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Den Sorte Skole "Lektion III"


Créé en 2003, Den Sorte Skole, "L'école noire", est composé de deux producteurs danois acharnés du sampling, Simon Dokkedal et Martin Højland. Reconnu au départ pour leurs mash-ups et mixtapes, ils ont grâce à leur troisième et dernier album, Lektion III, créé un univers propre avec un son enchanteur.
Leurs compositions reposent principalement sur des échantillons qu'ils ont glané sur plus de 200 vinyle à travers le monde. Nous retrouvons dans leur musique autant un piano arabisant, un échantillons de musique indienne, la voix de Brigitte Fontaine, un chant de blues, une guitare sèche avec un fragment de musique classique ou encore une basse reggae... Il n'y a plus de barrière, comme un voyage intemporel dans un monde parallèle ou chaque son glisserait l'un contre l'autre pour créer une nouvelle musique fluide et délicate. Une sorte de célébration de la musique avec un fond de musique électronique downtempo. Selon un des deux compositeurs, "seuls 2% de la musique est jouée, en l’occurrence les basses, parce que c’est très difficile à sampler."
C'est encore une fois un disque qu'il faut prendre le temps d'écouter pour qu'il nous enlace, nous hypnotise et nous charme. Un album contemplatif d'une grande beauté que l'on découvre à chaque écoute...
Vous pouvez écouter l'album en ligne sur leur site ou revoir ici leur prestation live filmée aux Transmusicales.

Den Sorte Skole - Lektion III - 2013



Agnes Obel « Aventine »

Agnes Obel.. C'est cette voix qui fait l'unanimité... De ma mère au chroniqueur des Inrocks. Et autant vous dire qu'entre les deux, il y a un monde. Après le succès phénoménal de « Philharmonics » en 2010, elle revient avec « Aventine », un album dans la même lignée, entre musique folk et musique classique. Un album qui fut sa véritable obsession depuis deux ans, et de nombreux concerts. Et un album qui semble bien prendre le même chemin du succès que le précédent. Le violoncelle (tenu encore une fois par Anne Ostsee) et le piano se mêlent avec grâce à la voix captivante de la chanteuse danoise alors qu'un violon tenu par Mika Posen, du groupe Timber Timbre, donne des airs plus folk à l'ensemble. Un album qui semble remplie de secrets, avec très peu d'artifices, des mélodies dénudées, et surtout beaucoup d'élégance. Un album d'une grâce rare pour une artiste tout aussi gracieuse. Un nouvel album, un nouveau miracle, pour une artiste bourrée de talents.

Agnes Obel - Aventine - PIAS - 2013


"Melancholia" Lars von Trier

L'été 2011 est plein de bonnes surprises, du moins en ce qui concerne les sorties cinéma. Outre les quelques gros films habituels, les exploitants ont eu la bonne idée de sortir quelques œuvres d'auteurs présents à Cannes plus tôt qu'à l'accoutumée. L'avenir nous dira si cette manœuvre commerciale est une réussite ou pas, toujours est-il qu'elle permet aux estivants d'avoir un spectre de choix plus large que d'habitude au mois d'Août.

Première surprise, la sortie de Melancholia, dernière œuvre du trublion provocateur Lars vont Trier. Personne n'a oublié son expulsion du festival après les propos qu'il a tenu lors de la conférence de Presse de Melancholia. Son film est resté en compétition mais le bonhomme s'est retrouvé Persona non grata du festival! pour combien de temps? Pour enfoncer le clou (et pour arranger la dépression chronique de Lars), il s'est avéré courant de l'été que l'un des films préféré du tueur d'Oslo était "Dogville". Pas facile d'être dans la peau de Von Trier ces temps-ci. L'homme semble avoir du mal à encaisser le monde et il tente aux travers de ses films de faire comprendre ses interrogations, son mal-être, souvent par le biais d'un questionnement métaphysique pas toujours compréhensible (du moins au premier abord).

A ce propos, difficile d'isoler Melancholia de son précédent film "Antichrist". Les deux films ont en commun d'avoir valu à leur actrice principale le prix d'interprétation à Cannes (Charlotte Gainsbourg pour l'un, Kirsten Dunst pour l'autre) mais aussi d'être pour le spectateur des expériences très intenses. Le mot qui me vient est "viscéral". Ça n'est pas nouveau chez Von Trier "Breaking the wave" l'était aussi. Ce qui diffère par contre, c'est l'axe et le traitement qu'y apporte le réalisateur. Autant dans "Antichrist", Von Trier exorcisait ses interrogations par le biais d'un récit cauchemardesque, plein de sombres méandres, faisant du film une œuvre dure, limite malsaine, autant ici il semble plus apaisé et livre une œuvre magnifique.

Lars Von Trier sait prendre le spectateur aux tripes, l'entrée en matière de Melancholia est grandiose. Une série de plans surréalistes en hyper-ralenti et "compositing" sur la musique de Tristan et Iseult de Wagner, un grand moment de cinéma à n'en pas douter. La suite en caméra épaule se déroule en deux parties qui se répondent et se complètent. Lars von Trier aborde la fin du monde, puisqu'il s'agit ici d'Apocalypse, par le portrait en huis clos de deux sœurs. Ce qui est une façon pour le moins singulière de traiter ce sujet! Chacune des parties est ainsi consacrée à dessiner le portrait d'une des sœurs: Justine (Kirsten Dunst) et Claire (Charlotte Gainsbourg).
Tout les oppose, la première est blonde et pulpeuse, la seconde brune et longiligne, La première n'est pas mère la seconde l'est, La première présente des fragilités, la seconde semble équilibrée, etc...
La première partie est consacrée à Justine. Dans cette partie Claire tente d'aider sa sœur a surmonter une grave maladie psychologique : la mélancolie. Elle organise avec son mari (Kiefer Sutherland) le mariage de Justine au sein de leur grandiose propriété. En vain. Dans la seconde partie, les relations basculent. C'est Justine qui aidera sa sœur à vaincre ses peurs afin d'accepter l'inéluctable : une planète, dont le nom correspond étrangement à la maladie de Justine, va percuter la terre et l'anéantir. Justine personnage central est intrinsèquement reliée à la nature, du fait de sa maladie, elle sait les choses, détachée du monde matériel mais également en conflit avec la Terre, elle s'avère finalement libre. Comme dans "Antichrist", c'est un personnage emprunt de paganisme - sorcière en quelque sorte - détachée du monde matériel et scientifique (l'enfant la surnomme Tata Steelbreaker, sûrement en rapport avec sa folie mais aussi son lien avec la Nature), contrairement à sa sœur qui elle tente de s'accrocher au monde concret, aux rituels. Justine est déjà dans la mort, Claire tente de s'accrocher à la vie (son statut de mère l'y oblige).

Pour autant, là ou dans "Antichrist" le personnage s'exorcisait dans la violence, ici Justine est détachée. Là ou il y avait scène de masturbation et d'automutilation, ici il y a contemplation, osmose avec les éléments . Le personnage de "Antichrist" était frontalement en guerre contre la Nature, ici Justine trouve la paix dans sa relation cosmique avec l'univers, elle se réalise dans le chaos. Lars von Trier a du manger une cagette de valium entre les deux films!

La mélancolie de Justine est libératrice, rien ne sert de lutter, de s'accrocher au matériel c'est ainsi… "Laisse aller Claire, c'est une valse ou plutôt un grondement sourd qui approche qui approche et qui emporte tout!" Une philosophie nihiliste, une fin onirique, magnifique et belle. Un lâcher prise total… (No futur!)

Même si chez le Danois, la violence reste inhérente au propos et aux interrogations qu'il porte sur le bien fondé de l'amour de l'humanité, il fait de "Melancholia" un grand film, certes plus facile à "encaisser" que son précédent, à son grand dam, mais aussi bien moins misogyne, plus subtil. Je le reverrais avec plaisir, ce qui n'est pas le cas pour "Antichrist". De plus, il s'est entouré d'un casting 4 étoiles : Charlotte Rampling, John Hurt, Kiefer Sutherland, tous parfaits. Il offre après "AntiChrist" un nouveau grand rôle à Charlotte Gainsbourg, rôle qu'elle défend à la perfection. Kirsten Dunst quant à elle, toujours aussi "mimi" avec ses petites fossettes trouve ici son rôle le plus intéressant depuis "Virgin Suicide". Après la palme d'or "Tree of Life", il est intéressant de voir combien les réalisateurs avaient besoin cette année de se confronter à ce qui relie l'Homme au cosmos, à l'infiniment grand, à la Nature. Cette Nature qui fait l'homme et toutes ses interrogations. Von Trier n'a pas eu la palme. Est-ce à cause de sa boutade foireuse ou le jury a t-il préféré l'homme sage (Malick) à celui qui est sur la "voie".

Toujours provocateur, Lars Von Trier a annoncé que son prochain film serait un Porno. ça ressemble à un effet d'annonce mais s'il réussit son porno comme il a réussi son film catastrophe, l'expérience sera sans aucun doute unique pour le spectateur.

Who made who "Knee Deep"

En signant chez Kompakt, les Danois de WhoMadeWho laissent en grande partie de côté l'electro-rock-disco clinquant qui les caractérise pour un style clairement plus électro, dans une ambiance générale assez froide et il faut avouer que c'est une belle surprise. Thomas Hoffding (basse, voix), Jeppe kjellberg (voix, guitare) et Thomas Barford (machines, batterie), bien qu’amorçant un sérieux virage, continuent à garder un sacré sens du groove. Mais "There's an answer" et "Every minute alone" nous plongent d"entrée dans plus de noirceur qu'auparavant, plus noir certes mais pas déprimant car le trio sait embrayer. "Musketeer", où l'on pense un peu à Moroder, et "Two feet of ground" constituent certainement les morceaux les plus dancefloors de ce mini-album. Les nordiques se rapprochent de la new wave avec "All that i am" et le très beau "Nothing have changed" et son côté Depeche Mode. Ils glissent aussi vers le psyché avec "Checkers". WhoMadeWho brasse large et ce n'est pas pour nous déplaire car ils touchent souvent au but. Apparemment une autre fournée de titres devrait débarquer dans l'année, on se réjouit d'avance. A noter en passant que le groupe se produira le 06 août prochain au Festival Chausse Tes Tongs en Bretagne, pour une des seules, voire la seule date de l'été en France. Foncez là-bas.

Who made who - Knee Deep - Kompakt - 2011

Playlist de la lune : la Coupe du Monde 2010 - Groupe E

La Coupe du Monde de football est, avec les Jeux Olympiques, la plus grande compétition sportive actuelle,  rassemblant des joueurs, des supporters et des téléspectateurs du monde entier. C'est ainsi l'occasion d'une grande fête populaire, et peut-être encore plus en 2010 parce qu'elle se déroule pour la première fois en Afrique après 80 ans d’existence. Le coup d’envoi sera donné le  11 Juin prochain avec le match opposant l'Afrique du Sud, pays organisateur, au Mexique. D’ici là nous allons vous présenter tous les groupes en les illustrant par une playlist musique, et par des conseils ciné et lecture. Chaque semaine deux groupes seront à l'affiche. (Photo by Vladimir Rys/Bongarts/Getty Images)

Présentation : Le Cameroun reste dans la mémoire collective pour son extraordinaire parcours à la Coupe du Monde 1990 en Italie. Une des phases finales la moins spectaculaire de l'histoire illuminée par le talent du vétéran Roger Milla. Aujourd'hui entrainé par Paul Le Guen, il possède encore l'un des plus grands attaquants au monde, Samuel Eto'o a qui l'on peut souhaiter le même destin que son illustre ainé. Le Danemark a l'habitude de se qualifier pour le second tour de la compétition à chaque fois qu'elle y participe avec parfois une réussite spectaculaire. Un jeu direct et des joueurs généreux sont souvent le secret de la réussite pour cette équipe. Le Japon est composé de joueurs jouant pour la grande majorité au pays du soleil levant. En France, l'un des seuls joueurs connu est Daisuke Matsui qui s'illustre dans l'équipe de Grenoble, pas forcément LA référence en Europe. Le Japon possède généralement un football spectaculaire avec des joueurs vifs et techniques et une solidarité de tout les instants pour combler leur manque de physique. Les Pays Bas font une nouvelle fois figure d'épouvantail après un Euro 2008 où elle fut battu par l'étonnante équipe russe peut-être par un excès de confiance. Avec un Arjen Robben en pleine confiance avec le Bayern Munich et épargné par les blessures, elle possède une des plus belles équipes sur le papier.

Favoris : Les Pays Bas sont les grands favoris de cette poule sans contestation. Ensuite si Paul Le Guen réussit à faire adhérer son groupe à sa rigueur tactique, le Cameroun possède les individualités nécessaires pour sortir de cette phase de poule.

À écouter :
1- Manu Dibango « Senga » (Cameroun/Paco)
2- Junkyards Productions « Cooya » (Danemark/Dacallo)
3- Pascals « Dandanbatake » (Japon/Paco)
4- Anne-Marie Nzié « Sarah » (Cameroun/Dacallo)
5- Urban Dance Squad « Burnt Up Cigarette » (Pays Bas/Dacallo)
6- The Q4 « Goin Down (feat; Terryman » (Pays Bas/Paco) 
7- Soil & Pimp Sessions « Papa's got a brand new pigbag » (Japon/Dacallo)
8- Efterklang « Harmonics » (Danemark/Paco)

À voir :
« Turkish délices, un des films les plus hollandais et personnel de Verhoeven, irait bien comme sous-titre aux petits plaisirs que s'est offert notre Ribery quand il était hors jeu. Alors maintenant, il faudrait aussi montrer ses prouesses sur le terrain, sinon le sous titre pourrait devenir Les idiots du nom du film du toujours insondable Lars von Triers. Une défaite fortuite dans les poules pourrait bien amené certains à se faire Harakiri, comme les truands désabusés du Sonatine de Kitano. » Chi8
Le + de Chi8: Les Saignantes et Moolaade (Cameroun)


À lire : 
Kafka sur le rivage, Haruki Murakami 
« Le Japon de Haruki Murakami est fantastique et étrange et en ouvrant Kafka sur le rivage on tombe dans un univers qui mêle tous les styles de littérature. Roman d'amour et d'apprentissage, conte mythologique ou thriller historique : on ne sait plus très bien où on en est et on ressort étonné et ravi de cette lecture. » Azi 

Le chant pour celui qui désire vivre, Jorn Riel 
« Sans l'avoir lu j'ajoute à ma liste l'écrivain danois Jorn Riel ; ses Racontars arctiques et ses anecdotes sur la vie des trappeurs ont connu un bon succès mais je me pencherais plutôt sur Le chant pour celui qui désire vivre, une épopée chez les Inuits. » Azi 

L'enfant-pluie, Francis Bebey 
« Et un clin d'œil au camerounais Francis Bebey dont les romans ne sont pas faciles à trouver mais qui méritent peut être qu'on s'y intéresse pour retrouver des textes savoureux comme dans l'album "Travail au noir". » Azi