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"Sherlock Holmes, jeu d'ombres" Guy Ritchie

Le dernier Guy Ritchie que j'avais vu en salle c'était Revolver, le film m'avait déçu. Du coup j'avais laissé filer Rock'n rolla, dans lequel "le" Guy retrouvait un peu ses marques et l'esprit de Snatch , pour moi son meilleur film! En 2009 Ritchie s'est alors lancé dans le blockbuster américain avec Warner avec l'adaptation de Sherlock Holmes. J'avais alors découvert le film en DVD et ce fut une agréable surprise. Guy Ritchie avait bel et bien réussit à moderniser le mythe de Sherlock Homes plutôt intelligemment. Joel Silver à la production, un duo d'acteurs digne de ce nom, un scénario bien mené, et une bonne dose d'action, on est dans l'esprit des productions 80, comme l'arme fatale. Typiquement le genre de film qui me détend!
Alors voilà la suite mise sur les mêmes ingrédients, une grosse production bien faite, pour le bonheur des grands enfants que nous sommes. Le scénario actualise toujours les caractères inventés par Arthur Conan Doyle et s'amuse beaucoup de la relation de couple qui existe entre Watson et Holmes, toujours interprétés avec maestria par Jude Law et Robert Downey Junior. Leur complicité et le plaisir communicatif qu'ils ont de jouer contribuent largement à la qualité de ce divertissement. Le vilain de l'histoire et ennemi juré de Holmes, Moriarty, est à la hauteur et interprété par le très "english" Jared Harris. Guy Ritchie renoue avec l'univers gitan, qui semble être une source d'inspiration pour lui et embauche dans le premier rôle féminin Noomi Rapace, La fameuse interprète de Lisbeth Salander. La musique de Hans Zimmer quant à elle, m'a fait penser à une autre: soit celle d'un Ennio Morricone, soit d'un film français sur lequel je n'arrive pas à mettre un nom! (peut-être les deux? aidez-moi!)
Pour finir on échappe tout de même pas à quelques effets de style cher à Guy Ritchie, un peu répétitifs, je pense notamment au principe du flash forward qui s'instaure avant chaque confrontation de Holmes à un adversaire, filmé à la mode, accéléré, ralenti, arrêt sur image.

"Le Chat Potté" Chris Miller

le Chat Potté, personnage issu de l'univers Shrek, se retrouve sous les feux des projecteurs avec ce film qui lui est entièrement consacré. Une bonne idée que ce "cross-over" de la part des studios Dreamworks. Plus "fun" et plus sympa que les deux derniers Shrek, le Chat Potté est une réussite. Pleins de personnages incroyables et drôles, une animation toujours excellente et un bon scénario bien rythmé, un bon "mix" de plusieurs contes. A voir en famille.

"Shame" Steve McQueen

Avec un peu de retard, j'ai vu Shame de Steve McQueen (dit III), à priori aucun rapport avec l'acteur homonyme. Certain dans le commentaire du bilan de fin d'année regrettait que ce film n'y figure pas. Il aurait pu l'être effectivement ou s'il n'y avait pas été il n'aurait sûrement pas été bien loin du "top Ten" de l'année 2011. Shame est le film sulfureux de cette fin d'année, puisqu'il parle de l'addiction sexuelle, une maladie qui a fait parler d'elle cette année, dont nombre de magazines de tous poils ont fait l'écho depuis la fameuse affaire DSK. Une addiction finalement cher à notre époque, dont le nombre d'adepte grandit, et ce visiblement depuis la démocratisation d'internet et la multiplication des sites de sexe en ligne.
Le film suit Brandon, Jeune "yuppie" New-yorkais, célibataire qui justement assouvit au quotidien son addiction par des rencontres éphémères ou le surf sur les sites porno de tout genre. Sa vie très solitaire est organisée autour de cette addiction, et il se démerde avec, jusqu'au jour où débarque sa sœur pour s'installer dans son appartement. Peu à peu, Brandon va se sentir piégé, acculé. Que ce soit le frère ou la sœur, l'un et l'autre ont un mal être de l'existence, très marqué et la façon dont ils ont d'y répondre est opposée. Brandon axe sa vie sur le plaisir physique, à la manière des musiciens de Be-Bop de Sur la route, il est en perpétuel recherche du "hit", et se refuse à aimer, au sens spirituel. Il semble en être incapable malgré quelques tentatives. Sa sœur quant à elle, cherche l'amour avec un grand A, n'hésitant pas à se jeter dans les bras du premier venu. Malgré les liens fraternels qu'il peut avoir pour elle, il reste seul et ne conçoit les choses que comme ça. La solitude est au cœur du film.
Après Drive, Shame est un autre beau portrait sur un mort-vivant. C'est l'axe choisi par Steve McQueen, contrairement à Claire Denis qui avait fait un parallèle de l'addiction sexuelle avec le vampirisme dans Trouble every day
La foi ou le manque de foi en ce qui concerne Brandon est le sujet central du film. Le titre : Shame qui signifie Honte, ancre l'histoire dans la morale judéo-chrétienne, et la luxure fait évidemment parti des 7 péchés capitaux. On surfe sur le thème de la rédemption, même si ici il n'y en a pas vraiment! Contrairement à un film de la trempe de Bad lieutenant, auquel on pense forcément, Shame ne va pas vraiment au bout de son sujet. De plus on aurait aimé en savoir un peu plus sur le passé des protagonistes. A la fin du film Sissy dit à son frère: " Ce qui est pourri c'est d'où on vient ", un peu trop mystérieux!
le film est cependant d'une rare beauté glauque, magnifiquement interprété notamment par son acteur principal, Michael Fasbender. Son interprétation sophistiquée est un atout majeur, savamment soutenu par une réalisation très tenue. Les cadrages n'hésitent pas à coincer son personnage dans les coins à la limite du hors-champs accentuant le caractère "border-line" et asocial du héros. McQueen orchestre son film autour d'un découpage soigné, il alterne de magnifiques plans séquences à la sortie d'un métro ou lors d'un travelling impressionnant, il suit la course effrénée et libératrice de son personnage sur une distance de plusieurs blocs. Il sait aussi s'arrêter en plan fixe sur Sissy (Carey Mulligan), le temps de son interprétation de New-york New-york. A n'en pas douter Shame restera bien dans les mémoires.


"Hugo Cabret" Martin Scorcese

Le dernier film de Scorcese est donc un film pour enfants, un genre qu'il n'avait jamais abordé, et que l'on pensait réservé à son ami Spielberg. Bien lui a pris d'adapter à l'écran le livre éponyme de Brian Selznick puisqu'à l'arrivée, Hugo Cabret est tout simplement un chef d’œuvre que j'ai eu la chance de voir avant de faire mon petit bilan 2011 et dans lequel il figure en bonne place. Le livre commence à peu près comme ça: "Imaginez d'abord que vous êtes assis dans le noir, comme au cinéma avant le début d'un film. Sur l'écran, le soleil se lèvera bientôt, et un zoom vous emmènera à travers le ciel jusqu'à une gare située au cœur de la ville. Vous franchirez les portes pour survoler le hall grouillant de monde, et là, parmi la foule, vous apercevrez un garçon qui se déplace dans la gare. Suivez le bien, car c'est Hugo Cabret." Le film commence de la même manière, Scorcese qui ne travaille pas trop du zoom mais plutôt du travelling commence son film sur un plan large de la ville (Paris année 30) et s'engouffre dans la gare passant au dessus des quais jusqu'à cadrer en gros plan l’œil de son héros caché derrière l'horloge de la gare. on appelle ça un plan séquence, et quel plan! la fluidité des mouvements de caméra chère à Scorcese accentuée par l'utilisation de la 3D est tout simplement superbe. La caméra chez Scorcese a toujours été comme le pinceau chez le peintre, le stylo chez l'écrivain, son principal outil, avec lequel il modèle sa pensée cinématographique. Par essence c'est un réalisateur qui a toujours pensé 3D à travers la mise en scène de ses mouvements de caméra. Alors ici, puisqu'il s'agit d'une histoire pour enfant, le réalisateur ne cesse de s'amuser, avec ses mouvements, avec la 3D, il suit son héros dans les galeries de la gare Montparnasse et les mécaniques des mouvements d'horlogerie. A ce propos, les décors de Dante Ferretti sont magnifiques et rendent hommage à l'iconographie du début du siècle dernier. Scorcese, historien du cinéma, en profite pour jouer avec cette idée de 3D qui n'existait pas à l'origine du cinéma pour créer une panique dans la salle. L'arrivée du train en gare de la Ciotat des frères Lumière simplement en 2D avait déjà pu créer cette sensation. Scorcese nous rejoue alors dans une grande scène de film catastrophe un fait divers qui avait marqué l'année 1895, ou à la gare Montparnasse, un train n'ayant pu s'arrêter, avait fini sa course dans la rue! Outre la possibilité de passer le pas de la 3D, Scorcese a vu aussi dans l'histoire de Hugo Cabret l'occasion de rendre hommage au cinéma des débuts. Le scénario nous entraîne en effet sur les traces du réalisateur Georges Mélies interprété par Ben Kingsley qui devient un habitué du réalisateur. On se retrouve alors sur les tournages de ce premier grand magicien du cinéma. Scorcese recrée même ses studios de Montreuil. L'occasion pour les grands et les petits de voir ou revoir les images de ses films en partie oubliés. Méliès était le Spielberg de l'époque, l'un des premiers à avoir fait des effets spéciaux, à avoir vu dans le cinéma la possibilité de créer du rêve, de la magie...
Hugo Cabret, c'est l'hommage de Scorcese à tout un pan du cinéma, celui de la lanterne magique.
Le film est aussi l'occasion de retrouver Sacha Baron Cohen dans un rôle à mille lieues de Bruno. Scorcese prend un petit peu de liberté quand à la géographie parisienne situant la gare Montparnasse dans un plan sur les bords de la seine! (à l'emplacement d'Orsay finalement) Sinon le film est un petit peu long, c'est le seul reproche que l'on puisse faire et encore on sent que le réalisateur et sa célèbre monteuse Thelma Schoonmaker ont coupé deci delà quelques éléments. Je suis donc partagé à l'idée d'avoir un film plus court ou au contraire une version longue, qui me permettrait d'être plongé encore un peu plus dans cet univers. Hugo Cabret est sans conteste l'un des plus grand films de 2011.

"Mission impossible: le protocole fantôme" Brad Bird

"Totom" est de retour et reprend pour la quatrième fois à l'écran le rôle de l'agent impossible Ethan Hunt. Effectivement pour ceux et celles qui ne le savent pas, le protocole fantôme c'est en fait MI 4! Réalisé par un transfuge de chez Pixar : Brad Bird, qui signe pour la première fois un film de chair et de sang. Qu'en est-il de cette aventure au titre prometteur? Au vu de la bande annonce, le film est une petite déception. Je dis petite parce qu'il y a bien le lot attendu de scènes d'actions improbables que seul le cinéma peut nous offrir! Tom Cruise effectue quelques cabrioles de haut vol comme à l'accoutumée dans la série et rentre définitivement dans la catégorie des acteurs cascadeurs qui va de Harold Lloyd, en passant par Belmondo jusqu'à Jackie Chan! Il y a bien quelques belles idées et drôleries sympathiques mais l'ensemble peine un peu. Le film met du temps à se mettre en place et les scènes de transitions sont pas vraiment folichonnes. Avec un titre pareil on aurait pu s'attendre à une aventure plus mystérieuse. On en sort un peu frustré par le manque de plaisir auquel on s'attendait à prendre en entrant dans la salle.

"Dernière Séance" Laurent Achard

Voilà typiquement le genre de film français sur lequel je ne sais pas vraiment quoi dire ou penser! Le très bon accueil critique et le fait que le film soit un hommage au Giallo ont poussé ma curiosité dans la salle. L'histoire suit un jeune-homme dont la vie est bilatérale. D'un côté il est le projectionniste d'une petite salle indépendante d'une ville de province, de l'autre s'est un serial-killer qui collectionne les oreilles de ses victimes. Le film qui semble être inspiré d'un fait divers qui s'est joué dans l'est de la France, ne s'intéresse pas du tout à l'aspect policier de l'histoire, mais suit simplement au quotidien ce personnage qui a visiblement un gros traumatisme hérité de sa petite enfance.
Le paradoxe du film se situe entre le traitement apporté à l'histoire dans la lignée "auteur" réaliste, chère au cinéma français et l'histoire même, qui apparait être un conte noir (donc pas vraiment réaliste!). Le film ne s'attache qu'au personnage principal, très bien interprété par Pascal Cervo, de manière purement factuelle : il est projectionniste, on le voit projeter. pas de gros plans, pas de sensiblerie, une vraie volonté de réserve avec beaucoup de hors-champs. L'ensemble des partis pris de réalisation tend à rendre l'ambiance du film proche de la réalité: son direct, lumière blafarde, plan fixe à hauteur d'homme.
A force de réserve quant au sujet, (on y va sur la pointe des pieds ), on y perd quand même un peu d'intérêt. les gros plans sur le visage de l'acteur fonctionne bien mais l'effet est un peu répétitif. A mon sens, finalement seule les scènes qui se laissent aller à l'émotion (l'enfant et sa mère, excellente Carole Rocher) ou le final qui tend effectivement vers les excès du Giallo avec "moulte" giclées de sang jusqu'à la scène où le personnage se retrouve "noyé" dans les frou-frou des filles de French Cancan, nous permettent de ressentir quelques émotions.
Alors effectivement la mise en scène évite les poncifs du genre, et est éloignée comme je l'ai souvent lu dans les critiques du formatage actuel. Il y a cependant dans cette entreprise un côté qui m'apparait daté. il m'en restera une ambiance de province glauque vraiment bien rendu et rien que ça , ça fait peur!

"Carnage" Roman Polanski

Un an après l'excellent Ghost Writer et la fameuse affaire Polanski qui a déchainé les passions, le grand réalisateur franco-polonais est de retour derrière la caméra. Carnage est une adaptation sur grand écran de la pièce de théâtre le Dieu du carnage de Yasmina Reza. Un exercice de style pour Polanski, qui dans ce domaine avait déjà réalisé l'adaptation de la jeune fille et la mort dans les années 90. Un exercice toujours périlleux que celui d'adapter une œuvre théâtrale au cinéma. A ce petit jeu Polanski s'en tire à merveille, et prouve encore une fois combien il maîtrise sa réalisation, soigne sa mise en scène et dirige ses acteurs si justement. Les quatre protagonistes de ce "petit" drame sont interprétés par quatre acteurs tout simplement incroyables, Jodie Foster, Kate Winslet, Chritoph Waltz, John C.Reilly sont la grande force de ce film.
L'unité de lieu n'empêche pas le film d'exister en tant que tel, et Polanski s'affranchit des quelques subterfuges de théâtre par sa mise en image. Seuls, deux plans sont pourtant tournés à l'extérieur de l'appartement, ils ouvrent et ferment le film comme deux parenthèses. L'ouverture du film permet au spectateur d'être témoin de l'agression d'un gamin par un de ses amis. Cette agression déclenche la rencontre des deux couples de parents et est le prétexte à dérouler la pièce. La question principale qui ressort de ce drame est de savoir quelle est la teneur de la responsabilité en cas d'agression de l'agresseur mais aussi de l'agressé.(On se demande bien ce qui a intéressé Polanski dans ce script ?!:)) Une question qui va déchainer les passions dans cet appartement new-yorkais, où chaque protagoniste va finir par imploser! Chaque personnage incarne une vision particulière de la façon dont devrait fonctionner la société, le monde. Évidemment tout ceci est subjectif, d'où la difficulté à s'entendre! Toujours est-il qu'après cette montée d'échange passionnel entre les personnages, la réponse de l'auteur réside alors, peut-être dans ce second plan qui ferme le film, sur une note semble-t-il d'espoir.

Meilleurs Films 2011

Faire le bilan de l'année est toujours un exercice difficile, ça reste quelque chose de non-exhaustif, de subjectif. En matière de cinéma il faudrait avoir vu l'ensemble des films produit pour pouvoir en faire un compte rendu complet et ce n'est pas mon cas. L'idée sera donc d'extraire de l'année cinéma 2011 quelques tendances ou films qui marquent l'histoire du cinéma. Que restera-t-il de cette année 2011 d'ici quelques temps ?

Une fois encore, alors qu'il apparaissait il y a quelques années comme un gadget à but lucratif, le cinéma 3D s'est avéré être encore plus présent et innovant cette année. J'ai eu le loisir de voir dernièrement la version 2011 de Conan, film développé pour cette nouvelle forme de cinéma. Le film est très mauvais et prouve bien qu'on ne peut pas produire un film simplement sur l' idée qu'il sera en 3D. Avec "400" plans de plus que dans la version de Millius du début des années 80 le film est "400" fois moins bien et encore! pas de scénario, un mauvais découpage, un mauvais montage, pas d'ambiance, une réalisation pauvre. Le problème ne vient pas de la 3D, dans l'absolu elle ne change rien à la qualité d'un film. ce qui importe avant tout, ceux sont les talents impliqués dans une production. Voilà la raison pour laquelle le Conan de Millius restera encore quelques années présents dans l'esprit des spectateurs qu'il eut été en 3D ou non.

La 3D seule n'apporte rien au cinéma quand elle n'est utilisée que pour enjoliver l'"entertainment". C'est juste un nouvel outil et un film en 3D doit d'abord fonctionner en 2D. Par contre, on a vu cette année, quelques réalisateurs de grand talent commencé à s'intéresser à cette nouvelle technologie. La preuve finalement que ce qui n'était qu'un gadget lucratif, finira peut-être par marquer l'histoire du cinéma. David Lynch un jour nous livrera peut-être une œuvre majeure qui s'appuiera dessus! C'est à espérer en tout cas.

Alors y'a t'il dans mon top 10 des films qui m'ont le plus marqué cette année un film en 3D? Voici donc ma petite liste qui n'a rien de bien originale dans la mesure ou je n'ai vu que les "grosses" sorties. De plus j'ai du voir 30 films à tout casser! En ce qui concerne les premières places de ce top, mon choix n'a cependant pas été difficile.


N°1- The Fighter
de David O. Russel

"Pour l'émotion, mais tout y est!"

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N°2- The Tree of Life
de Terrence Malick

"Pour la beauté de ses plans aux steadycam et la spiritualité qui s'en dégage"

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N°3- Une Séparation
de Asghar Farhadi

"Pour la subtilité des sentiments"

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N°4- Melancholia
de Lars von Trier

"Pour la tension"

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N°5- Hugo Cabret
de Martin Scorcese

"Pour l'amour du cinéma. Premier film en 3D du maitre qui de plus rend hommage à Georges Mélies le premier "entertainer" du cinéma!"

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N°6- Drive
de Nicolas Winding Refn

"Définitivement pour l'ambiance!"

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N°7- Black Swan
de Darren Aronofsky

"Pour Nathalie Portman!"

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N°8- La piel que Habito
de Pedro Almodovar

"Pour "Pedro" toujours au top!"

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N°9- The Artist
de Michel Hazanavicius

"Pour la classe internationale! bientôt Dujardin aux Golden Globes."

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N°10- Rio
de Carlos Saldanha

"Pour l'avoir vu et revu une dizaine de fois avec mon gamin depuis sa sortie avec toujours autant de plaisir. premier dessin animé dont les chansons ne me prennent pas la tête!"

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Voilà! N'hésitez pas à envoyer votre propre classement en commentaire!

"Time out" Andrew Niccol

Absent des écrans depuis le très bon Lord of War, dernier grand rôle de Nicolas Cage, Andrew Niccol, revient avec Time Out, et donc à son genre de prédilection: la SF. Un genre qui a d'ailleurs fait son succès, souvenez-vous, Bienvenue à Gattaca, film aujourd'hui culte, c'est lui! La SF est typiquement le genre qui permet de parler des travers de notre société tout en décalant ou enveloppant le propos à la sauce futuriste ou anticipation, Time Out ne déroge pas à cette règle. L'intérêt principal du film tient dans la charge qui y est faite de notre système économique et social. L'idée est simple, ici le temps a remplacé l'argent. ce qui fait du monde illustré dans Time Out un monde relativement proche du notre. Le petit truc SF en plus est que les hommes ne vieillissent plus, en tout cas physiquement au delà de 25 ans. Ce qui ramène le propos du film au problème de surpopulation que l'on connait aujourd'hui mais crée aussi quelques décalages à l'image assez intéressants. Un monde finalement en tout points semblable au notre : les dominants ont du temps à n'en plus savoir qu'en faire et les dominés doivent trimer, voler ou emprunter pour gagner quelques minutes. Une population en asphyxie une autre par le truchement d'un système, un thème qui était aussi dans Total Recall. Le film aurait pu s'appeler Time is Money puisqu'il est l'illustration de cette expression, il s'appelle in Time en VO et Time Out en français ce qui prête à sourire quand on lit ce sous titre en début de séance. Je me pose encore la question sur ce choix de traduction du titre anglais par un autre titre anglais ( ce n'est pas la première fois).
Justin Timberlake et Amanda Seyfried portent le film sur leurs épaules et leur charme assure le côté sexy de la production, ce choix malheureusement est aussi peut être la raison des limites du film. En effet le film habille Justin Timberlake en costumes trois pièces façon James Bond dans la première partie puis suis les traces de Bonnie & Clyde du futur dans la deuxième partie sans finalement aller au bout du propos ni à hauteur de cette référence. Au final Le duo certes "fun" n'endosse ni le costume d'icône révolutionnaire, ni celle de martyrs. En terme de mythe, ils ne font par exemple pas le poids face au couple de Matrix, Neo et Trinity. L'histoire et Le potentiel charme du duo d'acteurs, nous fait tout de même passer un bon moment même si le film perd clairement de son intérêt dans la deuxième partie. Seul le lien qui lie le personnage de Timberlake à celui du flic permet de garder le suspense. Niccol outre son postulat de départ, réussit pourtant quelques grandes scènes de suspense et de cinéma, la mort de la mère du héros, la scène du casino et la fin de la poursuite avec le flic. Time Out aurait pu devenir une référence de la SF, il n'y manque pas grand chose mais juste assez pour ne pas marquer son temps!

"L'ordre et la morale" Mathieu Kassovitz

Mathieu Kassovitz signe son retour dans le cinéma hexagonale avec l'ordre et la morale. Avant de parler du film proprement dit, il me semble important de faire un point sur ce réalisateur. Encensé dans les années 90, parfois à juste titre: Métisse, et surtout La Haine, il était alors le réalisateur à suivre, malheureusement suite à ce gros succès autant personnel que critique, la carrière de Kassovitz s'est peu à peu effeuillée. Depuis la Haine, chacun de ses films a été une déception, en tout cas pour moi. Depuis cette époque, Kassovitz dit "Kasso" a parfois trouvé le succès (les rivières pourpres), s'est essayé à la production hollywoodienne (Gothika), sans grande réussite et au Blockbuster (Babylone A.D.), expérience qui lui a laissé un goût amer et à nous aussi d'ailleurs. Cette dernière décennie a un peu égratigné l'auréole qu'il avait au dessus de la tête, pas bien grave, c'est arrivé à d'autres! Le problème avec Kassovitz vient souvent de sa personnalité. Le garçon à une grande estime de lui-même et reste présomptueux voir prétentieux (époque pré-babylone A.D. où il nous promettait le meilleur film SF de tout les temps! rien de moins), toujours moralisateur, enfin bref, un peu "branleur", voir "tété à claque". "Kasso" est le meilleur ennemi de Kassovitz. Dernièrement encore alors qu'il venait défendre l'ordre et la morale dans l'émission ce soir ou jamais face à l'ancien ministre Bernard Pons, je ne l'ai pas trouvé à la hauteur de l'engagement et c'est dommage. En effet, son propos souvent intéressant semble passé dessous sa volonté de toujours vouloir provoquer. Dommage en effet puisque son film L'ordre et la morale est un très bon film.
Quand j'ai découvert l'affiche et le sujet, j'ai immédiatement eu envie de voir ce film. En France, le genre politique-fiction est un genre oublié ou presque. Rares sont les œuvres qui reviennent sur les périodes troubles de notre histoire récente. Je dis politique fiction parce qu'il ne s'agit pas d'un documentaire mais d'une œuvre de fiction qui n'a pas l'obligation d'être impartiale mais celle de proposer une vision des faits et donc de poser des questions plutôt que d'y répondre. Ici il s'agit de revenir sur les évènements de la Grotte d'Ouvéa qui eurent lieu en 1988 en Nouvelle-Calédonie. Il aura fallu donc plus de vingt ans pour que le cinéma hexagonal s'intéresse à cette histoire, un délai finalement assez court dans notre pays. Bravo à Kasso et son fidèle producteur Christophe Rossignon de s'être penché sur cet évènement trouble qui à marqué notre génération.
Afin de marquer leur opposition à l'application de la loi Pons (loi pour encourager l’investissement dans les DOM-TOM), des indépendantistes Kanak, décident d'occuper pacifiquement des gendarmeries de Nouvelle-Calédonie. Malheureusement l'occupation dérape et vire au carnage dans l'une d'entre elle. Alphonse Dianou chef du groupe se voit contraint de prendre en otages trente gendarmes et de partir se cacher sur l'île d'Ouvéa. La logique veut que sur le territoire français, le GIGN soit appeler à intervenir dans ce genre de situation c'est pourquoi le capitaine du GIGN Philippe Legorjus et ses hommes sont alors charger d'intervenir afin de négocier avec les preneurs d'otages. Jusque là tout va bien, rien d'anormale jusqu'au moment ou atterrissant en Nouvelle-Calédonie, Le capitaine du GIGN découvre que c'est le branle-bas de combat et que le gouvernement a fait appel à l'armée et donné le commandement de l'opération au Général Vidal. Sur le territoire français, cette situation est une première depuis la guerre d'Algérie. Les moyens déployés semblent tout à fait disproportionnés face à la situation. Le gouvernement ayant même fait intervenir sur place les commandos parachutistes et les forces spéciales de la marine du commando Hubert (un peu nos Navy Seals à nous quoi!). —Imaginez, si à la manière de Renaud, je décidais de jouer les séparatistes du XIVième arrondissement et de me réfugier dans un tunnel de métro sous la tour Montparnasse, ferait-on intervenir dix bataillons de l'armée ? — Dans ce climat de troisième guerre mondiale, le rôle de négociateur du capitaine va s'en trouver quelque peu bridé. Eh! oui ces pauvres Kanaks ont eu la mauvaise idée de prendre des otages en plein milieu des deux tours de la campagne présidentielle qui se joue en France. Cette affaire qui se passe à mille lieue de la métropole devient un enjeu essentiel dans la guéguerre qui oppose alors le président sortant François Mitterand à son premier ministre Jacques Chirac.
Le film pose certaines questions, notamment sur les exécutions sommaires qui ont eu lieu après la libération des otages et fait sûrement un peu grincer des dents dans les couloirs du pouvoir. Ceci étant on est loin du manichéisme. Les différents portraits qui sont fait , dans le film que ce soit de Vidal, de Pons, de Legorjus font de ces personnages des hommes tout à fait conscient de ce qui se joue, de la situation et du rôle qu'ils endossent bon gré, ou mal gré. Kassovitz est un peu plus tendre avec le preneur d'otage Alphonse Dianou, à qui la situation a complètement échappé. S'est-il fait manipulé, par qui, pourquoi, les questions restent posées. Le rôle joué par le FLNKS ne semble pas si clair non-plus. On sait que la république s'est toujours opposée vivement aux indépendantistes de tout poil, frontalement mais aussi parfois de façon biaisée.
Avec ce film, pas toujours très bien joué, on est content de retrouver, le style Kassovitz. Celui qu'on aime bien: le cinéphile toujours à l'écoute de ce qui se fait ou s'est fait en matière d'image. Toujours prompt à se faire plaisir et à nous faire plaisir avec sa mise en scène (je pense à la scène de la gendarmerie), Quelques belles idées , comme ce ralenti à l'envers qui ouvre le film, et les multiples plans séquences qui parcourent le film , même si parfois ça manque un peu de précision (je chipote). A ce propos j'avais entendu une critique cinéma dire que le film était caméra épaule et que ça bougeait tout le temps pour rien? A-t-elle vraiment vu ce film ou s'est-elle contentée de la scène de l'assaut final? Pour finir: L'écriture n'est pas toujours hyper-fine mais l'essentiel n'est pas là. Comme me l'a dit une Femme en sortant de la séance : "On en prend plein la gueule, ça fait du bien! c'est salutaire". Un film qui effectivement ne nous encourage pas à un patriotisme aveugle, mais il est sûrement bon dans une démocratie de parler de sujet qui fâche. L'essentiel est là! L'ordre et la morale est un film à voir!

"Intouchables" Eric Toledano, Olivier Nakache

Au moment ou j'écris ces lignes, le nouveau film du duo Toledano, Nakache a dépassé la barre des dix millions d'entrées France. Intouchables devient donc le premier gros succès français de l'année et ce, en à peine un mois d'exploitation. C'est dire le capital sympathie qu'ont obtenu le duo formé par Omar Sy et François Cluzet auprès du public. Le film intouchables — à ne pas confondre avec le faux-ami the intouchables traduit en français par : les incorruptibles! — est basé sur le principe du choc des contraires, principe éculé dans le cinéma que ce soit dans le buddy-movie hollywoodien ou la comédie française à la Veber. Inspiré d'une histoire vraie, le scénario nous narre la rencontre et l'amitié qui va en découler entre un milliardaire tétraplégique et un "lascar" de banlieue. Un postulat de départ assez simple, mais c'est généralement tout ce qu'il faut pour faire une bonne comédie, et Intouchables en est une! Car le duo d'auteurs ne se contente pas de ce postulat très bon, ils assurent grâce à une belle écriture qui faisait déjà de leurs précédents films des petites comédies sympathiques ( Nos jours heureux, Tellement proches), au dessus du lot "made in France". Outre le choc entre les deux protagonistes qui évidemment prête à rire tant les différences entre eux sont profondes, les auteurs construisent une comédie assez douce, qui échappe à la caricature et au cynisme. Par opposition à la morosité ambiante qui envahit notre société, ils portent un regard optimiste mais limpide sur le monde d'aujourd'hui. On n'est pas loin du bon sentimentalisme mais en bons équilibristes, les auteurs ne tombent jamais dans la guimauve ou la facilité. Le film dans son ensemble reste léger et drôle, même quand il aborde quelques sujets de société difficiles comme le handicap ou la solidarité. Ces thèmes souvent mis à mal par notre société de mass-média et sa culture du fait divers glauque, sont à même de séduire un large public avide de positivisme : sûrement l'une des clés du succès du film.
Le scénario est bien mené, pas de longueur inutile, c'est plutôt bien filmé sans esbroufe, impeccablement interprété par François Cluzet et Omar Sy qui trouve ici le rôle qui va incontestablement installer sa carrière! Moi qui regrettais dernièrement qu'il n'y ait pas d'acteur noir en tête d'affiche du cinéma hexagonal, voilà qui est fait! Omar, un héros noir positif, notre futur Denzel Washington? Intouchables n'est pas une comédie française de plus ("comédies" qui ont souvent la saveur d'un navet!), les différents talents investis dans l'aventure amènent le petit plus que l'on pouvait avoir dans certaines comédies de société de Coline Serreau. Le remake américain n'est pas loin!

"Les aventures de Tintin: le secret de la Licorne" Steven Spielberg

Le tant attendu Tintin de Spielberg est enfin sorti sur grand écran. Pour les plus fondus des adeptes du reporter belge et les aficionados du papa d'Indiana Jones, l'attente date des années 80. Après avoir acquis les droits d'adaptation de la célébrissime BD de Hergé, il y a maintenant près de trente ans, Spielberg et son comparse Peter Jackson ont jeté leur dévolu sur la double aventure de Tintin: Le secret de la Licorne et le trésor de Rackam le Rouge. Spielberg livre donc le premier opus de ce qui devrait s'avérer au final une trilogie (?). Le deuxième épisode sera donc adapté par Peter Jackson qui devrait en prendre les commandes après son adaptation de Bilbo le Hobbit. Publiés en période de guerre (comme les deux suivantes: les 7 boules de cristal et le temple du soleil), ces deux aventures de Tintin sont d'une part les moins politiques (période oblige), d'autre part les plus ancrées dans l'esprit d'aventure, afin de répondre aux attentes du lecteur de l'époque avide de légèreté et d'évasion.
On aurait pu penser que Spielberg choisisse l'adaptation de Vol 714 pour Sydney, de par son sujet, il a préféré sûrement pour ces mêmes raisons le Secret de la Licorne. Il faut savoir aussi que d'une certaine manière, l'adaptation de Tintin est pour le réalisateur un petit chalenge en soi puisque Tintin est connu aux Etats-Unis comme Jack-o'lantern chez nous! Ce double album avec sa chasse au trésor, ses pirates, ses décors exotiques semblent être un choix tout naturel pour une adaptation cinéma qui doit plaire à la fois aux plus vieux tintinophiles mais aussi aux enfants et teen-agers de tout poil!
Nous avons en France et en Europe l'exclusivité, puisque le film ne sortira aux Etats Unis qu'à Noël. Pour adapter Tintin, Spielberg toujours adepte de nouvelles technologies, a choisi de filmer en motion capture (capture de mouvements). Cette technique a été utilisée par Jackson pour créer le personnage de Gollum dans le seigneur des anneaux, par Cameron dans Avatar mais aussi et surtout par Zemeckis qui en a été le fer de lance depuis le Pôle express et la création de son studio ImageMovers. Spielberg, lui, n'y avait pas encore goûté, voilà qui est fait avec Tintin. Cette technique fait du film Tintin un hybride entre film classique et film d'animation. Le graphisme de Tintin a donc été adapté afin d'obtenir une version réaliste de l'univers de Hergé. Spielberg oublie la tant louée ligne claire et par la motion capture s'empare de l'univers Tintin pour non seulement lui rendre hommage mais également le faire sien. Et comme toujours avec lui, il y a un vrai respect du travail des auteurs qu'il admire, ici Hergé (De manière générale une adaptation de BD par Hollywood tente toujours de respecter l'oeuvre d'origine.). 
L'adaptation des aventures de Tintin est une très bonne surprise et l'affiche : Tintin + Spielberg , tient largement ses promesses : l'aventure est au coin de la rue! Pour les points positifs : le scénario inspiré, reprend certaines scènes des albums précités mais aussi du Crabe aux pinces d'or, tout en réinventant certains passages avec de belles idées (le bateau balancier, la scène de l'hélice, le casse permis grâce à la voix de la Castafiore…), on retrouve l'humour de Hergé et de ses divers personnages, en tête, le capitaine Haddock presqu'aussi truculent (pas de scène d'hallu. dans le désert cependant!) que dans la BD mais aussi les fameux Dupondt. Spielberg toujours à l'aise maîtrise le rythme, le découpage, les mouvements de caméra. En ce qui concerne la technologie de la capture de mouvement, le résultat est dans l'ensemble plutôt impressionnant, notamment sur les gros plans de visages, ça marche vraiment bien. Le rendu semble parfois moins sophistiqué sur les plans moyens. Et ce surtout à partir du moment où les "acteurs" sont en contact direct avec un objet entièrement créé par la synthèse, comme sur un chameau (un peu raide) ou une moto. La scène d'action sur la moto a ce défaut qui existe aussi dans les jeux vidéo, on sent un manque de "poids" de la moto, ce qui nous empêche d'y croire à fond; ça c'est un des points négatif, pour le reste seule la scène de combat avec les grues est un peu "too much" comme on disait dans les années 80! Cette scène de combat par machine interposée entre le Capitaine Haddock et son ennemi fait penser à une production Spielberg du moment: Reel steal, son but est d'attirer les "kids". C'est le prix à payer pour voir adapter Tintin par Spielberg, cela fait partie des petites concessions accordées à l'entertainment pour faire de Tintin un hypothétique Blockbuster.
Enfin, pour reprendre la dernière réplique du film lorsque Tintin demande au Capitaine Haddock: "Comment est votre soif d'aventure Capitaine?", moi je réponds comme le capitaine: "Insatiable Tintin!" Alors, vivement la suite!

 

"Polisse" Maïwenn

Réalisatrice, chère au cœur de notre rédac-chef Paco, Maïwenn poursuit sa carrière derrière la caméra. Après Pardonnez-moi et Le bal des actrices, elle signe ici son troisième film. Une nouvelle fois elle fait mouche, à en croire le démarrage du film au box-office, mais surtout le prix du jury glané à Cannes. Le titre Police étant déjà pris et mémorable, elle choisi d'appeler son film Polisse à la manière des "p'tits". Bonne idée, puisqu'il s'agit justement du thème: l'enfance, mais pas n'importe laquelle puisque le film suit à la manière d'une chronique, le quotidien de la brigade de protection des Mineurs de Paris Nord. Loin du concept " l'enfance est la plus belle période de la vie" , le cynisme du générique sur la musique de l'île aux enfants, nous donne le ton de ce qui va suivre. Après Pardonnez-moi Maïwenn s'intéresse à nouveau à la maltraitance sur mineur.
Avec son style "doc" qu"elle adopte une nouvelle fois, elle propose une vision de cinéma. Côté scénario, le fil conducteur est assez léger et se restreint à suivre Melissa, jeune photographe chargée par le Ministère de faire un reportage photo sur la BPM. Ce personnage interprété par la réalisatrice n'est qu'un prétexte et reste d'ailleurs très effacé dans la grande première partie du film. Le gros du film consiste à faire découvrir, outre le côté flic de chaque membre de l'équipe, le côté vie privée de chacun (mais pas tous, peut-être dans la saison 2?). La campagne de promotion a largement insisté sur la performance de Joey Starr. Il est effectivement très bon dans le film. Le contraire aurait été étonnant tellement c'est un acteur né! En même temps, pour faire la part des choses, ce n'est pas non plus un rôle de composition pour lui. Il ne joue pas ici le rôle d'une nounou ou du Dalaï Lama, mais celui de Fred, le flic écorché vif qui n'hésite pas quand il le faut à ouvrir sa gueule. Un rôle taillé sur mesure donc, avec un peu de "Joey tendresse" dedans. C'est la qualité principale du film : l'interprétation des acteurs. Chacun compose un personnage avec vérité et intensité : Karine Viar et Marina Foïs sont au sommet de leur art, le reste du casting est au diapason. Petit bémol : l'ensemble des caractères est en mode "bout du rouleau" limite hystérique. Le film est assez éprouvant, le sujet y est pour beaucoup. La brigade est continuellement confrontée aux dérives d'ados, à la déviance de parents, à l'exploitation d'enfants ou encore à la maltraitance. Maïwenn joue avec les émotions des personnages et du public, variant le ton des scènes sans hésiter sur le côté "choc". Petit clin d’œil: elle emprunte à Subway deux petites répliques cultes, ce qui n'est pas pour me déplaire. Pour l'aficionados de fiction que je suis, je regrette par ailleurs qu'il n'y est pas une vraie histoire de fond pour tenir l'ensemble comme c'était le cas dans La balance de Bob Swaim par exemple.

"The Artist" Michel Hazanavicius

Si l'on peut douter de l'intérêt qu'a eu Thomas Langmann de produire cette année une nouvelle guerre des boutons, on ne peut par ailleurs que louer son audace quant à la production de The Artist. Paradoxe du métier sûrement, tour à tour "dernier Nabab" (dixit Jean Dujardin) ou "vilain tricheur", vous avez dit producteur?
Sur le papier, produire The Artist , c'est aller contre la logique de production d'aujourd'hui. Le film est en Noir&Blanc, en 4/3 et de surcroit muet, tout pour plaire à un public de masse! Un film hors norme qui semblait difficile à produire. Le petit truc en plus qui aide à lancer une telle production est certainement le soutien de l'auteur Michel Hazanavicius et de l'acteur Jean Dujardin au projet. Le succès des deux films OSS 117 ont du peser dans la balance de la décision.
Bref, de l'audace! Une audace qui a permis au film d'être sélectionné à Cannes pour le plus grand plaisir des festivaliers. A cette occasion, Jean Dujardin s'est vu remettre le prix d'interprétation masculine par le grand "Bob" De Niro "himself", au nez et à la barbe du non moins grand Michel Piccoli, ce n'est pas rien! Avec The Artist, Jean Dujardin rentre définitivement dans la cours des grands. Le rôle à été écrit sur mesure par Michel Hazanavicius.
L'histoire suit le parcours d'un acteur vedette du cinéma muet hollywoodien, de sa rencontre avec la jeune Peppy Miller, de sa déchéance alors que nait à son grand désarroi le cinéma parlant. Hazanavicius rend hommage au cinéma de l'époque, avec beaucoup de classe, que ce soit dans les gags, les idées visuelles, les cadrages, la mise en scène, la lumière et la musique, tout y est pour suivre avec bonheur cette mise en abîme du cinéma dans le cinéma. Jean Dujardin est secondé par une horde d'acteur dont le talent n'est plus à démontrer, je pense notamment à John Goodman ou James Cromwell, mais aussi à Bérénice Bejo, qui face à la tornade Dujardin à Cannes a été un peu oubliée des médias me semble t-il! Face à l'acteur cabot et son chien, elle défend parfaitement son rôle donnant à Peppy Miller un caractère joliment trempé et plein de "pep's", la Julia Roberts des années 20!
A mon sens le film est un petit peu long, quelques petites longueurs mais le plaisir est toujours là! Avec son sujet, un peu désuet, on peut se demander si le film ne s'adresse pas qu'à quelques cinéphiles averti ou quelques nostalgiques de la belle époque. le succès nous permettra sûrement d'y répondre, toujours est-il que réaliser ce film était une vrai gageure! chapeau l'artiste, c'est réussi.

"Drive" Nicolas Winding Refn

Certainement le film le plus "sexy" de la sélection cannoise 2011. Typiquement le genre de film qui d'habitude se retrouve hors sélection. Sur le papier, Drive est un film de commande, fait par une star montante à un jeune réalisateur plein de talent. Une machine qui ne semble avoir d'autre prétention que de finaliser la mise en orbite de la carrière de Ryan Gosling vers le walk of fame. De part son titre et son postulat de départ, on pourrait même penser qu'il s'agit d'un film d'action dans la lignée de Transporter. Drive s'inscrit bien dans le cinéma de genre, mais plutôt dans le film noir, le polar urbain, ici pas d'humour de potache et d'action débridée. Le style est à l'image du héros : intériorisé, sombre, décalé. En effet on comprend vite que c'est un drame qui se joue ici, dont le scénario va nous dévoiler petit à petit tous les rouages.
Après une scène d'introduction, à l'ambiance "électro", la première chose qui étonne avec Drive et qui paradoxalement nous fait définitivement rentrer dans le film est son générique très 80's. La musique planante, la police de caractère rose, notamment, inscrivent d'emblée le film dans la lignée des polars urbains à la Michael Mann. Nicolas Winding Refn de part ses choix créé une ambiance du tonnerre. On est capté par son style visuel et l'ambiance planante qu'il inscrit dans son film. La musique de Cliff Martinez y est pour beaucoup, elle est un personnage à part entière, secondée pour lui apporter encore plus de poids par l'utilisation de quelques tubes dont le "A real Hero" de College. Le style musical pourtant daté donne au film des vertus planantes, une mélancolie lancinante parcourt le film. Drive est un rêve. Un rêve sans illusion.
Ce vrai héros, dont il est question dans la chanson, c'est "The Driver" interprété sobrement et intensément par Ryan Gosling. Un héros sombre et romantique : dramatique. Le mutisme de son personnage n'est pas sans rappeler certain héros des années 70. Je pense à Bronson, Eastwood, mais aussi au héros de Macadam à deux voies de Monte Hellman justement crédité par le laconique "the driver". Drive joue beaucoup de ces figures mythologiques et cinématographiques et le réalisateur inscrit son film comme héritage d'un certain cinéma américain.
Même si le scénario est un peu léger, et si le film décolle mieux qu'il atterrit, Nicolas Winding Refn relève le défi avec brio. Sa mise en scène (prix à Cannes), sa direction d'acteurs, son montage, ses ralentis font de Drive, bien plus qu'une simple série B. Un film noir, populaire, que l'on a envie de revoir. Drive est du meilleur présage en ce qui concerne la carrière US de son réalisateur... à suivre.

Habemus Papam - Nanni Moretti

Dix ans après le magnifique film, La chambre du fils pour lequel, il avait reçu la palme d'or, Nanni Moretti présentait à Cannes, sa dernière création Habemus Papam. Le film n'est pas un documentaire sur les us et coutumes du Vatican mais bien une pure fiction qui oscille entre comédie et drame.Le film débute à l'ouverture du conclave qui a lieu suite au décès d'un Pape, et qui a pour but de désigner le nouveau guide de l’Église catholique. La scène du vote est très drôle et on comprend vite que Nanni Moretti nous entraîne sur le chemin de la fable, celle qui commence par Et si…. Et si le cardinal désigné pour être le nouveau pape par ses confrères, après avoir accepté, ne se sentait plus à la hauteur de la charge et refusait de s'avancer sur ce balcon qui surplombe la place Saint-Pierre à Rome afin que soit prononcée cette phrase : Habemus Papam (Nous avons un Pape). Et si… pour faire face à cette soudaine dépression qui envahit le pape désigné, les cardinaux étaient contraints de faire intervenir un psychanalyste. Et si pour finir ce potentiel futur pape s'échappait du Vatican pour fuir ses responsabilités. Voilà pour la trame du film. On suit donc avec délectation l'errance à travers Rome du cardinal Melville incarné par le toujours incroyable Michel Piccoli. Le film épouse une atmosphère doucereuse et décalée, empreinte de poésie, de mélancolie et de drôlerie burlesque chère à son réalisateur. Les atermoiement de son héros face à ses possibles responsabilités sont autant de sujets qui nous interrogent, qui interrogent Nanni Moretti. Alors qu'au départ, le film semble cousu de fils blancs, on est souvent surpris par les chemins qu'emprunte le scénario. La fin est à ce propos déroutante. sans trop en dire, j'y vois le refus de l'idée du chef.

En attendant Tintin : Spécial Spielberg

A quelques semaines de la sortie de Tintin et à l'aube du trentième anniversaire de E.T., Spielberg n'a jamais été aussi influent que cette année.

Spielberg et Lucas ont-ils "flingué" le cinéma adulte? La question reste posée et fait toujours débat. Il est clair que Spielberg fait du cinéma populaire, il en est même le chantre. Avec lui on est loin du cinéma à la Von Trier, mais que voulez-vous, pour ma part j'ai été comme beaucoup de ma génération biberonné à E.T., les Dents de la mer, Indiana Jones et autres Goonies. Et j'aime ça. Voilà plus de quarante ans maintenant que Spielberg a inscrit sa marque dans le cinéma américain. Une marque indélébile et on ne compte plus les films imprégnés de son aura. Depuis le début des années 80, on est clairement entré dans l'ère Spielberg.

Reconnu par les plus grands, comme Kubrick par exemple, pour son immense talent de réalisateur, c'est aussi aujourd'hui un producteur influent. Il a créé un nouveau studio à Hollywood, le seul qui ait moins de 70 ans, Dreamworks, pour ainsi dire l'usine à rêves. Spielberg c'est le faiseur des faiseurs. Comme nous le montre le logo de Dreamworks, son univers reste attaché à l'enfance et c'est notamment de là qu'il obtient tous ses succès. Depuis Rencontre du troisième type et bien évidemment E.T., il est aussi le roi du film d'extra-terrestre. Il lui a donné ses lettres de noblesse, et reste attaché au genre, comme réalisateur avec Indiana Jones 4, mais surtout comme producteur. C'est son fond de commerce comme on a pu le voir cette année, avec pas moins de quatre films qu'il a produit qui jouent de ce thème. Je passerais sur Transformers 3, réalisé par Mickael Bay, qui fait dorénavant partie de l'écurie Spielberg. Numéro Quatre, autre film dédié aux ados, se laisse bien regarder mais a pour défaut (comme Jumper) de n'être visiblement que le lancement d'une série. Je m'attarderais plutôt sur les deux sorties du mois d'août qui font clairement hommage au maitre.

"Super 8" J.J Abrams

Super 8 est entièrement dédié à la génération qui a vu E.T. pour la première fois en 1982. Le film joue à fond la carte de la nostalgie. C'est une sorte de mix des films de Spielberg de ces années là! Et sûrement la raison pour laquelle J.J Abrams, grand mixeur de mythes devant l’Éternel à été choisi pour réaliser et écrire ce film. Créateur de nombreuses séries (Alias, Lost, Fringe) et "rebooteur" d'univers ultra-connus, il a notamment réalisé le troisième épisode cinéma de Mission Impossible (MI.III) et relancé Star Trek. Il signe avec Super 8 son troisième long métrage en tant que réalisateur. Auteur et scénariste très inspiré, il n'en reste pas moins très marqué par ses influences, et son talent réside beaucoup dans sa façon astucieuse qu'il a de remixer ce qui existe déjà (de ce point de vue on peut le comparer à Tarantino). "C'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes" est un adage qui lui sied à merveille! Au final, Super 8, comme ses autres films, n'apporte rien de neuf mais se laisse regarder avec plaisir. L'hommage est rendu avec talent, bien dirigé, bien réalisé, un scénario qui tient la route (le final déçoit un peu…), du bon cinéma populaire qui remplit le cahier des charges. Comme son mentor, J.J Abrams joue beaucoup avec le hors-champ, notamment lors des scènes avec la Bête (qui fait un peu penser à celle de Cloverfield d'ailleurs, une sorte de croisement entre E.T. et un Golgoth!). L'hommage à Spielberg est poussé alors jusqu'au traitement de la mise en scène du requin dans Les Dents de la mer. Il joue également beaucoup des diffractions de lumière sur l'objectif de la caméra, accentuant cet esprit 70's. Outre l'hommage à l'univers de Spielberg, il rend aussi hommage au film de zombie et à Romero, cela rajoute pas mal d'humour à Super8.



"Cowboys et Envahisseurs" Jon Favreau

Spielberg sait reconnaître un talent, il embauche ici Jon Favreau réalisateur de Iron Man. Mélange des genres, Cowboys et Envahisseurs est un hommage au film de sérial des années 50. Un classique chez Spielberg et son ami Lucas, auteurs de la série Indiana Jones, issue de leur goût pour ces films qui ont marqué leur jeunesse. Le style graphique de l'affiche n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui de Richard Amsel dessinateur des premières affiches du film les Aventuriers de l'Arche perdue, qui ont marqué toute une génération. Cowboys et envahisseurs est une série B, de luxe certes, mais entièrement assumée comme telle (regardez le titre!). Le scénario est basique : face à un ennemi commun, plusieurs groupes d'individus que tout oppose s'allient. Le message du film ne va pas plus loin, on n'en demande pas plus. Ici indiens et cowboys travaillent main dans la main face à l'envahisseur, on aimerait juste peut-être voir un jour quelques extra-terrestres belliqueux s'arrêter dans la bande de Gaza, Alors peut-être y aurait-il un espoir de paix entre Israéliens et Palestiniens! (Haha!) En tête d'affiche, on trouve Harrisson Ford, héros spielbergien et le dernier James Bond en date, Daniel Craig. Deux vrais héros pour un seul film! Leur aura et leur jeu, nous permettent de suivre ce film avec plaisir, sans jamais s'ennuyer. Ils sont secondés par la belle Olivia Wilde découverte dans la série Docteur House. Les caractères sont souvent assez drôles. Un film de pur "entertainment"!

"La guerre des boutons" Yann Samuell

C'est la rentrée! c'est aussi la guerre des guerres des boutons dans le cinéma français, puisque sont sortis sur les écrans deux films concurrents adaptés du célèbre livre de Louis Pergaud. Une guéguerre jamais vu dans le cinéma made in France! Il y a bien eu, voilà quelques années deux films inspirés de l'affaire Roman, mais les deux long-métrages étaient sortis à une année d'intervalle et le titre et le traitement étaient très éloignés l'un de l'autre. La première raison à cette double sortie est sans conteste la tombée dans le domaine publique du fameux ouvrage de Pergaud ! La guerre des guerres des boutons se poursuivra jusqu'au mois prochain puisque la première adaptation du livre par Yves Robert, La guerre des bouton de 1961 ressort le 12 octobre prochain dans les salles!
Pour ma part, je suis allé voir le premier sorti, en compagnie de mon fiston, c'est à dire le film de Yann Samuell. Premier sorti, premier servi! C'est du moins ce qu'a du penser le producteur (à juste titre sûrement, enfin l'avenir nous le dira!). Yann Samuell est le réalisateur de jeux d'enfants, dont le traitement du moins dans mon souvenir était assez proche d'Amélie Poulain. Ici pas du tout ! Le film est tourné en caméra portée, sûrement pour donner un aspect plus véridique à cette histoire de bagarres entre deux bandes d'enfants ou encore un esprit film d'action moderne à la Jason Bourne. Au début du film j'ai été un peu surpris par ce choix, j'ai le souvenir d'un plan de l'église dans le montage qui m'a semblé étrange sur le moment! Une caméra portée pas toujours maitrisée. Je déplore aussi ces nuits américaines dans les bois, on sent à fond l'effet et franchement ce n'est pas très beau. Bien évidemment le traitement n'intéresse pas les enfants qui sont la cible principale du film. Mon gamin lui à bien "kiffé". Outre les dialogues avec leurs lots de gros mots qui font rire la salle, la force du film tient surtout dans sa direction d'acteurs et son casting quatre étoiles. Eric Elmosnino défend son rôle d'instituteur avec force et conviction, Mathilde Seigner est comme d'habitude très bien, Chabat c'est Chabat! et on aimerait le voir plus souvent, quant à Fred Testot il est parfait et drôle dans le rôle du curé du village. La Guerre des boutons c'est aussi un casting et une direction d'acteurs-enfants, ce qui est toujours une gageure! Ici les enfants sont au diapason, à commencer par Vincent Bres qui interprète le charismatique Lebrac. On remarquera dans un rôle secondaire une jeune actrice à suivre, June Maitre qui interprète Octavie et qui est très convaincante. Au final, on passe un agréable moment à suivre cette guerre des boutons, on rit souvent, même si ça traine un peu en longueur. Les films destinés à un jeune public, pour ceux qui voudraient s'y coller et s'ils m'entendent, ne devraient pas durer plus d'1H30, ce n'est malheureusement pas la tendance actuelle...