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Massive Attack « Heligoland »

Au début des années 90, à une époque où les skeuds se vendaient encore en magasin, le moindre mouvement musical donnait naissance à une étiquette. Il fallait bien ranger les disques en rayon! C'est comme ça qu'est né le trip-hop, à la faveur de l'émergence de groupes, pour la plupart issus de Bristol, jouant un mélange de soul et de hip-hop, de new wave et de reggae. On prévoyait alors une vie éphémère à ce mouvement purement marketing et de nombreux groupes ont disparus. Mais le talent n'a pas besoin d'étiquettes et Portishead, Tricky et Massive Attack proposent, encore aujourd'hui de savoureux albums. Avec « Third », Portishead a sorti l’un des albums les plus marquant de l’année 2007, Tricky trace sa route avec plus ou moins de réussite, à l'image de sa récente rencontre avec South Rakkas Crew, et Massive Attack, 7 ans après « 100th Windows » et 19 ans après le désormais classique « Blue Lines » sort « Heligoland », son 5ème album. Avec des invités de premier choix comme Martina Topley-Bird, l’ex égérie de Tricky, ou encore le fidèle reggaeman Horace Andy, l'album tient plutôt bien la route malgré des transitions pas toujours très soignées. « Pray For Rain » est un morceau d’ouverture bien consistant en collaboration avec Tunde Adebimpe de TV On The Radio, et « Atlas Air » évolue en pur morceau électro sur plus de 7 minutes pour un final de toute beauté. Entre les deux « Splitting The Atom » nous ramène au début du groupe et « Paradise Circus » est un petit bijou pop avec la voix sensuelle de Hope Sandoval. Finalement, il ne manque peut-être qu'un gros single pour faire de cet album une réussite totale, mais même la collaboration avec Damon Albarn sur « Saturday Come Slow » ne donne pas le résultat escompté. Quoiqu'il en soit, le trip-hop n'a peut-être jamais existé mais Massive Attack est bel et bien en vie ! 

Massive Attack - Heligoland - Virgin - 2009

La vidéo ci-dessous de « Paradise Circus » est constituée d'une interview d'une vieille femme, Georgina Spelvin, ancienne star du porno racontant ses souvenirs de tournages, entrecoupée de scènes d'un film porno de 1973 "The Devil in Miss Jones". Éloignez les enfants!



Jamie.T « Kings & Queens »

« So British » !!! Voilà ce qu'on se dit après l'écoute du deuxième album de Jamie T, jeune artiste de 23 ans, originaire de Wimbledon, dans la périphérie de Londres, là même où se déroule chaque année le célèbre tournoi du Grand Chelem de tennis. Mais Jamie.T ne nous propose pas une musique policée à l'image du tournoi sur gazon où les joueurs ont le devoir de se vêtir tout en blanc et de réaliser des courbettes devant Sa Majesté la Reine. La musique de ce mec vient de la rue, influencée autant par le punk et la pop que par le hip-hop. Il a du écouter en boucle « Sandinista » et « Combat Rock » des Clash, mais aussi Mike Skinner à qui il a été comparé dès la sortie de son 1er album « Panic Prevention ». Ses deux premiers singles, « Stick'n Stones » et « Chaka Demus », chansons courtes aux refrains accrocheurs, prouvent à eux seuls l'efficacité de ses compositions. Mais sur cet album on retrouve aussi des titres folk acoustiques, « Emily's Heart » ou « Jilly Armeen », et sur « Earth Wind & Fire », il sample la voix de Joan Baez preuve de son respect pour Dylan et tout son univers. On entend aussi des titres influencés par ses contemporains MIA ou Arctic Monkeys sur « 368 » et « Castro Dies ». Un album aux mélodies positives et à l'énergie communicative, bien loin, très loin même, des travées discrètes du stade de Wimbledon.

Jamie.T - Kings & Queens - Virgin - 2009

Meilleurs albums 2008 - n°16 - Laura Marling « Alas I Cannot swim »

Elle est Anglaise, a à peine 18 ans, n’est pas dans la même mouvance pop que ses compatriotes Kate Nash ou Lily Allen, et d’ailleurs n’en supporte pas tellement la comparaison. Ici c’est un folk simple, épuré et émouvant influencé par ses amours de jeunesse Bonnie Prince Billy, Bob Dylan et Joni Mitchell. Le début de l’album nous fait découvrir une voix à la maturité surprenante mais aux accompagnements (guitare acoustique, cordes) un peu trop mielleux. Par la suite, le rythme s’accélère parfois et le fantôme gracieux d’Alela Diane apparait de temps en temps. Un album simple pour un plaisir simple.Site officiel de Laura Marling

Laura Marling - Alas I Cannot swim - 2008 - Virgin