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Warpaint “Warpaint”

Prendre le temps de bien écouter cet album était nécessaire pour apprécier s’il n’était qu'un leurre ou bien une petite pépite musicale… Trois ans après leur premier album "The Fool" (oct. 2010), Warpaint revient avec un album envoutant et sensuel écrit dans une maison en plein milieu du désert, dans le parc naturel de Joshua Tree, au sud-est de la Californie. Cette fois, c’est Flood (PJ Harvey, U2, Nick Cave, New Order…) et Nigel Godrich (Radiohead) qui assurent la production. Le quatuor féminin, formé à Los Angeles en 2004, nous offre un album très calme et beau qui pose une ambiance mélancolique dès les premières secondes. Des compositions envoutante, parfois minimaliste, avec un son sillonnant entre folk sombre, trip hop et new-wave déchirante, qui fait penser à certaines productions anglaises. Des nappes envoutantes, des mélodies soyeuses et planantes prennent parfois au ventre appuyées par des chants et quelques envolées aériennes tout simplement magiques. Cette succession de morceaux met dans un état second pour nous embarquer dans une atmosphère onirique, à moitié éveillé… Un album éblouissant…

Warpaint - Warpaint  - Rough Trade - 2014

 

Antony and the Johnsons « Thank you for your love »

Comme avant la sortie de « Crying Light », qui n’avait pas fait l’unanimité, Antony Hegarty nous propose en guise d’apéritif un ep. Fin 2008 le mini « Another World » cachait un « Shake that devil » magnifiquement cuivré et jazzy qu’on espérait présager d’un album dans la même veine. Pourtant, sur l'album, la part belle fut encore donné au piano et aux violons d’où la déception. Cette fois encore le titre qui donne son nom au ep est gorgé de cuivres, ce qui donne une pépite soul-funk, en même temps qu’une belle déclaration d’amour. Ça laisse peut-être augurer de belles choses pour l’album à venir début octobre. Sinon la formule n’a pas changé : Toujours une superbe photo en noir et blanc en guise d'illustration, une voix émouvante, une musique toute en délicatesse avec des notes de piano accompagnés parfois de cordes. Les 3 morceaux composé par Antony sont suivis d’une reprise d’un Dylan millésime 1980 avec « Pressing on », et du « Imagine » de Lennon auquel Antony donne une ambiance glaciale avec réussite. Finalement, le format court semble convenir à merveille à l'artiste au chant parfois maniéré qui peut agacer sur la durée d'un album. Ici on ne voit que beauté.

Antony and the Johnsons - Thank you for your love - Rough Trade - 2010

Alela Diane featuring Alina Hardin « Alela & Alina »

On n'osait plus y croire mais avec ce nouvel ep en duo avec Mlle Alina Hardin, on retrouve le plaisir d'écouter Alela Diane. Nombreux, parmi ceux qui avaient été transis de plaisir à l'écoute de l'enchanteur premier album « The Pirate's Gospel », ont été déçus par la surproduction un peu plate de son deuxième opus « To Be Still ». Et ceux qui ont eu l'occasion de la voir sur scène avec l'omniprésence masculine de son guitariste de père et de son bassiste de boyfriend, n'avaient pas été rassurés. L'émotion ne passait plus. La choriste Alina essayait certes d'en apporter une touche d'émotion avec sa voix de velours, mais son manque de charisme ou sa timidité exacerbée aux cotés des mâles dominants ne pesait pas lourd dans la balance. Alors, même si ce n'est jamais pareille la deuxième fois, on retrouve avec ce mini album tout ce qui faisait du premier opus de la Californienne, un magnifique objet à nous hérisser les poils. Avec deux reprises de morceaux traditionnels, dont la magnifique balade « Matty groves » qui date du 17ème siècle, deux compositions d'Alela, une d'Alina et une reprise du légendaire Townes Van Zandt, les deux Californiennes nous proposent un disque très dépouillé enregistré en quelques jours entre deux concerts. Deux chanteuses et deux guitares, on ne demande rien de plus finalement!

 Alela Diane featuring Alina Hardin - Alela & Alina - 2009 - Rough Trade


Micachu « Jewellery »

Après avoir collaboré dernièrement avec Roisin Murphy, Matthew Herbert produit ici le 1er album de Micachu. Mica Levi est une jeune chanteuse anglaise qui compose ses morceaux pop avec un côté expérimental, mais ses morceaux restent très abordables. On reconnait la griffe de Herbert dans ce joyeux foutoir avec des bruits de moteurs d'aspirateur, des boitiers de CD explosés, etc ... La base reste quand même guitare, basse, batterie et claviers afin que les morceaux gardent une veine mélodique. Fille de musiciens, elle a joué du violon et de l'alto entre autres et même composé du classique avec une œuvre post-moderne pour l'Orchestre Philharmonique de la Purcel School of Music. Son disque Jewellery est par contre un album qui n' a pas grand chose à voir avec la rigueur du classique.
L'ensemble a de quoi séduire les plus réfractaires à la pop anglaise un peu trop formatée car Micachu, 22 ans à peine, fait déjà preuve d' une grande maturité musicale et d' une originalité qui va bousculer l' univers des pop songs, c'est en tous cas tout le mal qu' on lui souhaite.

Micachu - Jewellery - 2009 - Rough Trade

Antony & The Johnsons « Crying light »

Quel début d’année 2009! Avec la sortie de Merriweather Post Pavilion d’Animal Collective, bon mais pas la révolution annoncée, de Tonight de Franz Ferdinand, qui contient quelques tubes comme le groupe a l’habitude d’en sortir, de « The turn » de Fredo Viola, qui ne sortira qu’en mars mais qu’on trouve déjà en ligne, le magnifique album de Matt Bauer (chroniqué ici), voici la sortie du nouvel album d’Antony & The Johnsons. Tout ça en attendant ceux d'Alela Diane et d'Andrew Bird.
Mais il faut prendre le temps de s’immerger dans l’univers tourmenté d’Antony Hegarty avec ses Johnsons. Dans un premier temps, on ne peut rester insensible à la pochette représentant Kazuo Ohno, un danseur japonais. A son propos Antony dit : « Dans chaque pas qu’il fait sur scène, il mêle innocence et mystère » (interview dans la Blogothèque). Et avec sa voix, sublime et irréelle, Antony aussi est mystérieux même si elle agace parfois certains. mais comme avec la poignante Nina Simone la douleur transpire à travers elle. La musique l’accompagnant (piano et violons en tête) est encore plus épurée que sur son parfait « I’m a bird now » datant de 2005 et met en avant sa voix si particulière. « shake the devil » qu’on peut entendre sur son mini « another world » présageait quelques surprises mais Antony continue son chemin artistique sur la même voie. C’est un peu dommage mais on a ici un artiste si rare qu'on le suit tout de même avec plaisir !
Le site d'Antony and the Johnsons

Antony & The Johnsons - Crying light - 2009 - Rough Trade

Meilleurs albums 2008 - n°7 - Emiliana Torrini « Me & Armini »

La chanteuse islandaise est longtemps restée sous l’ombre de sa compatriote et star internationale Bjork, en dépit notamment d’un très bel album acoustique « Fisherman’s woman » en 2005. Elle se démarque aujourd’hui avec une musique variée entre pop, folk, touches électroniques, et même une petite rythmique reggae. La diversité des morceaux de l’album en font toute sa richesse. On n’a jamais l’impression d’écouter une musique extraordinaire, mais on écoute cet album avec grand plaisir et on se plait à y revenir. Cet album nous fait du bien et on se laisse caresser par la voix douce d’Emiliana et les mélodies de ses chansons. L’ensemble est plutôt léger, dans le bon sens du terme, mais la chanteuse nous réserve ici et là quelques surprises sympathiques évitant, et de loin, la monotonie.
Site officiel d'Emiliana Torrini


Emiliana Torrini - Me & Armini - 2008 - Rough Trade