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The Uncluded « Hokey Fright »

The Uncluded est un projet qui réunit Kymya Dawson, figure emblématique du mouvement anti-folk, surtout connue pour la B.o. du film « Juno », et Aesop Rock, producteur de hip-hop, auteur de 6 albums dont l'excellent « Skelethon » sorti l'an dernier. L'association des deux univers peut paraître surprenante mais quand on y regarde de plus près, elle l'est beaucoup moins. En effet ils ont déjà collaboré sur leurs albums solos respectifs puisque Kymia Dawson apparaissait déjà sur « Crows 1 » l'un des meilleurs titre du dernier album d'Aesop, qui lui avait déjà prêter main forte sur trois titres de « Thunder Thighs » dont l'excellent « Miami Advice ». Sur cet album, entièrement conçu et réalisé par les deux protagonistes, mis à part la batterie de « Delicate Cycle » joué par  James McNew de Yo La Tengo, Aesop Rock balance ses lyrics comme un boxeur des directs du droit, donnant une nouvelle dimension au chant enfantin  et aux mélodies bricolées de Kymia. Un album d'une fraicheur rare et régénératrice malgré des thèmes abordés pas très joyeux.

The Uncluded - Hokey Fright - Rhymesayers - 2013


Aesop Rock "Skelethon"

Voici une bien bonne nouvelle, cinq ans après "None shall pass", le nouvel opus d'Aesop Rock débarque enfin. Dire que "Skelethon" était attendu est un doux euphémisme, en particulier depuis la sortie du terrible single "Zero dark thirty". Alors voilà, l'album est bel et bien là et avant toute chose, il me faut avouer avoir un faible pour ce monsieur. A la deuxième écoute de "Skelethon", je suis déjà accro et je confirme qu'Aesop Rock frappe un grand coup dans  le milieu hip hop de 2012, certainement le plus fort. Totalement auto-produit et entouré de quelques guests très intéressants comme Hanni El Khatib ou Rob Sonic, "Skelethon" ne fait finalement que confirmer l'étoffe de compositeur de Ian Mathias Bavitz. Les productions ont une véritable épaisseur et ne sont pas juste là pour servir son flow. Sa voix n'a pas changée mais sur quelques pistes, une légère mutation s'est opérée et ses flows sont alors plus mélodiques. Le débit reste toujours aussi rapide et tranchant quand il le faut. Inutile de tourner autour du pot, il n'y a rien à jeter dans "Skelethon", les morceaux ne faiblissent jamais et en plongeant dans cet univers on est tout de suite saisi par la qualité et l'évidence d'écouter un grand disque. "zzz-top", "1'000 o'clock", "Cycles to gehenna", etc.. Il n'y a de toute façon que des bombes et je dis cela bien évidemment sans indulgence. J’arrête là-dessus cette chronique qui manque assurément d'objectivité mais quand on aime .... Quel talent ! Aesop Rock est un grand !

Aesop Rock - Skelethon - Rhymesayers - 2012

Doomtree "No kings"

Les 7 membres du collectif Doomtree sont de retour avec leur second album "No kings". Depuis leur mash up réussi "Wugazi" où cohabitaient le Wu-tang clan et Fugazi, la suite de leurs aventures était sérieusement attendue. Leur premier album, nonobstant quelques belles pistes, manquait un peu de liant entre les différents flows des membres de l'équipe. Sur "No kings", on sent que le travail sur "Wugazi" leur a été bénéfique, puisque ça roule parfaitement et on songe aisément à l'époque où le Wu-tang était une vraie machine de guerre et où tous les protagonistes avaient leur place dans la structure. Mais la comparaison s'arrête là car Doomtree ne vient pas de New York mais de Minneapolis. Donc niveau cohésion ça fonctionne, le disque dispose d'une énergie considérable et ne consent aucun essoufflement. Les ambiances sont variées, parfois oppressantes. Doomtree ne fait pas toujours dans la finesse mais leur musique n'est jamais lourde et ne tombe pas dans les poncifs du genre. Les samples, sans en mettre plein la vue, touchent au but. Le plaisir s'amplifie en avançant dans l'album. "Beacon" et "Punch out" sont deux bijoux et "Gimme the go" enfonce le clou. Le Minnesota grâce à Rhymesayers consolide sérieusement sa bonne place dans le hip hop US. Et le "No kings" de Doomtree est, quand à lui, l'un des "must have" de 2011.

Doomtree - No Kings - Rhymesayers - 2011

Grieves « Together/apart »

« Together/appart » est le 3ème album de ce MC de Seattle, et son premier sur le label Rhymesayers, aux côtés d'artistes de référence tels Brother Ali, BK-One ou Atmosphere. Un album très homogène, sans véritable coup d'éclat, mais d'une qualité globale indéniable. Son flow sert de fil conducteur, et les accompagnements de son acolyte Budo, producteur, multi-instrumentiste, véritable touche à tout, sont toujours au diapason. Grieves joue sur un fil, entre ombre et lumière, mais loin de basculer du côté sombre, il semble même souvent pencher vers la lumière. Les touches de piano, tout comme les cuivres jazzy, servent à merveille la mélancolie douce, alors que les claviers sonnent généralement plus soul-funk, et la guitare électrique génère une tension et du relief à l'ensemble. L'album aurait encore gagner en densité s'il avait été un poil plus court, mais il est difficile de faire la fine bouche devant une telle qualité.

Grieves - Together/apart - 2011 - Rhymesayers

BK-ONe " Radio Do Canibal "

Les voyages forment l'imaginaire, pour BK-One illustre dj de Brother Ali c'est en Amérique Latine lors d'un séjour au Brésil que l'inspiration s'est faite sentir. Associé au producteur Benzilla, ils nous livrent un opus hip-hop de facture classique mais garni de samples de bossa, fado, ou funk brésilien et même si on aurait aimé que les producteurs jouent encore plus a fond la carte brésilienne, on se laisse manger avec plaisir par ce réjouissant "Radio Do Canibal", plaisir que semble avoir partagé la pléiade d'invités de renom qui ont prêté leur flow a cet opus, tels que Brother Ali, Krs-One, Blackthought et bien d'autres. Vivement conseillé.

BK-One - Radio Do Canibal - Rhymesayer - 2010 

Slug & Murs presents "Felt 3" ( a tribute to Rosie Perez )

Après un soutien à Christina Ricci et Lisa Bonet sur les 2 précédents volumes, Slug & Murs nous présentent "Felt 3 (a tribute to Rosie Perez)". Si la dédicace à l'actrice (Chi8, que devient-elle ?) ne nous touche pas plus que ça, le disque quand à lui mérite franchement qu'on s'arrête dessus. Aesop Rock prend ici les commandes avec des beats où alternent agressivité, finesse ou old school. Sa production balance entre titres festifs et morceaux plus bruts, il en profite pour faire exploser sa créativité. Ses 2 compères rappeurs ne sont pas en reste, leurs flows sont taillés pour ce genre de son. Ils ont trouvé avec Aesop Rock les morceaux où ils peuvent au mieux exprimer leur talent à grands coups de rimes maitrisées. Si les deux premiers "Felt" étaient quand même un niveau en dessous, ce 3ème volume nous envoie deux bonnes nouvelles, le hip hop underground est loin d'avoir dit son dernier mot et Aesop Rock, pour sa première en tant que producteur, frappe très fort.

Slug and Murs - Felt 3 -Rhymesayers - 2009

Brother Ali « Us »

C'est l'un des meilleurs albums hip-hop de l'année que nous propose Brother Ali, le MC albinos de Minneapolis. Cet album débute avec Chuck D, le fondateur de Public Enemy, en prédicateur, clamant « Put your hands together and welcome » accompagné d'un chœur gospel. Alors on se prend les mains et avec « The Preacher », ses cuivres énergiques et le  flow affuté du brother, on plonge dans cet album de hip-hop funky à souhait. Pas étonnant d'ailleurs puisque c'est Ant, responsable de l'un des meilleurs albums du genre en 2008 avec Atmosphere, qui est aux manettes! On a aussi le droit a des pépites plus soul avec un tempo qui ralentit dont le point culminant est certainement « You Say (Puppy Love) » avec ses cordes à la Motown et chanté à la manière torride d'un Donny Hathaway. Mais les magots restent les titres funky comme le très Princier « Fresh air », avec boucles de guitares et synthé vintage ou encore « Tight Rope », l'un des tubes de l'album. Mais Brother Ali nous réserve d'autres plaisirs comme un blues hybride avec « Breakin Dawn » et des sonorités africaines sur « The Travelers » avec une mélodie entêtante jouée au xylophone.

Brother Ali - Us -Rhymesayers - 2009