Affichage des articles dont le libellé est PIAS. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est PIAS. Afficher tous les articles

Songhoy Blues "Music in Exile"

Le Mali reste un terreau musical fertile qui nous offre régulièrement de belles surprises. Courant 2012, Oumar Touré et Aliou Touré, originaires de Gao et de Tombouctou, posent leurs bagages à Bamako pour fuir l'occupation jihadiste qui pourchasse les musiciens entre autre. Lorsqu’ils sont à l’université de Bamako, ils sont alors rejoints par Garba Touré à la basse et Nathanial 'Nat' Dembele à la batterie, seul à être originaire du sud du mali. Le Songhoi Blues prend forme, une réponse à un conflit qui les a poussé à l’exil.
Il y a la chaleur du soleil, des images de désert, des larmes d’exils dans cet album engagé mais aussi beaucoup d’espoir et de vie, mêlant groove africains, riffs de guitares endiablés et mélodies lancinantes. Music in exile, produit par Nick Zinner, le guitariste de Yeah Yeah Yeah et Marc-Antoine Moreau, producteur associé notamment à la carrière d’Amadou et Mariam, s’inscrit autant dans la lignée du blues du désert d’Ali Farka Touré que du rock de B.B. King. Entre musique malienne, chants songhaï et rock fiévreux, c'est un subtil mélange de traditionnel et de modernité qui brille par son énergie et son engagement !

Songhoy Blues - Music in Exile - Transgressive Records / Pias - 2015

Jean-Louis Murat « Babel »

Je n'ai jamais vraiment écouté Jean-Louis Murat par le passé, mis à part lorsque dans ma chambre d'étudiant, j'écoutais les émission de Bernard lenoir sur France Inter. Pourtant le Monsieur sort un nouvel album presque chaque année depuis le milieu des années 80.  Mais avec celui-ci, il se passe quelque chose et la présence du Delano Orchestra, groupe de Clermont-Ferrand venus en amis et voisins, n'y est pas étranger. Jean-Louis Murat est un auteur/compositeur à l'univers rock comme l'atteste sa base rythmique guitare/basse/batterie. Mais son rock est ici largement teinté de folk, avec des bois, des cuivres (trompette en tête) et des vents. Les textes sont habités, intimes, et fragiles. Il est question de vie mais aussi beaucoup de mort, l'enregistrement de cet album ayant commencé à peine un mois après le décès de son père. Murat nous touche en chantant tel un homme triste, mais le Delano Orchestra avec sa trompette, même si parfois funèbre, lui redonne un souffle de vie, un souffle d'espoir. Cet album c'est aussi un voyage en Auvergne, au milieu des volcans. Oh certes ce n'est pas un grand voyage puisqu'on bouge entre Sancy et Chamablanc distant d'une trentaine de kilomètres. Mais le dépaysement est réel : on se retrouve un peu ailleurs, hors du temps, loin de l'agitation des villes. Et il chante un monde qui disparaît, celui des petits villages, comme il l'explique dans les pages des Inrocks : « J’essaie de refaire ce lien que mon père avait rompu en quittant la campagne pour la ville, en reniant sa culture rurale. L’ironie, c’est qu’atteint d’Alzheimer, il n’avait à la fin qu’une seule idée en tête : traire les bêtes, réparer les clôtures, rentrer les foins. » 

Jean-Louis Murat - Babel - PIAS - 2014

Liz Green « Haul Away »

On avait découvert le folk épuré guitare-voix de Liz Green, il y a deux ans, avec son premier album « O'Devotion ». On disait alors qu' « elle chantait avec délicatesse, des petites histoires aux personnages bizarres, un peu à la manière d'une Tom Waits au féminin ». Autant vous dire que l'artiste britannique n'a rien perdu de son talent. Et son univers est toujours aussi magique et étrange. Comme son 1er album, « Haul Away » est le fruit d'une collaboration avec Liam Watson, à qui l'on doit notamment le célèbre « Elephant » des White Stripes. Et même avec un piano omniprésent, remplaçant souvent la guitare en renforçant le côté cabaret, le producteur british réussit une nouvelle fois, à tirer le meilleur de l'artiste mancunienne. On a souvent la sensation de se retrouver sur un fil, en équilibre parfois instable... Avec ceux qui rient d'un côté et ceux qui pleurent de l'autre. En équilibre sur ce fil, on oublie tout, on rit, on pleure, on vit... à tel point qu'on ne souhaite plus qu'une chose, c'est de suivre le fil encore et encore, loin, très loin, toujours plus loin !

Liz Green - Haul Away - 2014 - PIAS



Agnes Obel « Aventine »

Agnes Obel.. C'est cette voix qui fait l'unanimité... De ma mère au chroniqueur des Inrocks. Et autant vous dire qu'entre les deux, il y a un monde. Après le succès phénoménal de « Philharmonics » en 2010, elle revient avec « Aventine », un album dans la même lignée, entre musique folk et musique classique. Un album qui fut sa véritable obsession depuis deux ans, et de nombreux concerts. Et un album qui semble bien prendre le même chemin du succès que le précédent. Le violoncelle (tenu encore une fois par Anne Ostsee) et le piano se mêlent avec grâce à la voix captivante de la chanteuse danoise alors qu'un violon tenu par Mika Posen, du groupe Timber Timbre, donne des airs plus folk à l'ensemble. Un album qui semble remplie de secrets, avec très peu d'artifices, des mélodies dénudées, et surtout beaucoup d'élégance. Un album d'une grâce rare pour une artiste tout aussi gracieuse. Un nouvel album, un nouveau miracle, pour une artiste bourrée de talents.

Agnes Obel - Aventine - PIAS - 2013


Ghostpoet « Some Say I So I Say Light »

Ghostpoet, on en avait déjà parlé en 2010 à l'époque de son premier album « Peanut Butter Blues & Melancholy Jam » sorti sur le label de Gilles Peterson, Brownswood Records. Avec « Some Say I So I Say Light », Obaro Ejimiwe alias Ghostpoet reste dans la même veine, un mélange de hip-hop et de dubstep, de spoken word et de soul avec des textures sonores qui ne laissent rien au hasard. L'ensemble est toujours aussi sombre, sans être particulièrement lugubre. D'ailleurs le MC londonien concède que « la lumière (le) fascine parce que (sa) musique est sombre, donc c'est un peu comme si la lumière était le point à atteindre ». Et sur « Dial Tones », il se sert de la voix lumineuse de Lucy Rose pour atteindre son but. Le morceaux en est apaisé, presque doux même si l'on entend toujours des ambiances légèrement ombrageuses en fond sonore.  Sur « Meltdown », peut-être le plus beau morceau de l'album, c'est Woodpecker Wooliams, une chanteuse plus habituée à un univers bricolo-folk à la Coco Rosie, qui pose sa voix sur des notes de piano et une rythmique qui finit par s'emballer. Un album qui restera certainement comme l'un des albums marquants de l'année 2013 !

Ghostpoet - Some Say I So I Say Light - PIAS -2013


Nick Cave & The Bad Seeds « Push The Sky Away »

- Alors, Ce dernier Nick Cave & The Bad Seeds, tu l'as écouté ?
- Ben non pas encore... Il mérite que j'y jette une oreille ?
- On dirait que t'as pas lu ou écouté les média ces derniers temps toi... Tout le monde en parle, un véritable retour en grâce : un entretien avec Hugo Cassavetti dans Télérama, une chronique de JD Beauvallet dans Les Inrocks avec une note de 4,5/5, les éloges de Didier Varrod dans « Encore un matin » sur France Inter...
- Et la presse spécialisée elle en dit quoi ? 
- Parce que tu sous-entend que Les Inrocks ou Télérama ne font pas partie de la presse spécialisée ? T'es gonflé quand même... Pichfork lui donne un 8,00/10, Magic trouve que « ça reste de haute volée », et même L'Express trouve qu'  « accompagné de ses fidèles Bad Seeds, le bluesman australien livre un disque apaisé ». Bon je sais, L'express ne fait pas partie de la presse spécialisée mais bon quand même...
- Moi ce que je vois c'est que sur le blog « De la lune on entend tout », ils n'en ont pas parlé c'est que l'album ne doit pas être si top que ça... Sinon je suis sur qu'ils en auraient déjà fait une chronique...
- Ce blog là... « De la lune j'écoute n'importe quoi », je n'en ai jamais entendu parlé, mais alors je dis bien jamais mon poto... T'as de ces référence quand même...

Nick Cave & The Bad Seeds - Push The Sky Away - 2013 - PIAS

Balthazar « Rats »

Le deuxième album du jeune groupe belge Balthazar est porté par le single « The Oldest of Sisters » bourré de mélancolie et d'influences seventies. Mais  « Rats » recèle bien d'autres belles réussites. On pense à « Joker's Son » et sa trompette explosive façon Beirut, le cinématographique « The Man Who Owns The Place » porté par la voix du chanteur plus belle que jamais, « Listen Up » petit joyau à la mélodie délicieuse, « Any Suggestion » et ses envolées à la Yann Tiersen avec chœurs, cuivres et violons qui se superposent, ou encore « Sides » et sa basse très gainsbourgienne. On s'attardera moins sur « Later »  et « Do Not Claim Them Anymore » au clavier un peu trop 80's, et sur « Lion's Mouth (Daniel) » qui malgré un magnifique début finit par lasser. Il n'est pas parfait cet album mais on se laisse prendre, comme des rats, par sa douce mélancolie.

Balthazar - Rats - 2012 - PIAS


Liz Green « O, Devotion! »

Liz Green est originaire de Manchester, une ville à la réputation musicale plutôt pop grâce à des groupes comme The Stone Roses et Happy Mondays. Pourtant c'est dans un registre bien différent, celui de la musique folk, qu'on découvre cette jeune femme, déjà repérée par La Blogothèque il y a 3 ans. La plupart des compositions que l'on retrouve sur « O, Devotion! », comme « Bad Medicine » son premier single, datent d'ailleurs de cette époque. Mais le passage en studio s'avérait apparemment très délicat. Il a fallu la collaboration de Liam Watson, producteur notamment du célèbre « Elephant » de The White Stripes, pour que l'album voit enfin la lumière. Et Le folk épuré guitare-voix est subtilement enrichi d'une mini-fanfare aux cuivres chaleureux, pendant que Liz Green chante avec délicatesse, des petites histoires aux personnages bizarres, un peu à la manière d'une Tom Waits au féminin. L'album se révèle, au final, être une pure merveille de folk à laquelle la jeune Mancunienne redonne toute sa magie.

Liz Green - O, Devotion! - 2012 - PIAS

Laurent Garnier « Tales of a kleptomaniac »

Surnommé le Godfather par Miss Kittin, Laurent Garnier est de retour avec un nouvel album très éclectique, 4 ans après « The Cloud Machine » qui avait ébranlé quelque fans de la première heure alors que le DJ délaissait ses beats électros. Ce nouvel album est bien dans la continuité puisque le DJ français, qui a connu les premières heures de l'Hacienda à Manchester, navigue du blues à la techno de Détroit en passant par le hip-hop et le jazz de Miles Davis. MicFlow, le marseillais et Tumi le Sud-Africain, qui a délaissé ses Volumes pour l’occasion, posent leurs flows sur les deux parties de « Freeverse ». Winston Mc Anuff chante sur le dub très sombre « Food For Thought ». « Last Dance @ Yellow » est un hommage au club japonais Yellow pour lequel il avait pris plaisir à mixer à l’occasion de la soirée de fermeture en Juin 2008. « Bourre Pif » fait référence à Audiard et sa culture française sous forme d’une drum’n’bass endiablée qui envoie réellement la patate. Garnier pose même sa voix sur le très jazzy « Dealing with the man ». La musique n’a vraiment plus de frontière et l’ensemble reste très cohérent. Les titres s’enchaînent à merveille même si une voix nous annonçait au tout début de l’album que nous allions passer du coq à l’âne...
Le Myspace de Laurent Garnier

Laurent Garnier - Tales of a kleptomaniac - 2009 - PIAS

Soap&Skin « Lovetune for vacuum »

Sous ce drôle de pseudonyme se cache une jeune autrichienne de 19 ans Anja Pschlag. Elle chante avec une maturité étonnante, accompagnée d’un simple piano, de synthés, de nappes de violons parfois, et de sons électros. C'est un peu comme si la Cat Power des débuts était accompagnée par des sombres Coco Rosie même si l’influence la plus évidente semble être la belle Nico, l’égérie du Velvet Underground, originaire de la même région européenne puisque née à Cologne. On est ici convié dans un pays inconnu où la couleur n’existe pas et la mort omniprésente comme le prouve les titres de certains morceaux « Thanatos », la personnification de la mort dans la mythologie grecque ou encore « marche funèbre » en français dans le texte. C'est inquiétant et fascinant à la fois. Tout est noir, tout est sombre mais malgré tout, à l'image du superbe « Spiracle », il y a quelques perles dans cet album, des perles noires bien-sûr mais des perles qui brillent tout de même.
Myspace de Soap & Skin

Soap&Skin - Lovetune For Vacuum - 2009 - PIAS