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Jacaranda Muse « September sun»

En ce début de l'an 13, il reste de nombreuses pépites millésimées 2012 à découvrir. C'est le cas de Jacaranda Muse, groupe du Zimbabwe révélé au Festival International des Arts à Harare en 2011, qui propose une musique métissée de jazz et de pop. Et même si le quatuor a su garder une âme africaine avec notamment la sonorité du mbira, on est loin du fantasme de la world music "traditionnelle". Cet album se révèle, malgré tout, un pur bonheur pour les oreilles et une douceur pour l'esprit. Les titres chantés (qui rappelle parfois le meilleur de Joe Jackson) à la simplicité apparente et au plaisir immédiat, alternent avec des titres plus jazzy, souvent instrumentaux, plus complexes et plus exigeants (avec un bonheur de sax). Pas de doute, le label parisien Heavenly Sweetness (Anthony Joseph, Blundetto, Guts…) nous a une nouvelle fois dégoté une petite merveille.

Jacaranda Muse - September sun - Heavenly Sweetness - 2012


Anthony Joseph & The Spasm Band « Rubber Orchestras »

Anthony Joseph nous avait enthousiasmé avec « Bird Head Son », un « jubilatoire melting pot de black music », au point de se hisser au sommet de nos meilleurs albums de l’année 2009. Il revient sous la houlette du producteur Malcolm Catto, batteur et leader du groupe The Heliocentrics, avec un Spasm Band, en partie renouvelé. La musique n'a pas pour autant fondamentalement changé, Anthony Joseph pose toujours son spoken word sur un mélange de funk, de jazz, d'afrobeat et de musique caribéenne. Le son est juste devenu un peu plus lourd voir plus "rock". « She is the sea », le premier single, est la porte d'entrée idéale à ce nouvel album qui ne s'appréhende pas forcément facilement, avec des morceaux qui font 8 minutes en moyenne. Ce morceau, bien représentatif de l'ensemble, est énorme. Il débute avec des cuivres dignes d'Antibalas et termine en espèce de free-jazz-rock indescriptible. « Griot », "the sound of universal culture" n'est pas mal non plus sans parler de la puissance des cuivres sur « Damballah ». Et avec des invités comme les musiciens de The Heliocentrics, la chanteuse Jasnett Lind, ou encore  Jerry Dammers, le fondateur de The Specials sur le poème lancinant « Generations », ce nouvel album s'avère être une véritable réussite.

Anthony Joseph & The Spasm Band - Rubber Orchestras - Heavenly Sweetness - 2011 

Blundetto "Bad bad things"

Rares sont les artistes français qui pour leur premier album peuvent afficher une liste de guests aussi riche et fournie. Jugez plutôt : Lateef, General Electriks, Tommy Guerrero, Shawn Lee, Le Budos Band, Hindi Zahra et Chico Mann. Ce petit chanceux se nomme Blundetto, le style et le bon gout de ses mixs "No ID, no entry" ont certainement chatouillé les oreilles de cette belle brochette d'artistes. "Bad bad things" nous propose un condensé de 12 titres où l'on ressent l'amour de son auteur pour le reggae, la soul, l'electro, le funk , le dub et les ambiances plus latines. Ce disque se déguste tranquillement en appréciant le soin porté à la production. La basse a une belle place dans l'ensemble, comme une base sur laquelle viennent glisser les autres instruments et où chaque invité vient poser sa petite patte pour un résultat plus que convaincant. Le "Nautilus" de Bob James est revisité dans une version qui rappelle le son d' Ernest Ranglin. "Mustang" avec les cuivres du Budos Band a vraiment fière allure. L'ensemble manque peu être un peu d'énergie mais on succombe facilement à toutes les belles atmosphères distillées. "Bad bad things" est un disque parfait pour démarrer ou alors finir vos soirées en douceur cet été.

Blundetto - Bad bad things - heavenly sweetness - 2010

Anthony Joseph & The Spasm Band « Bird head son »

C’est un jubilatoire melting pot de black music, une musique colorée et positive au groove funky que propose Anthony Joseph avec The Spasm Band. Mais c'est aussi du free-jazz, avec un saxophoniste de folie, des rythmes africains envoûtants, du rock avec une guitare parfois tranchante, des flûtes caribéennes, et le chant du leader soul, mais plus souvent déclamé en slam avec une énergie et une implication digne d’un Gil Scott Heron. Les musiciens jouent avec une très grande liberté et ce n’est pas la présence d’invités prestigieux comme Keziah Jones ou encore le tromboniste de Defunkt, Joe Bowie, qui vont gâcher notre plaisir. Anthony Joseph, originaire de Trinidad, est aussi un poète reconnu en Angleterre, suivant les traces de LKJ avec comme thème de prédilection la diaspora africaine. Il cite Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor comme influences majeures en tant que pionniers de la conscience noire, ainsi que les poètes beatniks Allen Ginsberg et William Burroughs.

Anthony Joseph & The Spasm Band - Bird head son - 2009 - Heavenly Sweetness