Sixto Rodriguez. La maison poulaga ayant décidé de faire souffler toutes les voitures se dirigeant vers le site, on a bien failli le louper mais le papy nous a attendu pour nous proposer ses petites folks songs tranquilles en prenant tout son temps. Il sublime sa voix sur quelques morceaux et ces quelques éclats rehaussent une prestation quand même bien pépère. Retour hall 9, le rouleau compresseur électro est en route, ça se bouscule là-dedans. Mr Oizo balance un mix efficace mais plus classique que ses productions. N'aurait-il pas pu essayer un set plus expérimental devant une telle affluence ? La trouille de voir le hall se vider peut être. Enfin bref je retourne hall 3 pour la plus grande claque de la soirée : BLK JKS, les sud-africains. Que dire ?, des ambiances dub qui se transforment en rock progressif ou jazz et qui repartent vers l'Afrique ou inversement, le tout en anglais et zoulou dans des morceaux qui dépassent souvent les 10 minutes. Avec un mélange de douceur et de rage évidente. On est scotché, ce fut je pense le concert le plus saisissant. je vous avoue que la suite fut pour moi un peu bâclée et que je ne me suis pas assez arrêté sur les concerts pour donner mon avis.

Je laisse là l'édition 2009 qui fut à la hauteur de sa réputation, entre joies et déceptions. Cela reste quand même un festival énorme et un vrai vivier de talents. Vivement la prochaine programmation.
Le blog des Transmusicales 2009

Aperçu de la soirée du samedi :

Pax Nicholas and the Nettey Family « Na Teef Know De Road of Teef »

C'est un plaisir immédiat qu'on éprouve à l'écoute des 4 morceaux qui constituent cette petite galette. Un pur moment d'afro funk avec une superbe rythmique, un clavier et des guitares au son bien 70's comme on les aime, et des cuivres qui pourraient être joués par Antibalas aujourd'hui. On retrouve le son des meilleurs albums de Fela, la puissance de la voix de Mister Kuti en moins. Tout ça est bien logique puisque Pax Nicholas était, durant les années 70, membre des Africa 70 en tant que percussionniste et choriste. C'est à cette époque, en 1973 exactement, que ce disque a été enregistré à Lagos avec d'autres musiciens des Africa 70. Mais Fela goutait très peu la concurrence et n'a pas permis la sortie ce disque, du coup, resté dans les cartons. On peut aujourd’hui remercier le cratedigger Franc Gossner du site Voodoo Funk qui a proposé à ses amis de Daptone Records, reconnus pour leurs productions estampillées Soul-Funk tels Sharon Jones, The Budos Band, et Menahan Street Band, de ressortir cette perle inconnue. Une perle qu’il avait lui-même découvert chez un disquaire de Philadelphie il y a quelques années. Cette petite merveille risque de donner une deuxième vie à la carrière artistique de Nicholas Addo-NETTEY, aujourd'hui installé à Berlin, ville qu’il avait rejoint à l’occasion du Festival de Jazz de 1978 et qu’il n’a plus jamais quitté fuyant ainsi la dictature nigériane. Une belle histoire pour une bien jolie galette qui s'écoute en boucle!

King Midas Sound « Waiting For You »

King Midas Sound nous propose en cette fin d'année, une musique dub à l'atmosphère souvent étouffante voir carrément angoissante. La musique est signée Kevin Martin, musicien londonien, connu pour différents projets comme The Bug, ou diverses collaborations avec des musiciens aussi différents que John Zorn, DJ Vadim ou Anti-Pop Consortium. Il est rejoint ici par le poète d'origine trinidadienne Roger Robinson, maître du spoken word, déjà présent sur "You & Me" de The Bug pour une collaboration étonnante. La voix à peine chantée, et à la limite du murmure contrebalance les ambiances souvent urbaines de son collègue. Elle est posée sur une sorte de dubstep vaporeux, pour une musique vraiment étrange qui ne ressemble à rien d'autres même si ça nous rappelle quelque part la musique d'African Head Charge des années 90 ou le Maxinquaye de Tricky. Et lorsque la chanteuse Kiki Hitomi qui officie habituellement avec Dokkebi Q, autre groupe de dub londonien, vient apporter sa douceur à la manière d'une Martina Topley Bird ça ne fait que renforcer notre impression. Parfois Robinson, que certains comparent aux reggae-lovers comme Gregory Isaacs, déclame ses textes à la manière d'un LKJ comme sur le superbe « earth a kill ya » ou sur « Sometimes ». Si vous n'êtes pas claustrophobe et que vous n'avez pas peur du noir, plongez vous dans cet album, vous ne le regretterez pas!

King Midas Sound - Waiting For You - Hyperdub Records - 2009

Voici « Cool out » et le Fact Mix n°103 de King Midas Sound réalisé pour Fact Magazine en novembre 2009 avec entre autres Burial, Gregory Isaacs, Sade, Vincent Gallo et King Midas Sound évidemment :


Sleep (Of Oldominion) « Hesitation Wounds »

Il est vraiment facile de passer à côté de cet album, déjà parce qu'il est sorti à la fin du mois de juin, une période généralement peu propice à la découverte musicale. Mais aussi et surtout en raison de sa pochette qui laisse plus augurer d'une musique style Megadeth ou autres groupes aux noms improbables comme Decapitated, Monstrosity, ou Pitbulls In The Nursery. Alors Si on n'est pas fan de death metal, on a de grandes chances de laisser ce disque de côté et c'est bien dommage parce qu'on a ici un formidable album de hip-hop. Sleep (Of Oldominion) tire son nom de paroles de Nas « I never sleep because sleep is the cousin of death ». Ce qui donne une idée de la tonalité de l'album. Mais l'atmosphère a beau être plutôt sombre, paradoxalement, c'est une énergie très positive qui en ressort. Sur une musique constituée d'un mélange de samples et d'instruments joués live, une espèce de jungle bourrée d'énergie, le MC américain pose son flow de cinglé à la rapidité parfois vertigineuse. On dodeline de la tête du début à la fin et certains titres sont de véritables tueries comme « Gineli », titre drum'n'bass hyper funky ou encore « Orchestra Of Strangers », une bombe, qui fait d'ailleurs tic-tac, et nous fait chavirer avec le flow incroyable du MC et Toni Hill au refrain. Cet album est signé chez Strange Famous Records, le label de Sage Francis, dont le nom est à lui seul gage de qualité. Il ne reste plus qu'à faire abstraction de la pochette!

Sleep (Of Oldominion) - Hesitation Wounds - Strange Famous Records - 2009

“Lucky Luke” , James Huth

J’y vais j’y vais pas... J’ai pas mal hésité à aller voir ce film. Pour la simple raison que chat échaudé craint l’eau froide! les adaptations de bande dessinée en France sont souvent ratées voir même carrément à côté de la plaque. Je me souviens de Blueberry, l’une de mes BD favorite, il y a deux ou trois ans, pourtant réalisé par Kounen, au final il n’y avait plus que le titre qui était en rapport avec la BD ou presque. Une chose que ne ferait jamais les créatifs d’Hollywood même s'il leur arrive aussi de rater une adaptation. Il faut toujours respecter la BD d’origine si on veut en faire un film. Je conseille a ce propos a tous, the Spirit ou Watchmen. En France seul Chabat avec son Astérix et Cléopatre a vraiment réussi son adaptation, j’ai aussi vu dernièrement Largo Winch que j’ai plutôt apprécié, ceci étant je ne suis pas un grand connaisseur de cette série. Enfin bref, Lucky Luke, le héros de mon enfance sur grand écran, avec Dujardin et un style western spaghetti! Tout ce que j’aime. Finalement, je me suis laissé tenter—Le film commence assez mal pourtant, par une scène ou Lucky Luke enfant qui se fait alors appeler John voit ses parents se faire tuer devant ses yeux par trois bandits du gang des tricheurs. La scène rappelle le début de Nevada Smith avec McQueen d’autant que la mère du petit John est une indienne comme celle de Nevada. L’idée de parler de l’enfance de Lucky Luke est plutôt intéressante. A ma connaissance il n’y a pas eu d’album relatant “la jeunesse de Lucky Luke” donc pourquoi ne pas l’inventer? Malheureusement cette scène d’ouverture est assez pauvre d’un point de vue scénaristique. Elle ressemble a une scène basique d’introduction de western banale qui voit naitre un vengeur! Quid de Lucky Luke là dedans? Déjà c’est assez violent pour un film vendu à partir de 6 ans, puis la violence n’est même pas drôle. Il aurait été marrant d’avoir là , une scène rigolote qui explique pourquoi le héros est si rapide par exemple. C’est juste une suggestion. Heureusement la suite est de meilleur augure et l’on assiste à la présentation de Lucky Luke-Dujardin (avec un physique un peu plus longiligne il aurait été parfait, mais il est quand même un bon Lucky Luke) dans une séquence générique ou on le découvre comme dans la BD tirant plus vite que son ombre et contrairement à la pauvre adaptation de Terrence hill , il a son costume et sa mèche! L’ambiance se met doucement en place. Je n’ai pas lu un Lucky Luke depuis bien longtemps mais étant enfant, je les ai tous lu depuis les éditions Dupuis (dont les premiers épisodes était certes plus violent) jusqu’à Daisy town aux éditions Dargaud en 83. époque à laquelle lucky Luke à arrêté de fumer. Il y a un gag a ce propos dans le générique de fin. J’ai au fil du film retrouver plein de petites choses assez drôle qui me sont revenu en mémoire. (il fait du ski nautique tiré par Jolly Jumper, le wagon enfumé du président, la cascade à cheval façon Mario Luraschi pour cueillir une marguerite au sol. etc) le réalisateur James Huth à soigné sa réalisation et le film est visuellement très chouette avec plein d’idée de cadrage rigolo. Plus qu’une adaptation son film est un hommage a Morris et Goscinny comme il est souligné dans l’exergue. Et on voit qu’il connait bien la BD. Il a même par instant, un peu rare toutefois joué avec la colorimétrie des arrière ou avant plan d’un cadre. C’est une des marques de fabrique des BD de l’époque (sûrement pour des raisons économique): l’encrage d’un avant plan pouvait être tout bleu par exemple et il est aujourd’hui possible au cinéma de créer ce genre d’effet facilement. Les acteurs qu’il a choisi, issu du cinéma populaire national (Dujardin, Youn) ou du cinéma plus auteuriste (Testud, Poupaud) soutenu par les vieux de la vieille (Prévost qui joue le méchant Pat poker) ainsi que Jean-François Balmer sont tous au diapason. La fin du film est assez sympa et le décors est vraiment hallucinant. Il y a beaucoup de référence musicale au western années 50 avec notamment “si toi aussi tu m’abandonnes” chanson du train sifflera trois fois et même à Elvis. Que manque t’il alors a ce film? Sûrement un scénario un peu mieux construit. Il est toujours étonnant de voir qu’un film de ce calibre qui est clairement défini comme étant un produit commercial destiné à attirer le plus de spectateurs possible , (puisque qu’il adapte la bande dessinée qui après Astérix est la plus populaire en France) se fasse sur un scénario décousu. L’apparition de certains personnages qui se fait dans l’allée centrale de la ville Daisy Town est un peu toujours fait de la même manière, (ça rappelle un peu le film de Raimi , Mort ou vif avec Sharon Stone) d’autres comme Fil de fer ou même Calamity Jane sont sous employés. Et pour un budget de 27 000 000 euros ont aimerais surtout que les gags pleuvent un peu plus notamment à l’arrière plan histoire de pouvoir revoir le film avec encore plus de plaisir. Ici les figurants sont justes des figurants et comme nous ils regardent les vedettes faire leur numéros. On a parfois l’impression de voir des sketchs s’enchainer. Pour exemple, la scène ou Lucky Luke découvre que Jolly jumper parle, est plutôt rigolote si on a gardé un esprit d’enfant mais ça n’empêche que par la suite le cheval ne parle quasi plus. Voilà une occasion ratée ou les scénaristes auraient du y aller! Il faut que ça envoie un peu plus. Un peu mou du genoux comme on dirait. J'aurais bien aimé voir Lucky Luke mettre une fessée à Billy the Kid comme dans la BD. Ceci dit, je pense que le film devrait correctement remplir les salles, et s'ils ont dans l’idée de faire une suite, il faudrait décider Jamel Debouze à accepter le rôle de Joe Dalton comme il en avait été question avant l’adaptation faite avec Eric et Ramzy. Et ce qui pourrait être encore mieux grâce aux effets spéciaux possibles aujourd’hui c’est qu’il interprète carrément les 4 frères à lui tout seul voir même Ma Dalton. Comme le fait souvent Eddy Murphy dans ses films.

Lucky Luke - James Huth - UGC - 2009