Affichage des articles dont le libellé est maloya. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est maloya. Afficher tous les articles

Christine Salem « Larg Pa Lo Cor »

Sur la cover de cet album, on découvre la Réunionnaise Christine Salem arborant une coupe afro, façon Angela Davis, l'un des plus grand symbole de la lutte afro-américaine des années 60/70. Et comme Christine Salem est née un 20 décembre, le jour anniversaire de l’abolition de l’esclavage à la Réunion en 1848, on peut dire qu'elle la porte plutôt pas mal cette coupe afro. C'est enfant que Christine Salem a découvert le maloya, musique traditionnelle de l'île de La Réunion, musique longtemps interdite par les autorités françaises. Elle se place aujourd'hui comme l'une des figures emblématiques de cette musique au côté d'une légende comme Danyel Waro. Et avec sa voix grave, habitée, superbe, c'est l'une des rares femmes chanteuse de maloya. Avec son sixième album, Christine Salem avoue « aller au bout de ses envies ». Et autant vous dire que ses envies nous plaisent car on tient là un album d'une beauté rare, un album qui respire la liberté. Un album réalisé par Seb Martel, touche à tout de génie, qui a le dont de magnifier ses productions. Et c'est encore le cas avec ce maloya aux accents folk et blues.

Christine Salem - Larg Pa Lo Cor - Zamora - 2016


Lindigo « Milé sék milé »

« Je suis né maloya, je transpire maloya, je crèverai maloya ». On veut bien croire Olivier Araste, chanteur du groupe Lindigo, tant son maloya, l'un des genres musicaux majeurs de l'île de La Réunion, longtemps dénigré par certains Réunionnais le considérant comme une musique de sauvage trop répétitive pour être intéressante, tant son maloya, je vous disais, est imparable. Lindigo est un groupe qui existe depuis maintenant 15 ans et « Milé sèk milé » est son cinquième album. C'est un groupe qui n'a pas son pareil pour ouvrir un maloya très respectueux des traditions, aux autres musiques. C'est ce qui rend son maloya si moderne, et la présence de l'accordéoniste Fixi, un ex du groupe parisien de rap-musette Java, à la production n'y est pas étranger. Les percussions nous mettent en transe, et l'on se surprend à danser dans notre salon alors que la neige tombe dehors. Le maloya de Lindigo est basé sur la tradition des Kabarés, ces cérémonies où les esprits des ancêtres interviennent à travers le corps des vivants. Fidèle à cet aspect mystique du maloya, « Milé Sèk Milé » a été enregistré en live, dans une cour de Sainte-Suzanne, au nord-est de La Réunion. Une cour où la famille et les amis ont été invités avec leurs enfants, et même des moringueurs, les lutteurs réunionnais, pour apporter une « émulation guerrière ». L'énergie collective de Lindigo sur « Milé sèk milé » est un véritable antidote à l'Hiver.

Lindigo - Milé sék milé - 2014 - Hélico


Zanmari Baré « Mayok Flér »

Zanmari Baré est un véritable disciple de Danyél Waro, le chantre du maloya, cette musique héritée du chant des esclaves, longtemps dénigrée, voir quasi-interdite jusqu'au début des années 80. La voix est proche, on retrouve la même langue créole qui invite au voyage et une même poésie. La filiation est évidente et Zanmari ne s'en cache pas. Le maître lui a d'ailleurs prêté ses musiciens perso (dont son fils Sami à la kora), lui a aussi offert un texte inédit « Dori La », écrit en 1987, et on le retrouve même sur le titre a capella «  Nout Lang » pour un duo très touchant. Zanmari Baré est né en 1969 à St-Denis de la Réunion. Et il avoue ne pas être tombé dans la marmite du maloya à la naissance puisque ce n'est qu'à partir de la fin des années 90 qu'il a commencé à s'intéresser au kabar, ces rencontres de maloyers qui lancent la romans’, et plus particulièrement au kabar a tèr. Il se fait ensuite connaître avec son groupe Lansiv, qui se forge une grosse réputation sur l'île, avant de disparaitre en 2008. Zanmari se consacre alors à son métier d'éducateur spécialisé. Ce n'est qu'aujourd'hui, à à plus de quarante balais que Zanmari Baré sort son premier album solo. Son maloya est doux, sensible et fragile. Il tourne principalement autour des voix, la sienne bien-sûr mais aussi de superbes chœurs, et quelques percussions discrètes. L’héritier est là ! Longue vie au maloya !

Zanmari Baré - Mayok Flér - Cobalt - 2013

Davy Sicard « Kabar »

Davy Sicard, né en région parisienne d’un père malgache et d’une mère réunionnaise, nous propose un maloya métissé. Ce style musical, bien que jamais officiellement interdit, avait fini par être dénigré par certains réunionnais, le considérant comme une musique de sauvage trop répétitive pour être intéressante. Mais aujourd’hui le maloya a été réhabilité et symbolise à merveille l’identité réunionnaise. Avec sa musique, plus proche de la chanson que de la musique traditionnelle, Davy Sicard nous communique une sorte de sérénité. La voix du chanteur est douce et les mélodies sont délicates. Accompagnées d’une guitare ou de percussions traditionnelles, les paroles, presque exclusivement en créole, sont difficilement compréhensibles pour le commun des francophones. Il y aborde la prise de conscience sur la vie, sur le monde après une période de deuil, mais aussi le quotidien des Réunionnais et les grands problèmes sociétaux comme le matérialisme croissant et l’écologie. C’est un hymne à la vie, un album pour ouvrir les yeux et l’esprit de ceux qui l’écouteront.

Davy Sicard - Kabar - 2008 -Up Music