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"Fuck America - les aveux de Bronski", Edgar Hilsenrath

Ce roman quasi-autobiographique met en scène le quotidien de Jacob Bronski, immigrant juif à New York au début des années 50. Avec  une bonne dose d'humour et de libido, il tente de survivre de petits boulots et d'écrire le livre de sa vie. La Big Apple des bas fonds et des délicatessens sont le lieu où Hilsenrath vient démystifier à  grands coups de pied dans les "roubs" le rêve américain. On est en prise directe avec la réalité sans fard d'un personnage burlesque où dialogues (souvent avec lui même) et fantasmes (pas toujours assouvis)  sont des moteurs essentiels de l'existence et de la création. D'une manière originale, la fin du roman nous délivre les clés pour comprendre notre "branleur" et ses pul-sa-tions... le bronski beat quoi ?! (oui, j'ai osé).
L'écriture est simple, directe et vivante. C'est drôle, caustique, parfois un peu cru mais tout est "kascher"... Parmi les œuvres récemment publiées ou rééditées "Le nazi et le barbier" et "Nuit" sont aussi de bons livres, "Fuck America - les aveux de Bronski" reste mon préféré. Les différentes couvertures de ces romans sont géniales (Éditions Attila). Et si en plus c'est beau, que demande le peuple ?

Edgar Hilsenrath, Fuck America - les aveux de Bronski, Points : 2010

Stanley Brinks « Claps »

L'an dernier, lors de la découverte du sublime « Hoots », on remarquait l'étonnante productivité de Stanley Brinks. Elle est telle que l'on a bien failli passer à côté de ce « Claps » lui aussi sorti l'an dernier non pas en faisant suite au susnommé « Hoots » mais à « Yodels » qui s'est discrètement intercalé dans sa discographie. Donc au moins trois albums en 2010 sans compter sa collaboration avec les Wave Pictures. Alors comme on n'écoute pas QUE la musique de Stanley Brinks, et que ses albums ne sont pas toujours distribués (mais bel et bien disponibles en téléchargement sur b.y_Records ou lors de ses nombreux concerts), on passe parfois à côté de certaines de ses pépites. 
Ici Stanley Brinks joue de tous les instruments : guitare, basse, percussions mais aussi clarinette et sax. Il est accompagné par Léo Bear Creek, batteur des Coming Soon, et par les autres membres du groupe (Mary-Salomé, Howard Hughes, …) ainsi que Clémence Freschard aux chœurs et claquements de mains. On est baladé entre morceaux magnifiquement mélancoliques, « Here I am » par exemple, et d'autres plus enjoués comme « Blood in the gutter » et ses inspirations klezmer ou « Time » et son air enfantin, jusqu'à la fin au style un peu plus jazzy. Mais le Berlinois n'oublie jamais son art de la mélodie, des mélodies à la simplicité apparente mais tellement désarmante.

Stanley Brinks - Claps - b.y_records - 2010


Hayvanlar Alemi "Guarana Superpower"

Depuis une dizaine d'années Hayvanlar Alemi, groupe fondé à Ankara par Ozum Itez (guitare électrique) et Isik Sahiran (batterie), pratique un mélange de surf rock psyché, d'improvisation noise et de blues du désert a la sauce ottomane. Cette liberté n'a pas échappé au label Sublime Frequencies (Groupe Doueh, Omar Souleyman, Group Inerane) qui nous permet avec "Guarana Superpower" de savourer ces instrumentaux frénétiques et enfumés où la silhouette de Franck Zappa n'est jamais loin. Trop longtemps ignoré par l'industrie du disque leur dernier opus devrait changer la donne. Hayvanlar Alemi nous promet un bien joli printemps, alors ouvrez grand vos fenêtres et profitez de la fraicheur de ces airs anatoliens.

Hayvanlar Alemi - Guarana Superpower - Sublime Frequencies - 2010


Igor Boxx « Breslau »

Igor Pudio est l'un des membres du duo polonais Skalpel, responsable de deux albums de référence dans les années 2000 chez Ninja Tune (« Skalpel » en 2004 et « Konfusion » en 2005). Cette fois c'est en solo et sous le pseudonyme d'Igor Boxx qu'il nous offre, toujours chez Ninja Tune, un album qui exprime sa relation personnelle avec Breslau, sa ville d'origine. Une ville dans laquelle il semble impossible de vivre uniquement dans le présent. Une ville meurtrie par son siège de près de 3 mois en 1945  qui opposa l’Armée rouge à la Wehrmacht, se terminant par une victoire soviétique et la reddition allemande.
Le hip-hop instrumental, jazzy et bruitiste du DJ polonais est une grande réussite sonore à l'image des morceaux aux titres évocateurs « Fear Of A Red Planet » ou encore « Downfall ». Les ambiances de « Breslau », parfois oppressantes, nous plongent littéralement dans cette ville et sa sombre Histoire. C'est ainsi que l'écoute de cet album tourne en une véritable expérience musicale, qui s'avère aussi éprouvante que captivante.

Igor Boxx - Breslau - 2010 - Ninja Tune

Hasna El Becharia « Smaa Smaa »

Hasna El Becharia a seulement 16 ans lorsque qu'elle décide de monter dans un bus à Béchar en direction d'Oran, à 800 kilomètres de là. Et malgré la désapprobation de son père, musicien gnaoui et guérisseur, son but est simple, il s'agit de dégotter une guitare et un ampli électrique. Sans argent, elle se déleste alors de ses bracelets en or hérités de sa mère pour  s'acheter l'objet de ses rêves. C'est le point de départ d'une vie entière dédiée à la musique. Pendant de nombreuses années, elle va animer des fêtes, des mariages, des baptêmes se forgeant une véritable réputation notamment auprès des femmes qui louent son courage.  Seule femme a jouer la musique gnaoua, habituellement réservée aux hommes, elle garde le caractère bien trempée de son adolescence qui la pousse à refuser tout enregistrement par défiance envers le système. Ce n'est qu'en 2001 à 50 ans que paraît son 1er album « Djazair Johara ». Elle s'est alors installée à Paris après la 1ère édition du festival « Femmes d'Algérie » en 1999 à laquelle elle était invitée. C'est aussi à partir de ce moment qu'Hasna s'approprie le guembri, instrument à trois cordes, avec lequel elle pose sur la pochette.
C'est au début de l'année 2010 qu'est sorti « Smaa Smaa » et il n'est vraiment pas trop tard pour se plonger dans cette merveille enregistrée à Tariq, à 100 kilomètres au sud de Béchar, en Algérie. Des notes de guitares, le guembri en guise de basse, des percussions et quelques claquements de mains pour donner le rythme, une voix grave presque masculine, des paroles en arabe (et que cette langue est belle et émouvante), des chœurs féminins qui donnent le frisson, une petite touche de clarinette qui ne fait que renforcer le côté brut de la musique et quelques nappes de violons qui renforcent la mélancolie, tout est réuni pour une véritable immersion. On s'imagine immédiatement à partager le thé à la menthe avec Hasna et son équipe au cœur du Sahara.
Le père  d'Hasna utilisait la musique gnaoui comme thérapie, Hasna, elle, ne guérit pas, mais sa musique fait un bien fou. À consommer sans aucune modération.

Hasna El Becharia - Smaa Smaa - Lusafrica - 2010

 

Frente cumbiero "meets Mad Professor"

Cela faisait un bon moment que je n'avais pas entendu parler de Mad Professor ou du moins que je ne m'étais pas arrêté sur ses disques car depuis sa version dub du "No protection" de Massive Attack il n'y a pas grand chose de vraiment marquant dans sa discographie. On le retrouve ici en forme en proposant 7 versions dub d'une matière sur laquelle on n'était pas habitué à le voir, la cumbia. Le Frente Cumbiero est un projet à l'initiative de Mario Galeano, grand spécialiste de la cumbia, et qui nous renvoie aux origines de ce mouvement en passant par l'Afrique . L'album se décompose en 2 parties; une première de 7 pistes par le Frente Cumbiero qui distille sa musique et son énergie à grand coups de basses, cuivres, accordéons, guitares et clarinette. Arrive ensuite le natif de Guyana pour revisiter ces 7 pistes en versions dub. Et dans l'ensemble, si le travail de Mad Professor est loin d' être inintéressant notamment du fait qu'il n'en rajoute pas trop dans les effets dont il est coutumier, la première partie de l'album remporte quand même la mise avec un beau lot de pépites. "La bocachico" ou "Cumbietope" sont totalement irrésistibles. La musique sud-américaine est en grande forme, il suffit simplement de regarder les programmations des prochains festivals estivaux pour s'en faire un idée. Celle du Frente Cumbiero est dynamique et pleine de créativité, elle s'offre même le luxe de donner une seconde jeunesse au Mad Professor. Ces Colombiens avaient sorti l'année dernière, ou il y a deux, un joli petit single, "Ananas Torniullo", avec des claviers et une basse obsédants. Leur passage au long format s'avère aussi être une totale réussite.

Frente Cumbiero - Meets Mad Professor - Salga el sol - 2010

"Somewhere" Sofia Coppola

S'il y a quelqu'un dont j'ai oublié de parler dans mon dernier papier, qui tentait de faire un tour d'horizon des réalisateurs marquants de la dernière décennie, c'est bien Sofia Coppola. Quoi de mieux alors que t'entamer cette nouvelle décennie avec le dernier film de cette réalisatrice éminemment culte, depuis son tout premier film Virgin Suicide sorti en 2000!
Somewhere (quelque part) se veut l'illustration du vide sidéral dont fait l'objet la vie de Johnny Marco, acteur star du système hollywoodien. Ce dernier vit à l'hôtel du Château Marmont de Los Angeles. Le film suit à la manière d'un documentaire son quotidien à l'hôtel. Il y a une chambre permanente qu'il semble louer à l'année. sa vie oscille entre petite soirée alcoolisée, les filles qu'il baise ou qu'il ne baise pas suivant l'humeur, l'ennuie, le repos au bord de la piscine, et quelques sorties en ville au volant de sa belle Ferrari. Un jour il reçoit la visite de sa fille déjà pré-ado, avec qui il va devoir vivre quelques temps.
Avec ce film je suis assez partagé. Sur le moment je dois dire que je me suis un peu ennuyé, même si j'aime beaucoup le style de Sofia Coppola et de ce film en particulier, en sortant de la salle j'étais déçu. Tout ceci m'a semblé un peu vain sur le moment. A y réfléchir, il s'avère que ce soit le sujet du film. La vie un peu vaine de cet acteur n'a rien de palpitant. Elle est l'illustration même de ce qu'est la vacuité. c'est le thème principal de ce film qui parle aussi des apparences, de ce que l'on est. Même si c'est une star internationale, Johnny marco n'en reste pas moins un pauvre pantin dépourvu d'âme, vide, seul… Sofia Coppola n'a pas son pareil pour créer des ambiances qui restent présentes longtemps en nous. et c'est pour moi ce qu'il se passe avec ce film. je l'ai vu il y a déjà quinze jours et beaucoup de choses me reviennent en mémoire comme de très bon moments (la scène du patin à glace, la scène du maquillage, …). Le son, très présent, du moteur de la Ferrerai restera longtemps présent en moi. Comme l'élément principal de la BO du film signé par le groupe français Phoenix.

Roots of Chicha 2 (Psychedelic Cumbias From Peru)

Après le succès du 1er volume en 2007, voici le 2ème « Roots of Chicha ». Il met en avant un genre musical très populaire au Pérou, voir même, il paraîtrait, un peu ringard. Pourtant le genre peu connu par chez nous regorge de pépites et le moins que l'on puisse dire c'est que la sélection d'Olivier Conan pour le compte de Barbes Records sait les mettre en évidence. La chicha, qui tient en fait son nom de l'eau de vie locale à base de maïs, est un dérivé de la cumbia colombienne. Un genre né dans les années 60 avec Los Destellos qui agrémentait la cumbia traditionnelle de guitares psychédéliques. à l'époque on l'appelait encore cumbia péruvienne. Ce n'est que dans les années 80 que cette musique fut baptisée Chicha. Ensuite, la Chicha a donné naissance à la cumbia argentine en raison de la forte immigration péruvienne dans les années 90. Une cumbia qui est devenue fortement vivace aujourd'hui, en se teintant de dub, d'électro ou de hip-hop. Mais cette compilation s'arrête au début des 80's et ici, il est juste question de tradition avec quelques petites merveilles à redécouvrir. Une façon de se retrouver à Lima pour faire la fête, picoler, draguer.

Roots of Chicha 2 (Psychedlic Cumbias From Peru) - 2010 - Barbès Records

Cinéma, Les tendances 2000-2010

Il est toujours intéressant, quand une décennie se termine, de faire le point. Qu'est-ce qui a marqué la planète cinéma depuis dix ans? En guise de relevé des compteurs, voici un petit papier qui tente un aperçu des tendances 2000-2010.

Le cinéma américain continue sa domination du marché, et réussit à marquer la décennie par l'émergence d'une nouvelle génération de réalisateurs de talents.
Les trois réalisateurs US qui ont assis leur notoriété au courant de cette décennie: 1- David Fincher, 2- Christopher Nolan, 3- Darren Aronofsky. On peut également penser à Paul Thomas Anderson. Ils constituent la nouvelle génération du cinéma américain catégorie A. Pour ce qui est des anciennes générations, on remarque toujours la présence influente des réalisateurs stars des années 70-80, comme Spielberg, Ridley Scott et Scorcese qui, par son association avec Di Caprio, a su trouver un souffle nouveau. De son côté, De Palma, moins influent que par le passé, a signé l'un des films les plus intéressants de cette décennie avec Redacted (on en reparlera). David Lynch, quant à lui, a marqué le début des années 2000 par son chef d'oeuvre Mulholland Drive. Woody Allen et Clint Eastwood ont su trouver de nouvelles inspirations tout en gardant le cap de leur filmographie. Tarantino, figure star des années 90, même s'il a su créer l'évènement à chacun de ses nouveaux films, semble moins influent que par le passé. Il en va de même pour les frères Coen même s'ils ont enfin été reconnus à leur juste valeur par l'establishment. Gus van Sant, en revanche, a définitivement marqué l'histoire du cinéma avec Elephant notamment.

 
Le cinéma est l'art où cette révolution s'est fait le plus ressentir. Ce passage de l'ère analogique à l'ère numérique est finalement très bien illustrée par les deux caractères principaux de la saga littéraire, Millénium, adaptée au cinéma cette année. D'un côté Blomqvist, un enquêteur à l'ancienne, de l'autre Lisbeth Salander, son héritière de l'ère numérique. Elle est issue de la génération Y. Une génération avec moins d'illusions et de déontologie. La génération WikiLeaks en quelques sorte. Lisbeth Salander est la figure héroïque de ce début de siècle.

En France, Audiard, Lioret, Ozon, Assayas, Kurys, Giannoli, Beauvois, ont réussi à imprimer leur marque dans le cinéma hexagonal. Ils ont du style et du talent. Je nommerais aussi Dupontel qui joue dans une catégorie à part, Dumont, toujours aussi percutant, et Noé qui a signé avec Irréversible que l'on aime ou pas, un film marquant. Les réalisateurs stars des années 90, n'ont, quant à eux, pas réussi à se renouveler ou confirmer leur talent. je pense à Jeunet même si son Amélie Poulain date de 2000; à Besson qui voulait terminer sa carrière de réalisateur avec Angel A (!!!), ou encore Kassovitz qui voulait révolutionner le cinéma d'action avec Babylonne AD et n'a pas su se hisser à la cheville d'un Tony Scott. De toute manière, l' action héros de la décennie aura été sans conteste Jason Bourne.

Par ailleurs, il est à noter que la disparition, ces dernières année, d'artistes majeurs issus de la Nouvelle Vague, marque un tournant dans l'industrie cinématographique hexagonale. La fin d'une époque en quelque sorte même si l'héritage semble repris par certains comme Ch. Honoré par exemple.
Pour L'Europe, les cadors Haneke, Almodovar, Lars von Triers ont continué leurs parcours. Un film venu du Nord aura marqué la décennie aussi, je pense à Morse, a voir absolument.
En ce qui concerne le reste du monde, pour résumer, on constate toujours l'influence du cinéma asiatique. Même si la veine Kung-Fu tendance Hong Kong s'est diluée dans les productions françaises et américaines. L'Asie a surtout marqué son influence via le cinéma coréen avec des réalisateurs tel que Park Chan Wook, et Joon-ho Bong qui a signé The Host et surtout le génial Mémories of Murder. Par ailleurs la tendance réelle de ces dernières années vient, semble t-i,l des régions hispaniques du globe. De très grands réalisateurs mexicains ont réussi a se faire une place. Je pense à par exemple à Alejandro González Inárritu, Alfonso Cuarón, ou bien encore Guillermo del Toro. De son côté, l'Espagne a su insuffler un souffle nouveau dans le cinéma de genre: Rec, L'orphelinat , Agora...

Pour finir, il reste que l'influence majeure qui marque le cinéma à tout jamais en ce début de siècle est l'explosion du numérique qui change la donne à tous les niveaux de productions. Les limites visuelles sont aujourd'hui abolies, tout est devenu techniquement possible, d'où cette explosion de films de super-héros, d'adaptation de sagas littéraires fantastiques (Le Seigneur des anneaux, Harry Potter, Narnia...) et de dessins animés 3D.

Palmarès sportif de l'année 2010


1. Khalid Askri
« Le gardien de but du FAR Casablanca, auteur de deux énormes bévues, qui nous montre sa sagesse en quittant le terrain en plein match. »
- Le pénalty improbable :


- La sortie du sage :

2. Lionel Messi
« Il montre chaque weekend que l'on peut être le meilleur footballeur du monde tout en mesurant 1,10m. »

3. Alberto Contador
« Il gagne son 3ème Tour de France grâce à un steak dont il a oublié d'enlever le papier d'emballage (allusion aux traces de plastique accompagnant le Clenbutérol). »

4. José Mourinho
« Il gagne sa 3ème ligue des champions avec un 3ème club, montrant que l'on peut être le meilleur coach du monde, après avoir commencé sa carrière comme traducteur! » 

5. Nicolas Mahut
« Il entre dans l'histoire du tennis grâce à la plus longue défaite de ce sport (11h de match sur 3 jours, 70 jeux à 68 dans le 5ème set à Wimbledon contre l'Américain Isner). »



6. Christophe Lemaître
« Par son doublé européen 100-200m, a mis au rencart les partisans du déterminisme lié à la couleur de peau dans le sprint. » 


7. Didier Deschamps
« Il met fin "sur le plan tequenique et taquetique" à 17 ans de disette pour l'OM, grâce à un doublé Coupe de la Ligue-Championnat. »

8. Jeremy Florès
« Il devient le 1er Français à gagner une épreuve du circuit mondial de Surf, à Hawaï, après avoir éliminé le décuple champion du monde Kelly Slatter en demie. »

9. les nageurs français
« Ils ont démontré qu'ils savaient aussi nager sans combinaison. »


10. Raymond Domenech
« Il a réussi à devenir le sélectionneur le plus capé des bleus, tout en étant considéré comme le plus mauvais coach! »

Meilleurs albums 2010


Pour la 3ème année consécutive (après 2008, et 2009), voici le classement des meilleurs albums De la lune on entend tout. Il résulte des propositions de Dacallo, Maï, et Paco, les chroniqueurs « Musique ». Pour l'année 2010, 14 albums, parmi 45 cités, trouvent leur place dans le classement final. 4 albums sont cités 3 fois (le Quantic, le Kottarashky, le Budos Band et le Flying Lotus), Les autre sont cités 2 fois à part le Stanley Brinks qui ne doit sa place qu'en raison de son classement élevé chez Paco. Un classement qui représente plutôt bien la diversité de nos goûts musicaux : de la cumbia, de l'électro,  du funk, du hip-hop, du reggae en provenance du monde entier (Argentine, Nigeria, Bulgarie, États Unis, ...). Il représente aussi les albums qui ont tourné, qui tournent et qui tourneront certainement le plus dans nos lecteurs.  



N°1 : Quantic Presenta Flowering Inferno « Dog With A Rope » (Tru Thoughts)

« On a rarement entendu un mélange si réussi et si naturel de reggae roots avec de la cumbia colombienne, de l’afro-funk ou de la musique cubaine. »

Le site de Quantic

Le label : Tru Thoughts

Écouter le titre « Cumbia Sobre El Mar »

 



N°2 : Gonjasufi « A Sufi And A Killer » (Warp)


« Un trip hallucinogène où l’on navigue, ici avec Iggy & The Stooges et Jimi Hendrix, ailleurs en compagnie des Beatles en pleine expérience initiatique à Katmandou, ou encore avec Dennis Hopper et Peter Fonda dans Easy Rider. »

Le site de GonjaSufi

Le label : Warp

Écouter « She 's Gone »




N°3 : The Third Eye Foundation « The Dark » (Ici D'ailleurs)


« Un album tendu où les ambiances sont répétitives et peuvent paraître éprouvantes, or il se dégage une vraie harmonie dans chaque morceau. »

Le label : Ici D'ailleurs

Écouter « Pareidolia »






N°4 : Danyel Waro « Aou Amwin » (Cobalt)


« En s'ouvrant à de nouvelles cultures, Danyel Waro propage la batarsité de son maloya à travers le monde pour notre plus grand plaisir. »

Danyel Waro sur Wikipédia

Le label: Cobalt

Écouter « Mandela feat. Tumi »




N°5 : Kottarashky « Opa Hey! » (Asphalt Tango )


« Avec ses enregistrements dans les campagnes bulgares, les boucles de voix, cuivres, accordéons, vibraphone, percussions, guitares ou contrebasse; Kottarashky construit avec toute cette mixture des morceaux au swing imparable. »

Le myspace de Kottarashky

Le label : Asphalt Tango

Écouter « I want you to sleep »




N°6 : The Budos Band  « III » (Daptone Records)


« Les protégés de Brenneck brassent un bon paquet de références passant par l' Éthiopie, le rock et des ambiances parfois plus psychédéliques. Le tout avec un sens du groove quasi naturel. Percussions, claviers et cuivres enflammés s'en donnent à cœur joie sur des mélodies entêtantes.  »

Le label : Daptone Records 

Écouter « Unbroken, Unshaven »




N°7 : The Black Keys « Brothers » (Nonesuch Records )


« C'est rock, c'est soul, c'est blues et de la première à la dernière seconde cet album est une merveille. »

Le site de The Black Keys

Le label : NoneSuch Records

Écouter « Tighten Up »




N°8 : Flying Lotus « Cosmogramma » (Warp)


« Electro, jazz-funk, drum & bass, free jazz, hip hop passent à la moulinette de Flying Lotus qui signe avec "Cosmogramma" un des albums les plus passionnants de l'année. »

Le site de Flying Lotus

Le label : Warp

Écouter « And the world laught with you »




N°9 : Lorn « Nothing Else » (Brainfeeder)


« Ce monde où ça ne rigole pas dispose de titres envoutants, les beats syncopés et les basses lourdes appuient une atmosphère oppressante mais Lorn ne perd jamais le sens de la mélodie. »

Le myspace de Lorn

Le label : BrainFeeder

Écouter « Cherry Moon »




N°10 : Stanley Brinks « Hoots » (b.y Records)


« Une petite merveille. Une musique inclassable entre folk et jazz à la simplicité désarmante. »

Le BandCamp de Stanley Brinks

Le label : b.y_Records

Écouter « Where have you been »




N°11 : Axel Krygier « Pesebre » (Crammed)


« Cumbia, klezmer, dub, hip hop, rock, un grand brassage qui tient plus de l'art que de l'expérimentation. La production de Krygier est ici à son zénith. »

Le site d'Axel Krygier

Le label : Crammed Music 

Écouter « Serpentea el tren »




N°12 : Mount Kimbie « Crook & Lovers » (Hotflush)


« Un dubstep lumineux agrémenté de légères touches anxiogènes, qui intègre jazz, hip-hop, ou soul. »

Le myspace de Mount Kimbie

Écouter « Field  »





N°13 : Ebo Taylor  « Love and Death » (Strut Records)


« Un album à ne pas manquer qui alterne avec force nouvelles compos et ré-interprétations où le highlife et l'afrobeat cohabitent naturellement. »

Le site d'Ebo Taylor

Le label : Strut Records

Écouter « Nga Nga »




N°14 : BK-One « Radio Do Canibal »  (Rhymesayers)


« Un opus hip-hop de facture classique mais garni de samples de bossa, fado, ou funk brésilien par lequel on se laisse manger avec plaisir. »

Le myspace de BK-One

Le label : Rhymesayers

Écouter « Tema Do Canibal Ft The Hypnotic Brass Ensemble  »



La playlist de l'année 2010


Compilations conseillées :

« Roots of Chicha 2 (Psychedlic Cumbias From Peru) » (Barbès Records)
« Shangaan Electro: New Wave Dance Music From South Africa » (Honest Jon's Records)
« Pomegranates » (Finders Keepers)
« Palenque Palenque: Champeta Criolla & Afro Roots in Colombia 1975-91 » (Soundway Records)
« Next Stop Soweto » volumes I,II,III (Strut Records)



Autres albums cités :

Par Paco : Aloe Blacc « Good Things » ; Ben Weaver  « Mirepoix and Smoke » ; Whitefield Brothers « Earthology » ; Yann Tiersen « Dust Lane » ; B. Dolan « Fallen House Sunken City » ; Iris & Arm « Les courants forts » ; Delaney Davidson « Self Decapitation » ; Ceschi « The One Man Band Broke Up » ; Andreya Triana « Lost Where I Belong » ; The Tallest Man On Earth « The Wild Hunt ».

Par Maï : Sufjan Stevens « The Age of Adz » ; Ikonika « Contact Love Want Have » ; Hamid Drake & Bindu « Reggaeology » ; Lloyd Miller & The Heliocentrics ; Portico Quartet « Isla » ; Soil & Pimp Sessions « 6 » ; Das Racist « Sit Down Man » ; Oh No « Dr No's Ethiopium » ; Stromae « Cheese » ; Clinton Fearon « Mi Deh Yah » ; Alina Orlova « Laukinis Suo Dingo » ; Daredevil Christopher Wright « In Deference of a Broken Back » ; Kings Go Forth « The Outsiders are Back » ; Philippe Katerine.

par Dacallo : Impérial Tiger Orchestra « Addis Abeba » ; Tumi & the Volume « Pick a dream » ; Tame Impala « Innerspeaker » ; John Legend & The Roots « Wake Up! » ; Blundetto « Bad Bad Things ».

Mount Kimbie « Crooks & Lovers »

« Crooks & Lovers »  est le 1er album de Mount Kimbie, deux Londoniens, Dominic Maker et Kai Campos, qui se sont fait connaitre l'an dernier avec leurs maxis «Maybes » et « Sketch on glass ». Mais c'est cette année que le groupe a explosé avec un dubstep lumineux agrémenté de légères touches anxiogènes, qui intègre jazz, hip-hop, et soul pour un résultat « flottant », plus adapté à  une écoute au casque, pépère dans le canapé qu'à un lâchage sur le dancefloor. C'est un peu déstabilisant et il est conseillé de prendre cet album par le bon bout, les oreilles grandes ouvertes, au risque de passer à côté, et de n'y entendre qu'une musique répétitive, et ennuyeuse. En réalité, les deux cocos nous offrent 35 minutes riches avec pas mal de trouvailles dans les sons et un usage subtil des samples vocaux. Des morceaux, faits de boucles et de collages, en constante évolution qui forment un album cohérent qu'on peut réécouter pour chaque fois y faire de nouvelles découvertes.

Mount Kimbie - Crooks & Lovers - Hotflush Recordings - 2010

Compte-Rendu des Transmusicales 2010

Les 32emes Transmusicales de Rennes ont remporté un énorme succès public cette année encore. L'équipe de Jean Louis Brossard et Béatrice Macé nous ont concocté un vrai marathon musical sur 3 soirées, il fallait être en forme. Programmation éclectique avec quelques groupes qui sortent quand même du lot. Alors impossible de tout voir à moins de zapper les lives toutes les quinze minutes, je m'en tiendrai donc à ce que j'ai vraiment eu le temps de voir au moins une demi heure.

Jeudi 9 Décembre - Bar en Trans (Le Chantier)

J'ai décidé de laisser le parc des expositions de côté et de tester l'ambiance des Bars en Trans pour une soirée au chantier avec Grand Pianoramax pour commencer. Dans un live plus que convaincant, Léo Tardin aux claviers et Dominik Burkhalter à la batterie nous ont proposé un show hip hop jazzy avec Mike Ladd en guest. Les ambiances ont alterné entre free jazz énergique et des morceaux beaucoup plus groovy, le tout appuyé par le spoken word très classe de Mike Ladd. L'ensemble fonctionne très bien et le plaisir est présent tout au long de l'heure qu'il leur est laissée pour s'exprimer.
Niamoto orchestra. Malgré de belles idées, Dj Freshhh aux platines, une kora, une flûte traversière et la voix de l'ivoirienne Mabody, je n'arrive pas à sentir le petit truc qui fait la différence dans ces titres mélangeant soul et ambiances africaines plus traditionnelles. Je décroche au bout d'un moment en attendant Fortune en dj set.
Et il faut dire que j'ai été bien déçu par les Morlaisiens. Le traklisting était, à mon avis, d'un assez mauvais goût et je n'ai pas réussi à trouver de cohérence dans leurs choix. j'espère gommer cette déception en les retrouvant en version live.

Vendredi 10 Décembre - Salle de la Cité, Parc Expo

Après un petit tour à la cité où Outasight n' a pas réussi à me réveiller avec un hip hop soul qui tendait plus vers la pop, c'est avec regrets que je quittai cette salle avant Dengue Fever mais Outasight avait eu raison de moi après une demi heure et je n'avais plus le courage d'attendre les Californiens.
Zou! direction le Parc Expo pour enchaîner avec Raph Dumas & The Primaveras. Me voici devant 19 ou 20 personnes sur scènes qui balancent du funk, de la soul, du jazz, des traditionnels et de l'electro avec Raph Dumas aux platines. L' ensemble est festif et le plaisir se ressent dans le hall qui se réchauffe doucement.
Oy - Transmusicales 2010
Hall 3, Oy dégage beaucoup de charme avec ses bricolages sonores et ce malgré quelques problèmes techniques. Sa belle voix et l'originalité de ses morceaux méritent largement qu'on s'attarde sur elle mais il faut déjà la lâcher pour rejoindre le hall 9, Janelle Monae arrive.
L'une des grosses pointures de la soirée fit une entrée remarquable avec sa soul rétro futuriste mais la suite fit redescendre la température avec des ambiances beaucoup plus calmes et surtout trop longues. Elle remis une bonne dose d'énergie sur la fin avec quelques uns de ses tubes mais je n'arrive plus à m'emballer. Il faut avouer quand même qu'elle est bien entourée et que son charisme est évident. Je pense qu'elle aura droit à un bel avenir.
Besoin d' une petite pause, le hall 9 devient de plus en plus bouillant et le public aussi. M.I.A va faire son entrée. Et c'est dans cette ambiance électrique que la jeune femme assure un show puissant, hardcore avec un son à la limite de la saturation. Dans un style quasi militaire, éprouvant par moments, elle embraye ses tubes devant des groupies complètement allumés qui ont raison de mes nerfs un peu avant la fin. Je dégage difficilement du hall.

Un vendredi soir intéressant mais sans véritables confirmations mais où je retiens surtout Raph Dumas & The Primaveras et Oy comme bonnes surprises.

Samedi 11 Décembre 2010 - 4Bis, Parc Expo

Je me rends au 4bis et tombe par hasard sur Trap, jeune duo électro avec machines et batterie. Morceaux hard-Teck-Métal s'enchaînent avec frénésie, la petite salle du 4bis va exploser sous les assauts du duo à l'énergie débordante. Sympathique et idéal pour se remettre en jambes.
Au parc des expos je commence avec Crocodiles, bof.
Dominique Young Unique ensuite. Sa voix et ses flows sauve la mise mais elle n'est franchement pas bien accompagnée et le grand blond aux claviers fait limite tomber le concert dans le ridicule.
Je file hall 9 pour jeter un œil sur Matthew Dear et son live band, ça ne prend pas non plus et même si il y a de jolis moments, son électro n' arrive pas à décoller d'une certaine noirceur.
Je commence à avoir peur, je me dis que ça démarre moyen mais The Gaslamp Killer va me redonner la banane avec son set explosif et sa présence incroyable derrière les machines. On croirait voir une marionnette du Muppet Show balançant sa touffe dans tous les sens, son set alterne electro, soul, dupstep, hip hop sans temps morts, même si un abruti dans le public a réussi à balancer une bouteille d'eau sur son laptop. Mais après une pause pour sécher tout ça et quelques noms d'oiseaux en anglais envers le propriétaire de la bouteille, il est reparti aussi fort et a réussi à maintenir la salle sous pression.
The Inspector Cluzo - Transmusicales 2010
Un petit tour du côté de The Inspector Cluzo. Rock, Métal, humour et grosse provocation sont au programme des landais. Laurent Lacrouts, le chanteur guitariste affirme qu'il emmerde les bassistes, les Black Keys, les White Stripes ou Mass Hystéria. Il nous chante aussi qu'il aimerait baiser la femme du Président de la République. Si l'on est du genre premier degré il vaut mieux passer son chemin sinon pas la peine de bouder son plaisir, d'autant plus que si l'exercice à ses limites, la voix et l'arrogance de Lacrouts permettent quand même de passer un bon moment.
Direction le hall 4 ensuite d'où vient à mon gout la grosse claque de la soirée, Blitz the ambassador. Le rappeur d'origine ghanéenne tire dans tous les sens : funk, jazz, afrobeat, hip hop et soul. Avec son groupe le Embassy Ensemble et un son d'enfer, il ne va pas mettre long à faire chavirer la salle, on aimerait que le concert dure des heures. Les 4 cuivres qui l'accompagnent enchaînent des chorus sur des rythmiques groovy et l'ensemble reçoit légitimement un hommage appuyé d'un hall 4 en totale fusion.
Et pour finir mes Transmusicales j'attendais de pied ferme Gonjasufi et je ne sais toujours pas sur quel pied danser. Ce concert tient de l'expérience, c'est un des shows les plus bizarres auquel j'ai assisté. Je m'attendais à des platines et le Gonjasufi chantant tranquille le répertoire de son album et c'est un groupe avec guitare, basse, batterie et claviers qui apparaît. Il y avait aussi un gars qui balançait quelques sons sortis d'un vieux lecteur cassettes ou qui enfumait les micros avec de l'encens. The Gaslamp Killer viendra lui aussi faire un tour sur scène mais partira rapidement avec tout son matériel durant le concert. Dans cette ambiance particulière donc, Gonjasufi fait des va-et-vient sur scène comme un fauve en cage, il paraît assez énervé ou peut être qu'il en joue. Et il nous envoie un live un peu bancal où son rap fait parfois des merveilles mais où il courbe parfois l'échine à l'image de la posture qu'il adopte pour chanter. Le concert ne dure pas beaucoup plus d'une demi heure et le rideau remonte sans rappel, on a l'impression d'être planté par ce chaos.
Du coup j'arrête moi aussi là dessus avec un bilan positif de l'ensemble, je me sens déjà motivé pour les 33emes. Salut.