Affichage des articles dont le libellé est Strut. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Strut. Afficher tous les articles

VA - « Haïti Direct »

Contrairement à la musique jamaïcaine, à la Salsa de Cuba ou au calypso de Trinidad, la musique haïtienne demeure relativement peu connue en dehors de l’archipel des Caraïbes. Une histoire musicale pourtant pleine de trésor comme nous le fait découvrir cette nouvelle compilation. Haïti Direct nous permet en effet de rattraper une partie de ce retard en nous offrant un aperçu. Ce disque, édité par Strut Reccord, nous invite à voyager dans les méandres du compas de 1960 à 1978. Mélange de saveurs caraïbes, le compas s'entend comme la musique nationale urbaine d'Haïti, qui se développe depuis les années 1950. Des formations alors composées en général de guitares électriques accompagnées d’une basse, d’une batterie et autres percussions, parfois d’un saxophone, d’un accordéon ou d’un clavier. La scène musicale haïtienne était alors foisonnante d'une centaine de "mini-jazz" influencés par le rock dont les Ambassadeurs, les Difficiles de Pétions-Ville, les Fantaisistes de Carrefour, les Loups Noirs, les Vikings d’Haïti, Super Jazz des jeunes... Des groupes principalement composés de jeunes musiciens avec une existence parfois courte mais qui ont considérablement marqué l’histoire du compas. Compilé par le dj anglais Hugo Mendez (connu par Sofrito), Haïti Direct célèbre la richesse musicale haïtienne. Y figurent des morceaux très variés avec des influences puisant dans la soul, le reggae, le calypso, la musique latine, le jazz et la tradition vaudou… Au final c'est une compilation étonnante et chaleureuse qui nous invite au voyage. 
« Il faut être né sur le sol et au soleil chaud d’Haïti pour pouvoir jouer le Kompa Direct. C’est une musique de nègres. Il faut être haïtien pour le jouer » Isnard Douby, leader et chanteur du System Band (Boyo Magazine - 2001). 

Haïti Direct - Strut Reccord - 2014 
 

The Souljazz Orchestra « Solidarity »

La cover du nouvel album de The Souljazz Orchetsra avec un flambeau soutenu par 3 mains, une noire, une rouge, une jaune, illustre joliment son titre : « Solidarity, Solidarité, Solidiridad, Solidariedade, تضامن ». Une solidarité universelle qui s'accorde avec la musique du groupe canadien qui dépasse largement les frontières de l'afrobeat. Ils l'avaient déjà prouvé avec « Manifesto » en 2008 et « Rising Sun » en 2010 (leur 1er album chez Strut Records) en y ajoutant quelques touches d'ethiojazz. Cette fois ils intègrent à leur afro-funk habituel, du reggae, avec le tubesque « Jericho » digne du meilleur Burnin Spear, et « Kingpin » avec le Canadien d'origine jamaïcaine Slim Moore. Ils lorgnent aussi du côté du Brésil avec Rômmel Teixeira Ribeiro sur « Cartão Postal », qui nous promène au cœur du carnaval de Rio, ou du latin-groove voir du latin-rock avec « Ya Basta » qu'on croirait sorti de chez Fania Records. Et quelque soit le style musical, ça sonne toujours très brut avec une énergie incroyable. L'album se termine en douceur avec le « Nijaay » de l'Orchestra Baobab, pour un final magnifique.

The Souljazz Orchestra - Solidarity - Strut Records - 2012




Ebo Taylor « Appia Kwa Bridge »

« Je voulais revenir à un feeling highlife avec cet album » explique Ebo Taylor sur le site de Strut Records. Et avec des invités de la trempe de Tony Allen à la batterie, Oghene Kologbo, guitariste d'Africa 70, Addo Nettey aka Pax Nicholas aux percussions, ainsi que Kwame Yeboah aux claviers représentant d'une nouvelle génération de musiciens africains, du feeling il n'en manque pas ! Entre « Ayesama », véritable hymne afrobeat, et « Barrima », vibrant hommage acoustique à l'amour de sa vie aujourd'hui disparue, pas une faute de goût et quelques pépites illuminées par son jeu de guitare chaloupé. Les cuivres et la rythmique donnent une couleur plus afrobeat alors que le clavier donne à l'album, une touche super funky, comme sur « Assom Dwee ». Après  la réussite de son 1er album « Love & Death » en 2010, Ebo Taylor, plus de 75 balais et légende de la musique africaine, réussit son nouveau retour !

Ebo Taylor - Appia Kwa Bridge - 2012 - Strut Records

Orchestre Poly-Rythmo « Cotonou Club »

Ils sont encensés à travers le monde : « L'un des meilleurs groupes de funk du monde ! »(New York Times - USA), « Tout simplement immortelle »(Publico - Portugal), « Une écoute essentielle »(Gilles Petterson - UK), « Après des décennies de silence radio, personne ne les imaginait dans une telle forme! »(Le Monde Magazine - France). Et c'est effectivement un album explosif que nous livre le Tout-Puissant Orchestre Poly-Rythmo, qui avec plus de 40 ans d'existence est l'un des plus vieux groupe africain. Et même si nous avons pu les découvrir récemment avec des compilations « The Vodoun Effect 1973-1975 » et « Echos Hypnotiques » sur le label allemand Analog Africa ou sur Soundway Records avec « The Kings of Benin Urban Groove 1972-80 » , cela faisait 20 ans qu'ils n'avaient pas enregistré d'album. Ce « Cotonou Club » existe principalement grâce à Élodie Maillot, journaliste à RFI et auteur d'un article sur l'Orchestre dans Vibrations en 2007 alors que le groupe n'avait jamais quitté l'Afrique. Après lui avoir permis de tourner à travers le monde en 2009, c'est encore elle qui est à la production de cet album "embouteillé à Paris". Du coup la musique de l'Orchestre s'écoute avec une qualité de son nouvelle, et on redécouvre certains classiques comme "Gbeti Madjro" avec Angelique Kidjo. Mais derrière cette production toute « propre » parfois même peut-être un peu trop, la belle surprise de cet album est l'énergie qu'il dégage. C'est une véritable bombe de musique funky (ah ce clavier!) parfois psychédélique (écoutez cette merveille de « Von Vo Nono »), avec des inspirations africaines voir afrobeat, parfois même capverdiennes (« Tegbe » et son air mélancolique cher à Cesaria Evora) ou sud-américaines (sur « Koumi Dede » notamment). L'album se termine avec « Lion Is Burning » où les Franz Ferdinand Paul Thomson & Nick Mccarthy marient leur style à la puissance des cuivres et des chants du Cotonou. Étonnant mais efficace ! N'hésitez plus une seconde et laissez vous gagnez par la transe béninoise!

Orchestre Poly-Rythmo - Cotonou Club - 2011 - Strut Records



Sofrito - Tropical Discothèque

Le DJ anglais Hugo Mendez est un magicien et avec sa compilation "Sofrito : Tropical Discothèque", il nous balade d'Amérique Centrale en Afrique Noire en passant par les Caraïbes. Au travers d'une collection de pépites datées d'hier et d'aujourd'hui, cette sélection du collectif organisateur des soirées du même nom, fait monter dangereusement la température du dancefloor. Sofrito a su combiner le sérieux du chasseur de vinyles au savoir faire de l'organisateur de soirées faisant gronder les dancefloors au son de grooves vintages. Et si vos hanches s'emballent c'est signe de bonne santé. Merci au label Strut.

Sofrito - Tropical Discothèque - 2011 - Strut Records

Minimix par Hugo Mendez :

Ebo Taylor "Love & Death"

Figure majeure du highlife ghanéen durant les années 50 et 60, Ebo Taylor sort ces jours-ci son premier album international. Le guitariste virtuose n'a pourtant pas chômé entre ces deux périodes. Il quitte son Afrique natale en 1962 pour s'installer à Londres afin d'étudier d'autres genres et de bonifier le sien. Financé par des gouvernements africains, Ebo Taylor officie au sein du "Black star highlife", ce band essentiellement composé d'étudiants, lui permet de confronter son style à un côté plus occidental. Cette fusion se ressent ensuite dans sa musique, toujours abondante en idées, plus structurée aussi mais qui par moments lui ôte une certaine fraicheur, comme une petite mollesse dans les riffs. Mais il n'y a vraiment pas matière à faire la fine bouche devant une œuvre aussi riche. De retour aux pays, Ebo Taylor produit une grande quantité de morceaux pour différents labels et travaille aussi bien entouré, comme avec C.K Mann, autre figure plus jeune du highlife. Toute cette production se retrouve éparpillée sur diverses compilations, notamment chez Strut. Et Strut, qui continue tranquillement à devenir un des labels les plus fins et intelligents du moment, a mis en forme cette belle inspiration de convaincre Ebo Taylor à plancher sur de nouvelles productions. Car pour notre plus grande joie "Love and death" est un album à ne pas manquer. Assisté de membres des Poets of rhythm et de Kabu Kabu, il alterne avec force nouvelles compos et réinterprétations. Le highlife et l'afrobeat cohabitent naturellement, il est quasiment impossible de résister à des morceaux comme "Victory", "Love and death" ou "Nga nga". Retour gagnant pour ce grand monsieur de la musique africaine.

Ebo Taylor - Love and death - strut Records - 2010

Lloyd Miller & The Heliocentrics "Lloyd Miller & The Heliocentrics"

Né en Californie en 1938, Lloyd Miller commença à jouer du piano très tôt. Curieux de nature, il devint rapidement un multi-instrumentiste de renom. Il séjourna plusieurs fois en Europe ou il joua avec les plus grands : Bud Powel, Kenny Clark, il découvrit avec ces artistes une ouverture culturelle vers les musiques du Moyen-Orient, il n'aura de cesse depuis ces rencontres de mêler la tradition orientale et la modernité du jazz. C'est aujourd'hui avec The Heliocentrics qu'on le retrouve pour un coup de maitre, il reprend ici son Spirit Jazz et grave une poignée de plages où éclatent sonorités indiennes, balinaises, persanes. La grande qualité de cet enregistrement réside dans le respect que The Heliocentrics accordent à l'univers du maitre, sagesse héritée de leur passé de backing band au coté de Madlib ou encore Shadow. Une bien belle rencontre a mettre au compte du non moins excellent label Strut.

Lloyd Miller & The Heliocentrics - Lloyd Miller & The Heliocentrics - Strut - 2010

Next Stop... Soweto - Township Sounds from the Golden Age of Mbaqanga

Pour celles et ceux qui se sont régalés des dernières sorties signées chez Strut comme Jimi Ténor & Tony Allen, Mulatu Astatké & the heliocentrics, Breakestra, ou encore The Souljazz Orchestra, voila que Strut remet le couvert et nous livre une superbe compilation comme ils en ont le secret, rappelez vous, Nigéria 70, Black Rio, Calypsoul 70; Avec Next Stop Soweto, Strut explore la musique Sud Africaine des années 60-70 ou l'age d'or du township jive, combinaison de rythmes traditionnels zulu, de jazz, gospel, rumba et de funk, plus généralement appelé Mbaqanga et cerise sur le gâteau un volume 2 et 3 devrait suivre courant printemps-été 2010. On en salive d'avance.

Next Stop Soweto - Strut Records - 2010

Tony Allen & Jimi Tenor « Inspiration Information 4 »

Après le très bon album de Mulatu Astatke & The Heliocentrics dans la série « Inspiration Information » sorti au début de l'année, voici le 4ème volet de haute facture réunissant Tony Allen et Jimi Tenor. Le label Strut frappe ici un grand coup avec un disque très inspiré. Tony Allen, grand architecte de la rythmique afrobeat, avec une bonne quinzaine d'années au service de Fela, s'affirme décidément comme l'un des batteurs actuels les plus classes. Jimi Tenor qui s'éloigne de plus en plus, voir complètement de l'électro avec le groupe Kabu Kabu, se met ici au diapason de la rythmique de Allen. Sur les neuf pistes qui composent leur réunion, afrobeat, jazz et funk s'enchainent avec brio et l'ensemble est très cohérent. L'esprit demeure très groovy et la collaboration des deux musiciens, sans transcender les genres, épice la session d'horizons frais. On sent qu'il n'y a pas de véritables frontières dans leur musique. Le Nigérian et le Finlandais sont en phase tout au long de ce disque, où les fans de l'un ou de l'autre se retrouveront sans problème. Au delà de la simple rencontre marketing, cet album mérite une place de choix sur la discothèque 2009.

Tony Allen et Jimi Tenor - Inspiration information 4 - 2009 - Strut

Breakestra « Dusk Till Dawn »

Quatre ans que la bande de Miles Tackett n'avait pas mis les pieds en studios après le très réussi Hit The Floor (le bien nommé). Le résultat est convaincant et on ne peut qu'être pressé d'aller se bouger sur un dancefloor en écoutant le penchant live de ce nouvel opus dédié au regretté collègue de platines DJ Dusk. On pourrait parler de recette tant les influences aux JB's ou aux Meters sont évidentes. Mais c'est bien tout le spectre du funk au sens large qui est couvert ici. La maîtrise instrumentale est telle que l'ensemble est toujours assez organique et frais. Les rythmiques font toujours mouche et les breakbeats sont toujours aussi excitants. On pourra aussi apprécier des arrangements jamais trop convenus mettant en valeur les sections de cuivres. D'emblée, l'énergie est de mise sur les titres "Need A Little Love" et "Dark Clouds Rain". Miles Tackett et Mixmasterwolf se partagent le micro et quelques invités de choix viennent épaissir la sauce; Afrodyete sur le très soul "Come On Over" et Chali 2Na pour un Hip Hop vintage "Posed To Be". Le choix est donc large avec des surprises comme cette guitare quasi garage sur le psychédélique "Show You The Way" ou des instrumentaux impeccables "Back At The Boathouse". On pourra également (moins) aimer les tentatives d'ouvrir le répertoire aux cordes "Me & Michelle" et "I Don't Wanna Wait". Si l'ensemble semble moins homogène que sur le précédent album, il s'impose tout de même naturellement dès qu'une envie de danser pointe le bout de ses jambes.

Breakestra - Dusk till dawn - Strut Records - 2009

Mulatu Astatke & The Heliocentrics « Inspiration Information »

La série « Inspiration Information » a été lancée à l’automne 2008 par le label Strut avec la rencontre entre Amp Fiddler et les légendes du reggae Sly & Robbie. Pour le 2ème volume, Horace Andy a répondu à l’invitation d’Ashley Beedle, le DJ acid-house anglais. Le concept consiste à réunir des musiciens contemporains avec des maîtres de la musique pour une session d’enregistrement studio de moins d’une semaine. Cela donne un résultat plein de spontanéité où parfois la magie opère. C'est le cas avec le 3ème volume, une collaboration entre Mulatu Astatke, le père de l’éthio-jazz, révélé en Europe par la superbe collection éthiopiques et au grand public grâce au succès de la B.O. du film « Broken Flowers », et The Heliocentrics, formation britannique issue du label Stones Throw influencée par Sun Ra, David Axelrod, James Brown et Ennio Morricone.
Mulatu Astatke se fond à merveille dans l’univers funk, jazz et légèrement foutraque du combo anglais en même temps qu'il le guide vers une musique d'inspiration éthiopienne. Le mélange de genre entre instruments traditionnels comme le krar (instrument à 6 cordes), le washint (flûte en bambou), ou le begena (sorte de harpe à 10 cordes), et les cuivres et les expérimentations rythmiques et sonores des anglais donne naissance à une musique totalement nouvelle et originale. Une bien belle rencontre pour un enregistrement réussi.
Une collaboration entre Tony Allen et l’étonnant finlandais Jimi Tenor est attendue pour un prochain volume de la série. Encore de l’expérimentation au rendez-vous et au vu de ce qu'avait pu réaliser le batteur nigérian avec Doctor L il y a quelques années sur Psycho On Da Bus et de la qualité de la dernière galette de Jimi Tenor, l'afrobeat risque de nous étonner encore une fois.

Mulatu Astatke & The Heliocentrics - Inspiration, Information - 2009 - Strut