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Dominique A « Eleor »

Dominique A est un mastodonte de la chanson française, une chanson française exigeante et particulièrement classe. Longtemps discret, c'est un artiste qui a échappé au succès en marchant sur les traces de Gérard Manset ou Jean-Louis Murat, et en restant un peu en marge, avec des disques pas toujours évident à appréhender. La critique a pourtant toujours été bienveillante, mais le succès s'est fait attendre. Depuis sa victoire de la musique, il y a deux ans, pour son album « Vers les lueurs », la roue semble avoir tourné et Dominique A, semble plus accessible. Cet Auteur/Compositeur/interprète aime sonner rock, comme le prouve souvent ces prestations sur scène. Mais il aime aussi les beaux arrangements. Ici, ils sont plutôt classiques, avec cordes et piano, mais toujours classieux. Le chanteur narre des histoires de voyage, de grands espaces et d'océans, mais aussi et surtout d'amour comme sur le superbe « Au revoir mon amour », composé avec sa compagne, Lætitia Velma. Entre promesses et douleurs. Au sein de sa discographie riche d'une dizaine d'albums, avec peu de fautes de goûts, celui-ci fait peut-être parti des meilleurs avec des titres particulièrement marquants comme le morceau final « Oklahoma 1932 », une ballade poignante piano-voix. On tient peut-être là un classique de la chanson française.

Dominique A - Eleor - Cinq à 7 - 2015






Jean-Louis Murat « Babel »

Je n'ai jamais vraiment écouté Jean-Louis Murat par le passé, mis à part lorsque dans ma chambre d'étudiant, j'écoutais les émission de Bernard lenoir sur France Inter. Pourtant le Monsieur sort un nouvel album presque chaque année depuis le milieu des années 80.  Mais avec celui-ci, il se passe quelque chose et la présence du Delano Orchestra, groupe de Clermont-Ferrand venus en amis et voisins, n'y est pas étranger. Jean-Louis Murat est un auteur/compositeur à l'univers rock comme l'atteste sa base rythmique guitare/basse/batterie. Mais son rock est ici largement teinté de folk, avec des bois, des cuivres (trompette en tête) et des vents. Les textes sont habités, intimes, et fragiles. Il est question de vie mais aussi beaucoup de mort, l'enregistrement de cet album ayant commencé à peine un mois après le décès de son père. Murat nous touche en chantant tel un homme triste, mais le Delano Orchestra avec sa trompette, même si parfois funèbre, lui redonne un souffle de vie, un souffle d'espoir. Cet album c'est aussi un voyage en Auvergne, au milieu des volcans. Oh certes ce n'est pas un grand voyage puisqu'on bouge entre Sancy et Chamablanc distant d'une trentaine de kilomètres. Mais le dépaysement est réel : on se retrouve un peu ailleurs, hors du temps, loin de l'agitation des villes. Et il chante un monde qui disparaît, celui des petits villages, comme il l'explique dans les pages des Inrocks : « J’essaie de refaire ce lien que mon père avait rompu en quittant la campagne pour la ville, en reniant sa culture rurale. L’ironie, c’est qu’atteint d’Alzheimer, il n’avait à la fin qu’une seule idée en tête : traire les bêtes, réparer les clôtures, rentrer les foins. » 

Jean-Louis Murat - Babel - PIAS - 2014

Noceurs « Le Jour - ep »

À l'origine, en 2012, Noceurs est un duo composé d'Agathe Bosch au chant et Ghislain Lemaire, au chant et à la guitare, deux briochins plus habitués aux planches des théâtres qu'aux scènes des festivals de musique. Ce duo s'est finalement transformé en groupe avec les arrivées de Jeff Alluin aux claviers et de Matt La Batte derrière la batterie. Leur premier single « Le Jour » est ciselé au cordeau, rempli de tensions et de sensualité. On pense (un peu) à Fauve pour son côté spoken word et on est saisi par le texte et son interprétation. La musique ne dénote pas, loin de là, avec notamment un clavier vintage nous ramenant au bonheur des seventies. Mais ce mini ep ne s'arrête pas à un single, et Noceurs s'attaque à différents genres (chanson, cabaret, rock, spoken word) sans complexes. Et ils auraient tort de se priver tant les voix d'Agathe et de Ghislain se marient à merveille comme sur « Les Fauves », un titre à l’atmosphère sombre et désenchanté. Alors sachez que le jour où vous allez découvrir Noceurs, ce ne sera pas une erreur et vous vous en souviendrez.

Noceurs - Le Jour (ep) - 2014


Mathieu Boogaerts « Mathieu Boogaerts »

Mathieu Boogaerts fait partie de ces artistes qui ont un truc en plus, un univers, et qui avec son style tout en délicatesse, est reconnaissable parmi mille. Pourtant, il ne reproduit jamais les mêmes schémas d'un album sur l'autre. Après un précédent « I Love you » composé autour de la batterie, il laisse cette fois toute leur place aux chansons. Des chansons où il est question de sensualité et de sexe, d'amour et de jalousie, de fantasmes, de rêves et de cauchemars. Des chansons simples, jamais niaises et toujours touchantes. Les arrangements sont des plus discrets (un peu comme sur « Michel » peut-être ce qu'il a fait de mieux jusque maintenant) avec un peu de guitare, un peu de piano, un petit cuivre par-ci, des petits chœurs par là, le tout sur une base basse/batterie légèrement chaloupée. Mathieu Boogaerts touche vraiment juste alors un seul mot : Abracadabravo !

Mathieu Boogaerts -Mathieu Boogaerts - 2012 - Tôt ou tard

Camille « Ilo Veyou »

Depuis ses débuts il y a une dizaine d'années et la période où elle usait et abusait parfois de la pédale à boucles, Camille a su évoluer pour devenir une figure majeure de la chanson française. Loin du controversé et expérimental "Music Hole" qui prenait toute sa dimension sur scène, ce 4ème album, parfois présenté comme « médiévale » alors que seul « Le berger » nous transporte dans ces temps anciens, dégage toutefois une atmosphère singulière. En raison, à la fois des lieux d'enregistrements (une église, une ruelle, ...) mais aussi du choix délibéré de garder quelques sons "parasites" comme des bruits de pas, des chants d'oiseaux, ou des voix lointaines. Les morceaux alternent les plaisirs, « L'étourderie » nous embarque dans une magnifique mini-transe amoureuse, sur « Allez allez allez » Camille s'amuse à singer les voix d'enfants pour reconstituer un chœur de fête de fin d'année scolaire, « My man is married but not to me » est un bricolage sonore à la Tom Zé et « Le banquet » est un instant de grâce mélancolique. Alors même si on sent qu'elle s'amuse beaucoup, comme sur « Mars is no fun » aux airs de Feist, c'est souvent lorsque la mélancolie pointe que Camille nous touche le plus.

Camille - Ilo Veyou - 2011 - EMI Music

Philippe Katerine " Philippe Katerine"

Si je vous dis sourire niais, cheveux longs, silhouette de dandy kitch vous répondez... Philippe Katerine. On retrouve l'ex étudiant, 42 ans déjà, amateur de performances et de dérision pour le lancement de son nouveau disque et l'album divise déjà la critique, Katerine cultive le 1er degré et nous offre un objet non identifié où l'on célèbre la naïveté, la facétie, la provoc à deux balles. Alors le nouvel album de Philippe Katerine est une folie douce, une œuvre démente, un album raté, une pochade débile, c'est tout ça à la fois et encore merci parce que quel plaisir à l'écoute de : "Le rêve", "La banane", "Bla bla bla", "Bisous" et j'en passe . Le chef d'œuvre dadaïste, personnel et touchant d'un garçon heureusement génial, pour les grincheux et autres pisse-froid ils n'ont qu'a aller savourer Johnny.

Philippe Katerine - Philippe Katerine - 2010 - Barclay

Fantazio « Cinq Mille Ans de Danse Crue et de Grands Pas Chassés »

Ceux qui parlent le mieux de cet énergumène sont ceux qui ont l'occasion de le voir souvent en concert. En effet, l'Eléfantazio vient de la scène, enfin surtout de la rue ou des squats où il a traîné sa contrebasse pendant de nombreuses années avant d'accoucher d'un premier album "The Sweet Little Mother Fuckin' Show". Il faut dire qu'il rejette en grande partie le music business et de toute façon sa liberté sauvage et son ton iconoclaste serait loin de faire l'unanimité dans le milieu. Pour en revenir au début de mon article, je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de le voir depuis des années et je dois dire que comme les autres festivaliers, j'étais resté scotché. Bon alors Fantazio c'est quoi? Ben, c'est de la chanson, de la poésie absurde et émotionnelle servie sur de la musique inventive, mélange de collages d'instruments et de bruitages, d'instruments ethniques utilisés de façon surprenante. Le subversif commence ses chansons en français et les termine en anglais ou inversement, troque une voix de fillette contre celle d'un crooner ou d'un hurleur de death metal. Ces comptines écorchées font mouche et l'album est émaillé de jolis instrumentaux bruts et touchants. A noter la participation de René Lacaille sur l'excellent titre manifeste "la musique populaire". Un album sous tripes.
Le site de Fantazio

Fantazio - Cinq Mille Ans De Danse Crue Et De Grands Pas Chasses - Autoproduction - 2009

Rachid Taha « Bonjour »

« Salam aleikoum ! » Rachid Taha et bienvenu chez nous. D'abord parce qu'on se souvient de ton formidable « Arabécédaire » de l'an dernier en duo avec Rodolphe Burger sur le très recommandable « No Sports ». Mais aussi parce c'est toi, Franco-algérien, qui reprenait en 1986 avec tes potes  de Carte de Séjour le « Douce France » de Charles Trénet. Et en cette période où la question de l'identité nationale fait débat, cette reprise semble toujours autant d'actualité.
Le nouvel album débute comme un Amadou et Mariam avec « je t'aime mon amour » et je t'aimerai toujours, accompagné de petits sons électros, et d'une guitare blues du désert. C'est comme si tu avais fait un casse chez le célèbre couple aveugle du Mali en y rajoutant ta petite touche, ta voix rauque si caractéristique, des paroles en arabe  et une guitare arabisante. La musique est métissée comme souvent chez toi, qui aime autant le chaâbi que le rock'n'roll, même si ici tu penches bien plus vers la pop. Cette inclinaison est peut-être liée à la présence de Gaëtan Roussel, chanteur de Louise Attaque et co-réalisateur du disque avec l'Américain Mark Plati. C'est en duo que vous chantez le titre au message universel « Bonjour », véritable sucrerie pop rose-bonbon à l'image de la pochette. Mais l'album n'est finalement pas toujours aussi kitch, et quelques bonnes surprises nous sont réservées comme le titre « Sèlu », où tu salues tes ainés Oum Kalsoum, Youssef Chahine et autres humanistes. On est tout de même bien loin de la sobriété des arrangements traditionnels des « Diwan 1 » en 1998, et « Diwan 2 » en 2006, et on le regrette mais tu restes le bienvenu. 

Rachid Taha - Bonjour - 2009 - Barclay


Sheila « Bang Bang »

« J'aime beaucoup Sheila. Je trouve qu'elle a du rythme et j'aime sa voix ; elle exprime très bien la chanson populaire. Il ne faut pas avoir une petite moue de dédain pour ce type d'art ». Ainsi s’exprimait François Mitterrand, sur Europe 1, le 26 avril 1976. Pas certain qu'à l'époque, à l’instar du futur Président de la République, beaucoup d’entre nous aurait assumé ce genre d’affirmation.
« Bang Bang » est un morceau écrit 10 ans plus tôt, en 1966 par Sonny du duo Sonny & Cher. La même année sortaient « Revolver » des Beatles, « Blonde on blonde » de Dylan, ou « Aftermath » des Stones. La version de Nancy Sinatra a fait l’ouverture du film de Kill Bill de Tarantino en 2003. François Ozon, lui, a utilisé la version française interprétée par Sheila dans son court-métrage « Une robe d’été » en 1996. Dans ce film, deux jeunes hommes amoureux sont en vacances au bord de la mer et l’un deux se laisse tenter par une aventure féminine. Un film à l’atmosphère étrange, à découvrir aussi bien pour le talent de François Ozon que celui des acteurs mais surtout pour la version française de « Bang Bang ». Il faut bien admettre toutefois que la réhabilitation de Nancy Sinatra par Quentin Tarantino avait eu bien plus d’effet que celle de Sheila par François Ozon. On se demande toujours pourquoi !

Sheila « Bang bang »

Nancy Sinatra « Bang Bang »

Sebastien Charles « Bang Bang » dans « Une robe d’été » François Ozon.

Ödland « The Caterpillar »

Les membres de Ödland avouent ne pas avoir la volonté de vendre leur musique mais de la partager avec un maximum de personnes où qu’elles soient dans le monde. C’est la raison pour laquelle le mini The Caterpillar, première sortie du groupe, est disponible en téléchargement gratuit en collaboration avec le label aerotone en attendant la réalisation d’un album complet déjà baptisé « Ottocento ». La musique de Ödland est inspiré de la musique du 19ème siècle avec des références tels Tchaïkovski ou Chopin, et du ragtime américain. Il faut dire que Lorenzo Papace, la tête pensante lyonnaise du groupe a une formation de pianiste classique. Il s’est entouré de trois jeunes femmes, Alizée Bingöllü, la chanteuse, toujours sur le fil, Isabelle Royet-Journoud, photographe de métier, qui explore de nouvelle contrées en jouant du ukulélé et des instruments-jouets, et Léa Bingöllü, la violoniste. Les textes sont inspirés par les contes de Lewis Caroll ou d’Edgar Allan Poe et Boris Vian n’est jamais très loin. Dans l'univers onirique du groupe, on rencontre une jeune fille qui voudrait grandir "parce que 3 pouces c'est bien pitoyable", ou encore Mathilde Rossignol, qui meurt d'épuisement sur la piste de danse en 1897 au bras d'un Gustave à la mauvaise haleine. Une musique acoustique et des textes originaux qui devrait permettre à Ödland d'exhausser son souhait de voyager à travers le monde.

Ödland - The Caterpillar - 2009 - aerotone

Davy Sicard « Kabar »

Davy Sicard, né en région parisienne d’un père malgache et d’une mère réunionnaise, nous propose un maloya métissé. Ce style musical, bien que jamais officiellement interdit, avait fini par être dénigré par certains réunionnais, le considérant comme une musique de sauvage trop répétitive pour être intéressante. Mais aujourd’hui le maloya a été réhabilité et symbolise à merveille l’identité réunionnaise. Avec sa musique, plus proche de la chanson que de la musique traditionnelle, Davy Sicard nous communique une sorte de sérénité. La voix du chanteur est douce et les mélodies sont délicates. Accompagnées d’une guitare ou de percussions traditionnelles, les paroles, presque exclusivement en créole, sont difficilement compréhensibles pour le commun des francophones. Il y aborde la prise de conscience sur la vie, sur le monde après une période de deuil, mais aussi le quotidien des Réunionnais et les grands problèmes sociétaux comme le matérialisme croissant et l’écologie. C’est un hymne à la vie, un album pour ouvrir les yeux et l’esprit de ceux qui l’écouteront.

Davy Sicard - Kabar - 2008 -Up Music


Ferré, Brassens, Brel, la rencontre

Il y a 40 ans, le 6 janvier 1969, un jeune journaliste François-René Cristiani réunissait trois monstres de la chanson française pour une rencontre historique. Léo Ferré, alors 52 ans, est au sommet de son art. Il s’apprête à monter sur la scène de Bobino pour un mois. Georges Brassens, 47 ans, connaît de sérieux problèmes de santé à cette époque, et n’est pas remonté sur scène depuis le 13 février 1967 à Bobino. Jacques Brel, 39 ans, joue alors dans la comédie musicale « L’homme de la mancha ». Ces 3 artistes sont réunis autour d’une table sur laquelle canettes de bières et cendriers côtoient les micros.
Les trois hommes vont alors disserter pendant plus de deux heures sur la poésieJe mélange des paroles et de la musique, et puis je les chante », Brassens; « Je suis un petit artisan de la chanson », Brel; « Les gens qui se disent poètes, ce sont des gens qui ne le sont pas tellement, au fond », Ferré), leur métierUne putain, je fais le même métier qu’elle, c’est une femme qui vend son corps, et moi aussi je vends quelques chose de mon corps, je vends ma voix », Ferré; « De toute façon, elles sont aussi artiste que nous nous sommes aussi putain qu’elles », Brel), l'argentC’est très emmerdant, cette histoire d’argent. Parce que beaucoup de types se lancent dans la chanson uniquement pour ça. Nous, on était très content de gagner notre vie avec nos petites chansons, mais on n’a pas fait ça dans cette intention, on l’a fait parce que ça nous plaisait. Ça ne nous rapporterait rien qu’on le ferait quand même ! », Brassens), la mortEn acceptant de vivre, j’ai accepté de mourir aussi », Brassens), l'amourQuand l’amour s’en va, il est déjà parti depuis longtemps »Ferré; « La plupart des gens, si on ne leur en avait pas parlé, ils n’y auraient pas même pas pensé ! », Brassens), les femmesOh, la femme, c’est un être charmant quand elle s’en donne la peine, et pénible sans s’en donner la peine ! », Brassens; « On n’a pas le droit de se foutre dans les pattes d’une bonne femme qui vous tient en laisse ! », Ferré; « On est tous les trois beaucoup trop féminins pour apprécier follement les femmes… », Brel), les enfantsN’en ayant jamais eu je ne peux pas savoir ce que ça peut apporter ou pas  », Brassens; « Comme j’en ai et n’ayant été que très peu de temps n’en ayant pas, je ne peux pas en parler non plus », Brel), la critique ( « Il n'y a pas d’hommes méchants, Il n'y a qu’des peureux, il n'y a qu’des couillons ! », Ferré), ou encore le cinéma, la religion, l’anarchie, Gainsbourg, les Beatles. L’ambiance est décontractée, les trois hommes semblent complices, se plaisent à débattre et rire ensemble.

A un moment Léo Ferré avouera une idée de fou, celle de se retrouver un jour tous les trois sur scène pour un tour de chant. Cela ne se fera pas mais vu la dimension historique qu’a pris aujourd’hui ce document, difficile d'imaginer la portée qu’aurait eu un concert commun.



Emily Loizeau « Pays Sauvage »

Emily Loizeau avoue des influences tel que Bob Dylan, Tom Waits, la bande à Devendra Banhart ou encore Bruce Springsteen dont elle cite souvent l'album « We shall overcome », enregistré en quatre jours autour d'une bonne vieille bouteille de whisky. Celui d’Emily a été enregistré avec deux musiciens, en Ardèche, avant d’y convier de nombreux invités lors de sa réalisation finale. Les nouveaux « folkeux » de la scène française sont présents avec Moriarty et Herman Dune, Thomas Fersen prête sa voix le temps d'un duo, Jeanne Cherhal, Olivia Ruiz et Nina Morato jouent les choristes sur un titre. Le plus surprenant est la présence du mystique Réunionnais Danyel Waro, plus habitué au rythme du maloya, avec son célèbre instrument, le kayanm. La musique entre blues, folk, country, gospel et comptines confirme tout le talent de la jeune femme qui avoue qu’une artiste comme Camille, avec toutes ses folies, l'a aidé à se décomplexer. Elle entame une tournée à partir du 27 février. Ci-dessous un extrait de « Dis moi que tu ne pleures pas ».
Le site officiel d'Emily Loizeau

Emily Loizeau - Pays Sauvage - 2009 - Polydor/Universal

Et en bonus un extrait du précédent album « L'autre bout du monde » où Emily Loizeau, accompagnée de J.Tillman est filmée par l'équipe de La Blogotheque pour les fameux Concerts à emporter.

Meilleurs albums 2008 - n°6 - Joseph D’Anvers « Les choses d'en face »

Il avait déjà été l’auteur d’un bon album de chanson folk en 2006 avec « Les choses d’en face » mais pour ce nouvel essai l’artiste a décidé de quitter la France pour le Brésil. Pourtant cet album ne respire pas le soleil de Copacabana c’est le moins qu’on puisse dire. mis en forme par Mario Caldato Jr, producteur américain, habitué aux Beastie Boys, l’album est pop et sombre aux influences marquées tel Gorillaz ou autre Beck. Avec lui, et Mathieu Boogaerts, le paysage de la chanson française s’ouvre de nouveaux horizons. Il ouvre les portes de la pop à la chanson en expérimentant des sonorités nouvelles. C’est une année particulière pour lui puisqu’il a aussi écrit et composé un album complet à Dick Rivers, une chanson sur le très bon dernier opus de Bashung et enfin son propre album. Celui-ci est certes loin d'atteindre la perfection mais a le mérite d'ouvrir pas mal de portes.

Joseph D’Anvers - Les choses d'en face - 2008 - Universal

Meilleurs albums 2008 - n°9 - Rodolphe Burger « no sports »

3 albums en 15 ans pour l’ancien leader du groupe Kat Onoma, qui n’avait rien sorti en solo depuis 1998 avec « Météor show ». Et la patience a des vertus puisqu’on a le droit cette année a du très bon Rodolphe Burger à base de rock et de blues et un soupçon d’électro. Mais ici, la musique de Burger dépasse les frontières et n’hésite pas à absorber les influences étrangères, lui qui trouve parfois le climat musical en France étouffant. La guitare nous rappelle parfois celle du Malien Ali Farka Touré et on assiste aussi à une magnifique leçon d’arabe en compagnie du professeur Rachid Taha. Sa voix rauque nous guide dans son univers, à travers de très bons textes, pour ce « No Sports » faisant référence à Churchill, lorsqu’il expliquait les secrets de sa longévité. On peut penser que du sport, notre homme, n’en pratique pas énormément au vu de la qualité de son nouvel opus. Autant dire qu’avec Bashung, les anciens sont toujours là !

Rodolphe Burger - no sports - 2008 - Capitol

Meilleurs albums 2008 - n°14 - Alain Bashung « Bleu Pétrole »


Bashung a eu envie de mélodies et de chansons pour « Bleu pétrole » se démarquant ainsi profondément de son précédent album « L’imprudence ». Il a donné les clefs de la boutique à une nouvelle génération d’auteurs et compositeurs. Les textes et la musique de Gaëtan Roussel, de Louise Attaque, forment l’essentiel de l’album avec aussi la participation de Joseph D’Anvers, Armand Méliès et Gérard Manset. L’album est plus pop, plus accessible, mais le chanteur avec sa voix si caractéristique nous touche toujours autant. Chaque morceau fait son effet immédiatement et Bashung chante les textes des autres comme si c’était les siens et même le « Suzanne » de Léonard Cohen semble avoir été écrit pour lui. Touché !
Le site officiel de Bashung

Alain Bashung - Bleu Pétrole - 2008 - Barclay