Affichage des articles dont le libellé est Cobalt. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cobalt. Afficher tous les articles

Zanmari Baré « Mayok Flér »

Zanmari Baré est un véritable disciple de Danyél Waro, le chantre du maloya, cette musique héritée du chant des esclaves, longtemps dénigrée, voir quasi-interdite jusqu'au début des années 80. La voix est proche, on retrouve la même langue créole qui invite au voyage et une même poésie. La filiation est évidente et Zanmari ne s'en cache pas. Le maître lui a d'ailleurs prêté ses musiciens perso (dont son fils Sami à la kora), lui a aussi offert un texte inédit « Dori La », écrit en 1987, et on le retrouve même sur le titre a capella «  Nout Lang » pour un duo très touchant. Zanmari Baré est né en 1969 à St-Denis de la Réunion. Et il avoue ne pas être tombé dans la marmite du maloya à la naissance puisque ce n'est qu'à partir de la fin des années 90 qu'il a commencé à s'intéresser au kabar, ces rencontres de maloyers qui lancent la romans’, et plus particulièrement au kabar a tèr. Il se fait ensuite connaître avec son groupe Lansiv, qui se forge une grosse réputation sur l'île, avant de disparaitre en 2008. Zanmari se consacre alors à son métier d'éducateur spécialisé. Ce n'est qu'aujourd'hui, à à plus de quarante balais que Zanmari Baré sort son premier album solo. Son maloya est doux, sensible et fragile. Il tourne principalement autour des voix, la sienne bien-sûr mais aussi de superbes chœurs, et quelques percussions discrètes. L’héritier est là ! Longue vie au maloya !

Zanmari Baré - Mayok Flér - Cobalt - 2013

Danyel Waro « Aou Amwin »

Danyel Waro est un artiste fascinant, et tous ceux qui ont eu la chance de le voir sur scène se souviennent certainement de son aura exceptionnelle. Accompagné principalement de percussions fabriquées maison, il exprime sa poésie créole tout en mélodie, avec une voix reconnaissable parmi mille. « Aou Amwin » est un double album de près de deux heures bien loin des formatages de l'industrie musicale. Le contraire nous aurait surpris de la part de cet artiste, libre et insoumis. Ici, son maloya, toujours basé sur les percussions, s'ouvre à de nouvelles cultures. Il interprète ainsi « Veli » signé Titi Robin, il collabore avec le groupe de polyphonie corse A Filetta, sur 3 titres, notamment le sublime « A paghjella di l'impiccati / sin bénwa », mais aussi avec le rappeur sud-africain Tumi sans son Volume, pour un « Mandela », écrit pour célébrer la libération du grand homme sud-africain et déjà enregistré en 2002 sur « Bwarouz ». Il s'ouvre aussi aux cordes, tel le takamba (espèce de banjo gnaoua) sur le titre «  Alin », ou sur le très sensuel « Voulvoul » (il faut lire la traduction française pour vraiment s'en rendre compte). En s'ouvrant ainsi à de nouvelles cultures, Danyel Waro propage la batarsité de son maloya à travers le monde pour notre plus grand plaisir.

Danyel Waro - Aou Amwin -Cobalt - 2010